CHAPITRE PREMIER
On donne le nom de verre à une substance fusible à une température élevée, cassante, dure, transparente, insoluble dans l’eau, pouvant résister à l’action des acides, même concentrés, formée par la combinaison du silicate de potasse ou du silicate de soude avec un ou plusieurs des silicates suivants : silicate de chaux, de magnésie, de baryte, d’alumine, de fer, de zinc.
Le silicate de potasse, fondu avec le silicate de plomb, donne une espèce particulière de verre qu’on appelle le cristal.
Tous les verres subissent une fusion complète sous l’influence de la chaleur ; la nature et la proportion des bases qu’ils contiennent, exercent une grande influence sur leur fusibilité ; la nature et la proportion des bases ne modifient pas seulement leur fusibilité, mais elles modifient aussi leurs autres propriétés, telles que la dureté, la densité, le pouvoir réfringent, la solubilité dans l’eau.
Les verres à base de plomb sont caractérisés par leur fusibilité et leur propriété de réfracter la lumière plus puissamment qu’aucun autre. Les verres à base de baryte et d’oxyde de zinc présentent des propriétés analogues à celles des verres à base de plomb.
Lorsque plusieurs de ces silicates se trouvent ensemble, dans un même verre, leurs propriétés originaires sont modifiées en partie ; le verre qui en résulte, est plus stable, plus fusible et moins sujet à cristalliser.
Ces faits ont pour le verrier une grande signification : ils démontrent la nécessité d’introduire plusieurs bases dans la composition du verre ; c’est là une question de production du verre à un prix de revient permettant la lutte et le succès final.
L’addition d’une petite quantité d’arséniate de soude ou de potasse augmente beaucoup la fusibilité des verres.
Le choix des silicates, leur qualité et leur quantité a une grande influence sur les propriétés de la masse du verre. Les silicates des métaux alcalins communiquent au verre une grande fusibilité et de la plasticité ; le silicate de potasse lui donne moins d’éclat que le silicate de soude, mais par contre il fournit un produit incolore ; la soude, au contraire, communique toujours au verre une teinte d’un bleu verdâtre.
Le silicate de chaux rend le verre plus fixe, plus dur et plus éclatant, mais aussi plus difficilement fusible ; il en est de même, à un degré plus élevé encore, pour les silicates de magnésie et d’alumine.
HENRIVAUX. — LE VERRE.
Les silicates de plomb et de bismuth rendent le verre facile à fondre et à polir, ils lui donnent en outre un grand éclat, un pouvoir réfringent considérable, ce qui est précieux au point de vue optique. Le silicate de zinc et le silicate de baryte se comportent comme le silicate de plomb, seulement le verre de baryte est plus dur que le verre de plomb, il est en outre sujet à la dévitrification. Le silicate de zinc a cela de particulier qu’il fait disparaître la coloration verdâtre du silicate de soude. Les silicates de fer, de manganèse , rendent le fer plus fusible et le colorent fortement.