‹ Le verre et le cristalChapitre 103 sur 207 · VÉRIFICATION RAPIDE DES GLACES PARALLÈLES · texte numérisé non relu

VÉRIFICATION RAPIDE DES GLACES PARALLÈLES

Glaces non argentées. — Si les deux faces PQ sont bien parallèles(fig.2r>7), les images du petit trou données par chaque face coïncideront, et Ton ne verra qu'une image I. Si, au contraire, elles font un angle x (ûg. 258), la face P donnera une image I, mais la face Q donnera son image en N", faisant avec elle angle égal à 3.r, exactement 2nx, n étant l'indice. Ici l'erreur est toujours égale à 3x, soit qu'on l'estime à l'oculaire en fonction de l'image, soit qu'on la mesure au moyen du cadran C. On a ainsi un procédé très pratique pour contrôler une glace parallèle; l'aspect des images indique d'un coup d'œil la qualité de la glace.

Si l'on n'a qu'une image et qu'elle soit nette, les deux faces sont parallèles et planes. S'il y a deux images, elles ne sont pas parallèles; en amenant successivement les bords de chaque image I. Y sous le même fil /, l'angle lu

Fig. 257 et 258

est triple de l'angle des faces. L'image fournie par Q est généralement moins éclairée (on peut l'affaiblir en passant un peu d'eau dessus avec le doigt) ; c'est de son côté qu'est le bord le plus épais. Si les deux images ne sont pas nettes, les faces sont courbes. Quand les bords sont arrondis, on le voit très bien, car les images changent d'écartement en ces endroits et deviennent aussi moins nettes.

Dans les glaces du commerce, les deux images sont le plus souvent très écartées et varient beaucoup avec l'endroit examiné.

Wi flENitlVAUX. — LE VERRE.

Glace argentée. — Une glace parallèle argentée ne donnera qu'une image très vive ; une glace non parallèle (fig. 259) en donnera quatre, la première en commençant par le bord mince à gauche et perpendiculaire à la face aura l'éclairement ordinaire, comme dans le cas précédent ; la deuxième très vive, la troisième un peu plus pâle que la première, et la quatrième peu visible. La distance angulaire entre les deux premières images est triple de l'angle

des deux glaces; la quatrième image n'est pas toujours bien visible, surtout quand les faces ne sont pas planes : dans ce cas, en changeant le tirage de la lunette on la distingue mieux. Au moyen du bouton C (fig. 259), on peut mesurer des lames prismatiques à angle faible pendant l'exécution ou après, etc. En résumé, on voit si les faces sont bonnes, si elles sont parallèles, si les bords sont arrondis.

Procédé pratique pour exécuter des glaces minces parallèles. — M. Laurent emploie un plateau en verre de 25 millimètres d'épaisseur et de 13 centimètres de diamètre (fig. 260). La face P est polie et porte une molette eu

liège M percée d'un trou t de 10 millimètres pour le passage de la lumière. L'autre face D, dépolie, est plane et parallèle à P. Elle est sillonnée de rigoles R communiquant entre elles et avec le trou T. La glace à faire G est préparée à l'émeri le mieux possible; le plateau étant retourné, on applique bien la glace sur D, on ajoute un poids, on colle les bords soit à l'arcanson, soit au papier; ce léger collage ne suffit pas du tout à retenir la glace, il sert seulement à empêcher l'air d'entrer dans les rainures R. On fait le vide en T en aspirant avec la bouche par l'intermédiaire d'un tube en caoutchouc qui s'adapte en T au moyen d'une tige percée; quand le vide est fait, et tout en

aspirant, on appuie vivement la tige, qui écrase la cire à mouler placée au fond de T; la cire, en s'aplatissant, bouche le trou; on retire alors la tige; c'est un moyen simple et rapide de faire le vide. La glace ne fait plus qu'un avec le plateau et on travaille le tout comme s'il s'agissait d'un seul bloc épais. Une fois polie, on retourne la glace pour faire la deuxième face. Ce procédé donne d'assez bons résultats. On peut ensuite découper la glace en petits morceaux.

Prix comparés des glaces depuis soixante ans. — Il est difficile de comparer les prix d'un même produit à des époques différentes. A un siècle de distance la valeur de l'argent n'est plus la même et les éléments divers dont se compose le prix d'un objet ne peuvent être comparés de la même manière. Pour comparer la qualité des matières premières, l'analyse chimique qui nous guide aujourd'hui, était, sinon inconnue, du moins peu pratiquée jadis ; la durée des heures de travail, le degré de température des fours, sont autant de détails que l'on ne peut guère mettre en parallèle.

Depuis un siècle, pour la fabrication des glaces, la main-d'œuvre est d'un prix plus élevé, les terrains, les constructions ont plus de valeur et les appareils sont plus multipliés, de même pour les matières refractaires et combustibles, les matières vitrifiables ont diminué de valeur, les transports ont subi une diminution de prix.

La concurrence est venue abaisser les prix d'une façon telle que peu d'industries en ont opéré de semblable, principalement depuis cinquante ans.

TABLEAU DES PRIX DU MÈTRE DE GLACE DE 1702 à 4889.

Page 1