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DES BOUTEILLES

La machine commence la fabrication de la bouteille par le goulot, de telle sorte que lorsqu'elle quitte l'appareil, elle est complètement terminée.

Dans ses lignes principales la machine ressemble à une croix ionique. La quantité de verre nécessaire pour faire une bouteille est déversée dans un moule en fer.

Du foûd du moule surgit un plongeur qui donne la forme au goulot, un léger courant d'air étant en même temps injecté par le plongeur, qui est creux et fermé par une soupape à bouton. Le plongeur est alors retiré, la croix fait une demi-révolution et la masse de verre doux, chauffée au rouge, s'affaisse dans une forme destinée à modeler le verre de la bouteille. Pendant ce temps, les deux bras de la croix se retirent jusqu'à ce que les deux moitiés du moule extérieur que ces bras tiennent serrées arrivent à serrer aussi le verre.

Celte opération a pour effet d'amener à pleine force un courant d'air comprimé qui est projeté d'un réservoir à travers un petit tube, passe à travers les conduits de la machine et enfin à travers le bouton du plongeur et détend l'intérieur du verre jusqu'à ce que celui-ci ait gonflé suffisamment pour remplir le moule. La machine se renverse alors et la bouteille est retirée toute finie au bout d'environ six secondes.

La machine que nous avons vu fonctionner (1) n'avait qu'un moule; mais on fabrique maintenant des machines à quatre, six et huit moules qui tournent autour d'un axe vertical; de cette manière, il paraît qu'on pourra fabriquer de 16 à 24 bouteilles par minute (2).

Soufflage à Vair comprimé. — La fabrication d'objets soufflés de grande capacité présentait, jusqu'en ces derniers temps, de grandes difficultés. L'ouvrier avait recours à l'injection d'eau ou d'alcool, mais l'effet de ces

(1) A la verrerie de Dorignies, près Douai.

(2) M. Boucher, propriétaire de verrerie, à Dijon (?( est l'inventeur d'un procédé de fabrication et de moulage mécanique des bouteilles qni a première vue nous parait être une modification du procédé Ashley.

Nous regrettons que l'inventeur n'ait pu nous communiquer ses idées ou ses dessins, les brevets n'étant pas pris au moment du tirage de cet ouvrage. *

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liquides ne pouvant être gradué à volonté, il en résultait une inégalité d'épaisseur des objets qui en compromettait la résistance.

M. Appert a cherché à supprimer la partie la plus pénible du travail de l'ouvrier souffleur, en remplaçant le souffle humain par une injection d'air comprimé. II a inventé un appareil pouvant se prêter au travail du soufflage pour des objets de toutes formes et de toutes dimensions : bouteilles, manchons de verre à vitres, etc. Suivant la nature de l'objet à souffler, l'appareil a reçu diverses modifications rendant possibles tous les mouvements que l'ouvrier doit donner à la canne. Rien ns le gène dans son travail; il peut soit faire tourner rapidement la canne sur elle-même, soit la. tenir verticalement, le c nez 1 en haut on en bas, soit lui donner un mouvement de pendule.

La canne est reliée à la soufflerie d'air comprimé à l'aide d'un appareil dit f manchon à souffler s (Gg. 282). Ce manchon est composé d'un cône en caoutchouc a fixé à son extrémité supérieure à un anneau conique b qui est lui-même adapté au revêtement c du manchon à souffler. La canne est reliée à la conduite d'air comprimé au moyen d'un tuyau en caoutchouc qui est maintenu serré par un anneau en cuivre à baïonnette.

En fixant la canne dans le cône en caoutchouc, elle en devient une partie intégrante et emporte avec elle, dans tous ses mouvements, le tuyau amenant l'air.

Cet appareil, très simple et peu encombrant, peut trouver sa place partout où le soufflage est pratiqué, aussi bien sur le c banc s du soufleur de menus objets que sur la place du verrier à vitres.

Nous donnons ici la description sommaire de l'appareil dit « appareil universel s à souffler le verre.

Il se compose de deux pédales P (fig. 281) qui font saillie au-dessus de la plate-forme du travail et mettent en mouvement, par les tiges It, un robinet d'arrêt automatique r, situé à la partie supérieure de l'atelier.

HEMtlVAUV - LE VERRE. 441

En pressant sur l'une ou l'autre des deux pédales, l'ouvrier ouvre le robinet I qui communique d'un côté avec le tuyau e amenant l'air comprimé, de l'autre avec un tuyau flexible a qui passe sur une poulie o et qui est relié avec une branche d'accouplement b. Un contrepoids d équilibre le poids du tuyau a, de telle sorte que ce tuyau s'allonge ou se raccourcit de lui-même.

Le soufflage à l'air comprimé, qui seul peut permettre la fabrication d'objets de dimensions colossales, témoin cette sphère de lm,55 de diamètre dans laquelle on a pu découper 3.000 verres de montre, avait été étudié par M. Appert dans le but de rendre moins pénibles les conditions de travail du souffleur. Nous pouvons dire que son application a été partout considérée comme un véritable bienfait.

Depuis qu'il est question d'établir un monopole de la fabrication et de la vente de l'alcool, la question s'est posée d'avoir des bouteilles qu'on ne puisse remplir qu'une fois. Des brevets ont été pris pour des appareils résolvant le problème.

Voici un type de bouteille imaginé par M. E. Wyckoff — américain, — l'invention réside dans le goulot de la bouteille, lequel est composé de trois pièces :

Fie. S83. — La bouteille qu'on ne peut remplir qu'une fois.

1. Position verticale. — 9. Position do remplissage du goulot.

3. Position de Tidage de la réserve de liquide dans le goulot

4&2 HENRIVAUX. — LE VERRE.

une calotte hémisphérique percée d'un trou par lequel s'écoule le liquide, un disque en verre formant obturation et une petite bille interposée entre le disque obturateur et la calotte hémisphérique. Lorsque la bouteille, non munie de ses accessoires, a été remplie, on place la bille sur ce disque et on applique la calotte sur le goulot en fermant le joint à l'aide d'un mastic résistant, ce joint étant ensuite recouvert d'une bande de garantie qu'il faudrait déchirer pour remplir à nouveau la bouteille.

Si on retourne la bouteille dans la position représentée n° 2, la bille obture l'ouverture de la calotte, le disque descend sous l'action de la pesanteur et laisse écouler un peu de liquide qui vient remplir la cavité ménagée dans la calotte : en inclinant ensuite la bouteille dans la position représentée n° 3, la bille vient presser contre le disque, qui fait, à son tour, obturation sur le goulot, et ne laisse écouler qu'une certaine quantité de liquide.

En recommençant l'opération de renversement et d'inclinaison un certain nombre de fois, on fait écouler le liquide et on vide complètement la bouteille, mais celle-ci ne peut être remplie à nouveau qu'en détachant le goulot, ce que le ciment ne permet pas de faire, et en détruisant la bande de garantie, ce qui fait disparaître avec elle toute garantie absolue d'authenticité. Il serait facile d'obtenir un écoulement continu du liquide avec la bouteille renversée en perçant des trous dans la sphère, et en tenant la bouteille dans la position du n° 2; il est facile de comprendre que ce dispositif ne permettrait pas le remplissage de la bouteille par le bas, car l'air occupant le corps de cette bouteille n'aurait aucune issue et s'opposerait au remplissage.

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