CENTIMÈTRES
(lm) 37/37
fi-.
fr. c.
fr.
fr.
fr.
fr.
fr.
fr. c.
fr. c.
Le franc de 1702 valait plus que le franc de 1802.
* En 1802, après la Révolution.
** En 1805, pendant le blocus continental, les prix étaient plus élevés qu’un siècle auparavant.
Cet abaissement extraordinaire des prix a correspondu naturellement au développement considérable dans la consommation.
Colbert écrivant, le 2 juin 1673, au comte d’Avaux, qui lui transmettait de Venise les offres d’un Italien qui proposait de fabriquer de grandes glaces : » Cela pourrait faire du tort aux intéressés et, d’ailleurs il n’v aurait absolument aucun débit des grandes glaces dans le royaume ; il n’y a que le roi qui puisse en avoir besoin. j>
Deux cents ans après, le ménage le plus modeste se fait à lui-même le cadeau d’un miroir que le roi Henri IV adressait au roi d’Angleterre; une médiocre maison d’épicerie, dans nos grandes villes, se donne pour sa devanture le luxe réservé aux maisons royales et sans dépenser autant que Louis XIV à Versailles, en 1679, pour la galerie des glaces, les propriétaires du Grand Hôtel, construit en 1863, y ont employé 5000 mètres de grandes glaces.
Il ne faut pas croire, d’ailleurs, que la France ait pris une part exclusive à ce développement ; sa consommation a doublé à peu près depuis vingt ans, mais celles de l’Angleterre, des États-Unis, du Zollverein, de l’Italie, sans atteindre les mêmes chiffres, ont relativement augmenté d’une manière plus rapide encore. Pendant que la production totale, en vingt ans, devenait trois fois plus grande, le prix devenait trois fois plus petit; l’échelle ascendante des ventes et l’échelle descendante des prix se suivent très exactement.
Sans doute, si l’on comparait les prix de vente aux prix de revient, on reconnaîtrait qu’il existe une autre échelle descendante, qui est celle des bénéfices. La consommation a des bornes, l’amélioration des procédés a des bornes. Si la concurence n’en avait pas, le jour arriverait très vite où cette belle fabrication produirait sans gagner, sinon à perte.
Les fabricants de 1882 doivent perdre l'espoir de voir revivre les bénéfices d’autrefois. L’industrie des glaces n’est plus une industrie de luxe ; le jour où les prix hausseraient sensiblement, la concurrence prendrait un nouvel essor et la
production exagérée forcerait les fabricants à baisser de nouveau les prix qu’une sage prévoyance et un désir de gain modéré et légitime, ne devraient jamais laisser élever.
11 en est pour cette industrie, comme pour toutes les autres : la question de l’avenir est remise à la sagesse des producteurs.
En nous plaçant à l’heure présente, il est permis de redire avec une certaine fierté que l’industrie des glaces a surmonté jusqu’ici toutes les vicissitudes politiques et économiques par la persévérance et la rapidité de ses progrès autant que par la prévoyance de son administration. Imprimant à ses produits, s’il n’est pas trop ambitieux de le dire, la marche suivie par toutes les institutions du pays, elle était une industrie de luxe, elle est devenue une industrie d’usage universel, elle est sortie du palais des rois pour entrer dans la maison de tout le monde.
Il existe en France six glaceries dont les trois principales appartiennent à la Compagnie de Saint-Gobain, on en compte cinq en Belgique, six en Allemagne, dont trois appartenant à la Compagnie de Saint-Gobain ; six en Angleterre, une en Russie, quatre aux États-Unis. On voit donc que si l’usage des glaces a pris de l’extension, ce n’est pas la production qui fait défaut.