NATURE ET COMPOSITION CHIMIQUE DU VERRE DES BOUTEILLES A VIN
On a souvent répété que les verres trop riches en alcalis ou en alumine étaient mauvais et dangereux, et, de fait, la pratique indique les accidents que les vins peuvent subir par un séjour prolongé dans des bouteilles facilement attaquables; mais nous n'avons pas, jusqu'ici, de faits suffisamment déterminés pour établir les conditions dans lesquelles doit se trouver le verre, et les propriétés qu'il doit posséder pour résister à l'action des éléments du vin.
Il faut considérer deux choses : la composition chimique du verre, cl sa
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structure, car c'est par l'ensembL de ces deux conditions que le récipient destiné à contenir du vin acquiert les propriétés nécessaires pour donner de bons résultats.
Dans un tableau qui contient les résultats de recherches faites sur le verre des bouteilles le plus généralement employées dans le commerce des vins, H. le docteur Macagno, directeur de la section agricole de Païenne, a voulu exprimer la relation qui existe entre sa composition et sa propriété de résister à l'action de l'eau et du bilartrate de potasse.
Chaque bouteille porte le nom du vin qu'elle est destinée à contenir, selon l'habitude généralement admise.
Le poids spécifique, les bases et l'acide silicique ont été déterminés par les procédés ordinaires. La solubilité dans l'eau a été déduite de la quantité de matière que 100 grammes de verre, en poudre très fine, abandonnent à 5 litres d'eau après une heure d'ébullition. Le degré de corrosion a été fixé par la quantité d'acide lartrique que 100 grammes de la même poudre neutralisent après une heure d'ébullition dans 5 litres d'une solution à 0,333 pour 100 de crème de tartre. Pendant l'ébullition, le volume du liquide a été maintenu constant à Taide d'un réfrigérant renversé.
Le n° 24 a donné des traces de magnésie. On a cherché la magnésie dans les autres échantillons, mais c'est seulement dans les n°» 16, 17, 19, 21, 27, 34, qu'on en a constaté quelque peu qui a été évalué avec la chaux.
Nous n'avons pu trouver aucun rapport entre la quantité de chaux, d'alumine ou d'alcali et la solubilité ou le degré de corrosion, pour aucun des verres essayés, à l'exception des verres blancs ; cela résulte de la comparaison des n" 11, 13, 14, 15 et 28, avec lesn" 2, 12 et 28 pour les alcalis et des n" 8, 24, 29, 31, 32 et 33 avec les n" 20, 26 et 28 pour la chaux et l'alumine.
Il n'y a pas non plus de relation bien tranchée entre le poids spécifique et les autres propriétés du verre; d'après les moyennes, il semble qu'il soit en raison inverse du degré de corrosion ou de solubilité : mais en examinant les résultats directs, cette relation disparaît.
Il a encore été fait d'autres essais. Les bouteilles 1, 2 et 5, moyennement riches en alcalis et faiblement attaquables ; les bouteilles 9, 10, 22 et 23, très riches en potasse et en soude et très attaquables, et les bouteilles 11,14 et 28, contenant peu d'alcali et très peu soiu blés dans l'eau ou l'acide tartrique, ont été soumises à l'action directe du gaz acide chlorhydrique humide pendant plusieurs jours, après les avoir remplies de gaz etfermées avec un bon bouchon.
M. Macagno espérait voir le verre de ces bouteilles se troubler en raison directe, ou de leur richesse en alcalis, ou de leur résistance à Peau et à l'acide tartrique. Au contraire, pas une seule n'a donné lieu à une séparation d'acide silicique : toutes sont restées limpides et claires.
Il faut conclure de ces essais que la composition chimique d'un terre à bouteilles n'est pas un caractère suffisant pour juger de sa qualité au point de vue de la conservation des vins. Il faudra toujours avoir recours à des expériences spéciales permettant d'apprécier la constitution moléculaire de la pâte vitreuse et sa résistance aux agents corrosifs.
Les bouteilles n'ont pas toutes la même forme; les bouteilles adoptées pour les
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vins de Bordeaux, pour les vins de Bourgogne ont des types tout différents. La bouteille destinée au vin de Champagne diffère aussi de celle deslinée au bourgogne. Toutes ces bouteilles ont des capacités variant entre 60 à 88 centilitres, et il est fort difficile d'adopter une contenance rigoureusement exacte pour une même espèce de bouteilles; cette contenance variera toujours de 1 à 3 centilitres. Les bouteilles à Champagne doivent être bien régulières de forme et d'épaisseur, afin de résister à la pression à laquelle elles sont soumises, surtout pendant les premiers temps de la fermentation qui occasionne dans les caves une casse d'environ 10 pour 400. Le verre doit être exempt de pierres, de bulles, la couleur doit être d'un vert clair, ni bleu, ni irisé, le poids doit être compris entre 850 et 900 grammes. L'embouchure doit être légèrement conique afin de retenir le bouchon et assurer la conservation du vin.
Fabrication. — Quand la masse vitreuse enfermée dans les creusets, ou sur la sole du four, est bien fondue et affinée et que la € braise » ou « tise froid » a amené le verre à une consistance convenable, on commence le travail. Il y a quatre ouvriers par creuset ou par ouvreau : le gamin, le grand garçon, le $ouffleur et le porteur.
La canne, instrument principal dont se sert le souffleur pour façonner la bouteille, est un tube en fer forgé de lm,80 de long, d'un diamètre de 3 centimètres extérieur et de 1 centimètre à l'intérieur.
Le nez de la canne B est renflée, l'extrémité A, que le souffleur se met dans la bouche, est entourée d'un petit manchon en bois qui sert de poignée.
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Fie. 275.
Pendant ce travail, l'ouvrier souffleur est placé sur une estrade, auprès des ouvreaux, à 1 mètre au-dessus du sol; le gamin commence à chauffer la canne, l'introduisant dans un petit ouvreau spécial, puis il la plonge dans le verre en la tournant sur elle-même ; le verre s'attache à la canne ; cette opération est répétée une seconde fois, puis une troisième par le grand garçon qui prépare
Fie. 276.
son verre en tournant la masse sur le marbre de manière à le distribuer égale** ment autour de la canne. Le marbre est une pièce de fer, de fonte, de grès ou de bois (fig. 216), bien dressée, dans laquelle se trouvent des cavités demi-sphériques. La masse de verre prise au bout de la canne dite paraison, bien arrondie sur ce marbre, est réchauffée à l'ouvreau de travail. Ace moment la paraison a la forme d'une poire A (fig. 277). Pendant que la canne est à réchauffer, on la tourne à droite, à gauche afin d'éviter, la déformation de la masse vitreuse*
Quant) elle a atteint le degré de chaleur voulue, le grand garçon relève In canne verticalement el souffle dedans en lui imprimant un mouvement d'oscillation, la masse prend alors la forme B.
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On réchauffe de nouveau la masse; quand elle est ramollie, le souffleur la prend pour lui donner la forme de bouteille. Pour cela il l'introduit (C) dans un moule en argile et souffle énergiquement ; à mesure que le verre soufflé arrive au contact des parois du moule, l'ouvrier lire la canne vers le haut pour former le col et pour que le passage du col au ventre se fasse insensiblement. On réchauffe alors le fond seul de la pièce, et, pour lui donner la forme voulue, le grand garçon appuie à l'aide d'une tige de fer, ou pontit, préalablement
chauffée et porlant un peu de verre à son extrémité, au centre du fond en le repoussant un peu au dedans (K). La canne est alors séparée du col de la bouteille, la bouteille est soutenue par le pontil fixé au fond ; il reste à entourer le col d'une bague (D), ce qu'on fait avec du verre rapporté. La bouteille ainsi terminée est reçue par le porteur dans une pince en 1er ou dans un instrument appelé sabot (fig. 277 bis) et portée au four à recuire.
Le four à recuire a un foyer central ; de chaque coté on empile, des bouteilles jusqu'à en remplir le four; on élève la température vers 300 degrés ; puis on ferme
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toutes les ouvertures, on laisse refroidir lentement et on détourne après quarantehuit heures.
Il y a des fours à recuire à feu continu; ces fours sont usités principalement dans la gobéletterie ; les pièces à recuire sont placées dans des chariots qui, entraînés par une chaîne sans Gn, s'éloignent peu à peu du foyer et arrivent à sortir du four presque complètement refroidies à l'extrémité opposée au foyer.
H. F. Siemens, à sa verrerie de Dresde, d'abord, puis à sa verrerie d'Elbogen (Bohême), a essayé et appliqué un nouveau mode de recuisson par le gaz-
Nous devons ces renseignements à l'obligeance de H. Ferd. Steînmann (I), ingénieur civil à Dresde, et nous avons, du reste, vu à Dresde l'application de ces procédés.
Nous donnons plus loin la description rie celle manière d'opérer.
Pour avoir plus de régularité dans la forme des bouteilles, on emploie des
moules à chaînettes dont voici un des types (fig. 277 ter), dû a H. Carillion.
H. Bontemps nous a affirmé avoir vu des moules à peu près semblables
qui étaient employés en Ecosse en 1829, c'est-à-dire bien avant l'invention
de M. Carillion.
Avec ce moule, on fait des bouteilles bordelaises à fond plat, d'une capacité de
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70 centilitres et du poids de 750 grammes. Avant de se servir de ce moule on le ferme et on le chauffe. On amène la paraison, comme il a été dit précédemment, à une forme convenable; on l'introduit dans le moule, pendant que le gamin l'ouvre et le referme; l'ouvrier souffle d'abord avec la bouche, puis avec le
(I) Auteur de l'ouvrage Bericht ûber die ntuesten Forltchriltt auftUm Gtbiett ûer Cas/eutrungerx. Berlin, Verluft von Juliiu Springer, 1878.
piston ou pompe Robinet (fig. -278). Le fond du moule est percé de trous permettant l'échappement de l'air afin que le verre s'applique contre ses parois.
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Cette pompe de Robinet est un petit cylindre en laiton fermé par un bout, dans l'intérieur duquel se trouve un ressort à boudin en fer; à sa partie inférieure est une sorte de piston en bois avec une ouverture garnie de cuir, retenu par une fermeture à baïonnette percée d'un trou. La canne étant tenue verticale, son embouchure est mise en contact avec le piston, on comprime par un mouvement brusque, donné au ressort, l'air contenu dans le cylindre et on injecte cet air dans la pièce qu'on veut fabriquer.
Pour les bouteilles champenoises, dont le goulot doit être parfaitement dressé, on forme le col et la bague avec une pince spéciale (fig. 279) à l'aide de laquelle l'ouvrier écrase et pare le verre en le comprimant avec l'extrémité AB qui donne le profil de la bague; en môme temps la partie pleine C, légèrement conique, donne au goulot une forme régulière et invariable.
On emploie également des moules en terre, mais ces moules sont peu répandus.
Pour souffler les pièces de grande capacité, comme les bonbonnes, les touries, l'ouvrier prend de l'eau, ou de l'alcool, dans la bouche et l'injecte par la canne dans le ballon commencé. L'extrémité de la canne est bouchée à l'aide du pouce du verrier; l'eau, réduite en vapeur, presse contre les parois et les dilate jusqu'à la dimension voulue. Il faut, pour réussir celte opération, des ouvriers habiles.
Nous donnons ci-dessus la disposition d'une halle de verrerie de bouteilles, au moment du travail (fig.. 280).
M. Houtart, maître de verrerie à Denain, a apporté aux diverses parties du travail des bouteilles des modifications très ingénieuses dont nous donnerons ici la description.
Tout d'abord nous parlerons du moule qu'a imaginé M. Houtart (voir planche XXVII, fig. là 8).
La figure 1 représente le moule vu du côté des pédales.
La figure 2 représente le moule ouvert vu de côté.
La figure 3 représente le moule fermé avec la bouteille piquée.
La figure 4 représente le moule vu du côté opposé aux pédales.
La figure 5 représente le fond total.
La figure 6 représente la coupe verticale du fond et de la piqûre.
La figure 7 représente la partie métallique du fond.
La figure 8 représente l'étrier inférieur sur lequel doit reposer la molette, piqûre ou mandrin.
Le moule se compose : n° 1, d'une partie inférieure, cylindrique à l'extérieur et légèrement conique à l'intérieur, afin de permettre le démoulage de la bouteille dont cette partie est destinée à modeler le corps ;
N° 2, d'une partie supérieure destinée à donner la forme aux épaules et au col (dôme et goulot) de la bouteille et s'ouvrant en-deux sections sur des charnières horizontales G.
Dans le bas de la pièce n° 1 se trouve ménagé un logement creux, cylindrique, plus large que le diamètre conique du surplus de cette partie. C'est dans ce logement qu'est placé le fond.
Ce dernier se compose de deux parties :
L'une A, en fonte, en cuivre ou en bronze, dont le centre est traversé par la molette destinée à faire la fonceuse;
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L'autre B, en terre réfractaire, sépare cette première partie du corps du moule formant matrice du dôme et du col. Elle est de la largeur du galbe de la bouteille.
Ces deux parties constituent le fond, mais sans adhérer Tune à l'autre ; grâce au léger intervalle qui les sépare, les parties métalliques peuvent se dilater sans comprimer la pièce en terre réfractaire.
La partie métallique A affecte la forme d'un chapeau à haute forme à bords plats, mais sans fond, quand le mandrin est retiré.
A l'intérieur, c'est un disque métallique au milieu duquel s'élève un cylindre qui de haut en bas est creux et où peut s'élever et descendre la molette.
Sa partie supérieure est formée par un rebord annulaire en cuvette, coupé, d'intervalle en intervalle, par des canaux rectangulaires ou triangulaires correspondant à des dentelures ou cannelures qui, à la partie centrale inférieure de ce disque, laissent arriver l'air, même quand la molette au repos, engagée dans le cylindre, en obture la partie supérieure sans surgir encore.
Pendant le soufflage et le tournage, la partie B a pour fonction de maintenir le verre destiné à former le jable de la bouteille à une température plus élevée que celui qui touche les parois du moule et la partie A du fond.
Le verre qui repose sur la partie A étant, d'ailleurs, plus malléable que celui qui s'applique sur les parois formatrices du col et du dôme, il en résulte que trois températures existent dans la masse de la paraison jusqu'à l'achèvement de la bouteille.
L'existence simultanée de ces trois états de température est une condition qu'il est absolument nécessaire de remplir.
Supposons, en effet, la bouteille soufflée :
Les parties latérales supérieures seront glacées en tournant contre les parois internes du moule; B étant en terre, mauvaise conductrice de la chaleur, la partie du verre en contact avec B se trouvera encore très malléable quand le col et le dôme seront déjà refroidis et solidifiés.
Le verre en contact avec A sera également resté malléable, grâce au mouvement de rotation donné à la paraison par l'ouvrier souffleur qui aura mis alternativement le verre sur une partie pleine et une partie vide.
Toutefois la malléabilité sera moindre en A qu'en B, B ne mettant pas du tout le verre en contact avec le métal bon conducteur de la chaleur.
Par le mouvement de rotation qu'il imprime à la bouteille dans le moule, l'ouvrier obtient une surface glacée et bien plus régulière que celle qui est obtenue dans les moules à périphérie tournante. 11 évite en même temps que le jable ne reçoive l'empreinte des rugosités du fond B en terre cuite, ce qui est inévitable dans le cas des moules constitués par la combinaison d'une périphérie tournante et d'un fond fixe en terre sur lequel la paraison reste constamment immobile.
La molette ou piqûre, au lieu d'être creuse, comme dans les autres systèmes, est constituée par un cylindre plein. Elle est disposée de façon à pouvoir être facilement enlevée lorsqu'elle est encrassée et empêchée de fonctionner par
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la fumée résultant de la combustion des copeaux ou de la sciure de bois qu'on met dans le moule pour faciliter le travail.
Lorsque l'ouvrier appuie le talon sur la pédale n° 2, il fait mouvoir, par l'intermédiaire d'une tige n° 3, un levier L qui a pour fonction de peser de bas en haut sur la molette et de la faire surgir dans le moule à la hauteur voulue pour former le fond de la bouteille.
Pour fermer le moule, l'ouvrier appuie la pointe du pied sur la pédale A, et lorsqu'il s'agit de piquer, il appuie le talon sur la seconde pédale B, qui fait mouvoir la tige intermédiaire n° 3, laquelle correspond au levier chargé de faire remonter la molette à la hauteur voulue.
Avec le même pied, il fait mouvoir les deux pédales et la tige intermédiaire qui détermine la fonçure.
Lorsque la molette est entraînée à la hauteur voulue dans le cul de la bouteille, la pédale n° 2 est réglée dans sa course descendante par un marteau D qui vient s'appuyer sur le contrepoids H.
Quand la piqûre est terminée, l'ouvrier abandonne les deux pédales ; le contrepoids H, qui est en H', reprend sa position primitive en H, fait remonter la pédale n° 1, qui est reliée à lui par la charnière K, et la pédale n° 2, laquelle se trouve suspendue par le marteau D. . Par ces divers mouvements, la partie du verre qui est en B remonte à la suite et forme le jable avec une régularité qu'il serait, paraît-il, impossible d'obtenir au moyen de la fixité du fond de la bouteille sur un fond tout en terre.
Un des avantages que présente le moule du système Houtart sur ceux à fond fixe recevant une paraison fixe (comme le moule Lilbey et ses dérivés), c'est que, dans les moules à fond fixe et à périphérie tournante, la moindre fente qui se produit au fond oblige à son remplacement si l'on ne veut pas que le fond de la bouteille ait des stries épousant la forme de cette fente; tandis que, dans le moule dont nous parlons, la rotation de la paraison empêche toute empreinte de se produire, que la partie B soit fendue ou non.
Ce moule présente encore l'avantage d'être indépendant de la place de l'ouvrier.
Une longue expérience a démontré qu'avec ce système on obtient des bouteilles parfaitement lisses depuis le col jusque dans le fond de la piqûre et un jable toujours bien horizontal, ce qui permet à la bouteille de se tenir toujours bien perpendiculaire à la surface sur laquelle elle repose.
Transporteur mécanique destiné à renvoyer au four à recuire les bouteilles ou tous autres objets en verre. — M. Houtard a imaginé tout récemment un appareil excessivement ingénieux, destiné au transport des bouteilles dans le four à recuire. Il est arrivé à supprimer tous les porteurs et à réaliser ainsi une économie considérable sur la main-d'œuvre.
L'appareil (planche XXVIII . fig. 1, 2, 3), se compose de deux bâtis AA'7 montés sur coulisses et reliés par des fers à T : B, B. Sur ces fers à T sont montés des galets G destinés à guider la courroie C placée sur champ, à laquelle sont fixées des tiges supportant des godets-porteurs D (fig. 1 et 3).
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La courroie G glisse sur les galets G et entraîne avec elle les godets* porteurs, dont le fond est monté à bascule et occupe à vide une position horizontale. Sur Taxe de rotation du fond et à l'extérieur du godet est fixé un taquet qui est placé normalement par rapport au fond du godet.
Des récepteurs 0 placés à demeure devant la place de l'ouvrier ont pour but de lui permettre d'y déposer sans perte de temps la bouteille qu'il vient de fabriquer. Une trappe, maintenue fermée par un contrepoids, se trouve à l'un des côtés du récepteur.
Quand le premier godet vide passe sous le récepteur, le taquet ouvre la trappe, et la bouteille glisse dans le godet. Par suite de l'articulation du fond, celui-ci s'incline aussitôt la bouteille reçue, le taquet s'écarte de sa position verticale et le godet passe librement sous d'autres récepteurs sans les actionner. Le godet, par cette disposition, ne prend et ne peut prendre qu'une seule bouteille. La trappe du récepteur, en vertu du contrepoids, se referme aussitôt la bouteille reçue dans le godet, et ce dernier poursuit sans arrêt sa route pour aller déverser la bouteille en S sur un plan incliné qui la conduit au fourneau. Le godet, qui est articulé de façon à pouvoir s'incliner de l'avant à l'arrière, est maintenu horizontalement par les glissières E, qui servent en même temps de guides afin d'éviter le mouvement de bascule. Arrivé au bâti A', le godet quitte la glissière et se trouve conduit par une barre de fer disposée en culbuteur. Cette barre de fer est courbée de façon à relever le godet de l'arrière à l'avant; l'objet à recuire se trouvant dans le godet est déversé sur le plan incliné S et de là se rend dans le fourneau à recuire. Le godet, entraîné par la courroie, quitte le culbuteur et reprend sa position normale, prêt à recevoir un nouvel objet.
Les godets-porteurs, rapprochés aussi près que l'on voudra, permettront d'enlever rapidement les objets fabriqués pour les porter au fourneau à recuire II n'y a donc pas lieu de craindre le refroidissement de l'objet à transporter, puisque celui-ci arrive au fourneau plus vite que lorsqu'il y est porté par le gamin porteur.
Un autre point remarquable et qui constitue la valeur de l'appareil, c'est qu'il peut être appliqué à n'importe quel four, quelles que soient sa disposition et la distance qui le sépare du four de recuisson.
Appareil Houtart permettant le classement des bouteilles suivant leur capacité. — Pour opérer le mesurage des bouteilles et pour les classer d'après leur contenance, on a eu l'idée toute naturelle de les remplir d'eau qu'on déversait ensuite dans des vases gradués. Cette opération s'est d'abord effectuée à la main et bouteille à bouteille, ce qui exigeait un temps considérable.
Plus tard on fit usage d'un appareil composé de deux arbres tournants parallèles, entre les deux extrémités desquels étaient placées les bouteilles; celles-ci, emplies d'eau à la partie inférieure, étaient ensuite renversées dans un vase mesureur, par la rotation de la machine. '
Mais toujours, quelque rapide que fût le mouvement, une notable portion du liquide s'écoulait pendant l'opération, ce qui occasionnait des erreurs.
L'appareil que nous allons décrire (planche XXXIX) permet de faire
le mesurage des bouteilles d'une façon très rapide et économique. Il est composé de deux croix parallèles rattachées chacune à l'extrémité d'un axe rotatif posé sur deux supports à coussinets dans lesquels l'ensemble tourne dès qu'il est actionné à la main. Pour chacune de ces croix, quatre rayons ou bras forment deux à deux un diamètre.
Les deux diamètres sont perpendiculaires l'un à l'autre; chaque bras porte à son extrémité une rondelle soutenant deux barres rattachées à la rondelle parallèle, de façon que, dans le sens de la génératrice du cylindre idéal que forme en tournant la double croix, on puisse disposer un grand nombre de bouteilles, une douzaine, par exemple.
On désigne sous le nom de portant, l'ensemble de deux rondelles et deux barres, destiné à maintenir les bouteilles.
Ces portants sont au nombre de quatre.
Quand l'un de ces portants est chargé de bouteilles, on fait décrire un quart de tour au moulinet et on charge le second portant, qui est venu se placer en face de l'ouvrier.
A ce moment, l'organe n° 1 plonge dans un bac rempli d'eau, où s'emplissent les bouteilles qu'il soutient; lorsque l'organe n° 2 se trouve chargé de bouteilles, on fait faire au moulinet un second quart de tour; l'organe n° 3 se place en face de l'ouvrier; l'organe n°2 plonge dans le bac et l'organe n° 1 s'élève en face d'un second ouvrier qui renverse les bouteilles dans une série de mesures graduées.
Il ne reste plus qu'à enlever les bouteilles pour les classer en diverses catégories, selon leur contenance, puis à vider les mesures en faisant écouler dans le bac l'eau qu'y auront abandonnée les bouteilles.
La figure 1 représente en coupe verticale le moulinet vu de côté
Aux points KKKK sont les quatre bras.
Sur l'axe de soutènement formant marteau que chacun de ces bras porte à son extrémité vient s'adapter une plaque en tôle (fig. 3) qui, en son milieu, est percée du trou rond M afin de pouvoir tourner avec facilité autour de cet axe.
C'est entre deux de ces rondelles en tôle placées parallèlement sur chacun des rayons ou bras que s'insèrent les deux barres P, S, destinées à maintenir les bouteilles, une par le bas, l'autre par le haut.
Des entreloises y forment un cadre pour maintenir l'écartement des bras et fortifier l'ensemble.
Le bac contenant l'eau pour remplissage des bouteilles est figuré en AB.
En N on voit une barre de fer fixée par sa partie inférieure au bac AB. Elle forme à sa partie supérieure un coude sur lequel l'un des bras du moulinet vient reposer pendant que le second ouvrier est occupé à culbuter les bouteilles pleines dans les entonnoirs I, au-dessous desquels sont placés les vases mesureurs.
En 0, une autre barre formant talon est destinée à empocher le moulinet de fonctionner pendant qu'en L le premier ouvrier place les bouteilles sur le portant, pour ensuite, quand le chargement sera complet, les diriger par un quart de tour vers le bac d'emplissage.
HENRIVAUX. — LE VERRE. 47D
Ces deux barres N et D, formant ressort, se placent automatiquement dès que l'un des bras devient horizontal.
Quand il s'agit de faire marcher le chargement vers un réservoir, le premier ouvrier écarte la barre 0 au moyen d'une poignée.
La figure 4 donne le détail des barres P et S qui, suivant que les bouteilles à mesurer sont plus ou moins hautes, peuvent être remontées ou abaissées au moyen d'écrous fixés dans une coulisse.
La barre P est munie de troncs de cône RR destinés à entrer dans le fond creux des bouteilles, pour les empêcher de glisser. Ces troncs de cône pourront être construits en bois, en caoutchouc vulcanisé, ou en toute autre matière de nature à ne pas briser le verre.