FOURS CHAUFFES AU BOIS
Sable pur 300
Minium 200
Carbonate de polasse purifié 100
Groisil 300
Oxyde de manganèse 0,45 j an
Acide arsénieux 0,60 { besoin.
D'autres matières interviennent quelquefois dans la fabrication du cristal. MM. Maës et Clémandot ont montré, il y a plusieurs années, que l'acide borique peut jouer un rôle fort utile dans la fabrication des verres de luxe.
La présence de ce fondant permet, en effet, de modifier profondément la nature du cristal; l'oxyde de zinc peut se substituer à l'oxyde de plomb; la soude, la chaux ou la baryte deviennent aptes à remplacer la potasse.
Les borosilicates d«*. zinc et de polasse, de potasse et de baryte, de soude et de zinc, fabriqués par MM. Maês et Clémandot, soit sous forme de pièces de gobelettcrie, soit pour verres d'optique, sont remarquables par leur éclat, par leur limpidité et par leur blancheur; ces borosilicates doivent leur éclat, leur transparence, leur dureté à la proportion affaiblie de la soude ou de la polasse, dont l'excès rend les verres ordinaires tendres, nébuleux et hygrométriques ; mais le prix trop élevé de l'acide borique ne permet pas que cette substance puisse servir couramment à la fabrication des verres.
La baryte a été employée dans plusieurs verreries sous forme de carbonate artificiel, cl avec les moyens de fabrication actuels nous nous étonnons que ce composé ne soit pas d'un usage plus habituel, la baryle remplaçant ainsi en partie, dans certains cas, la potasse ou la soude.
M. Lamy, à qui l'on doit la découverte du thallium, a employé ce métal, métal paradoxal suivant l'expression de M. Dumas, — à cause de ses propriétés physiques qui en font un métal similaire du plomb, et de ses propriétés chimiques qui le placent à côté du potassium, — M. Lamya remplacé dans le cristal, la polasse par l'oxyde de thallium, qui, possédant une densité plus grande, devait donner un cristal plus lourd, plus résistant que le cristal ordinaire, sans être obligé d'augmenter la proportion d'oxyde de plomb. On a obtenu ainsi un cristal plus lourd, ayant un pouvoir dispersit plus considérable, étant transparent, inaltérable, en un mot un cristal nouveau.
M. Feil a obtenu également un verre à base de didyme, incolore, donnant au spectroscope les raies d'absorption qui caractérisent ce métal.
Fonte du cristal. — Les proportions de matières premières adoptées pour la fabrication du cristal sont généralement les suivantes :
Sable 3 parties, en poids, minium 2, potasse 1.
En moyenne on peut adopter les proportions suivantes, y compris ie corps décolorant et les fragments de cristal déjà obtenu :
Sable 100
Minium 67
Polasse pure 30
Azotate de potasse 3 à 4
Peroxyde de manganèse 0,0^5
Débris de cristal ~ , 160
HSNRIVAL'X.
En Allemagne, on a essayé de pro'Jui
re un cristal d'un prix inférieur avec les
proportions :
Sable
Chaux
Voici la composition de divers échantillons de cristal :
Ijluiub. Chaui- l'nbsic Souds.
Cristal ang-lai
Cristal (S ;wcaslle>. 51,1 37,4
Cristal (Uudres). . 59,2 28,2
Vonèclie 50,0 3i,4
Baccarat 31,1 38,3
Baccarat 50,18 3M,tl
Choisy 51,2 31,6
Berlliier.
Faraday.
Be ri Lier.
0,5 Salvétat.
> Ben rai 11,
> Salvétat.
Les déchets de cristal provenant des cannes ne peuvent être employés qu'après Four à cristal , r
... à pots couverts Coupe .ongitudiiiale
avoir été triés, et pour peu qu'il y ait le moindre doute sur la présence de pailles de fer, on devra laver à l'aciile sulfurique étendu, le cristal suspect.
Plan et Coupe idei fours â; cristal dp SLLâuis. i
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Fie. 331,33*.
HENRIVAUX. — LE VEMIE. 5S1
Comme nous l'avons dit ci-dessus, on opère la fusion du cristal dans des pots couverts et dans des fours chauffes à la houille. En 1865, M. Didierjean, directeur de la cristallerie de Saint-Louis, est arrivé à une solution complète du problème délicat de la fabrication du cristal avec la houille etàpots découverts. La fonte et le travail s'opèrent exactement comme dans les anciens fours au bois, et cela sans avoir à craindre aucune altération dans la beauté du cristal.
La houille est d'abord transformée en gaz, el le four chauffe par le système Siemens. On a pu obtenir ainsi : 1' une production de gaz régulière; 2° empêcher dans le four le contact des gaz réducteurs avec les matières placées dans les creusets. Pour ce dernier point, il a suffi à M. Didierjean de faire une application bien raisonnéedu système, c'est-à-dire de faire arriver les gai dans le four par le régénérateur intérieur, comme l'indiquent les figures 330, 331, et l'air
Fie. 333 bit. Pic. 332 ter.
par le régénérateur extérieur. La cloison qui sépare le régénérateur du gaz de celui de l'air, ne va pas jusqu'au niveau du siège (environ 0™, 80 en dessous) ; de sorte que la combustion commence déjà dans l'ouverture 0 et se termine dans le four. L'appel des gaz brûlés par la cheminée se faisant par l'ouverture 0, et l'air se trouvant à l'extérieur, les creusets sont enveloppés d'une atmosphère oxydante. En même temps, il est prudent de donner à la voûte une assez grande hauteur au-dessus des creusets, afin de former au-dessus des matières une sorte de coussin d'acide carbonique pour le cas où il arrive dans le four une trop grande affluence de gaz réducteurs.
5o2 HEMUVAUX. — LE VERRE.
On a reproché à celle manière de fondre le cristal de donner des produits un peu moins blancs que ceux obtenus dans les pots couverts ; il nous a été donné, il y a quelques années, de comparer les cristaux de Saint-Louis à ceux de Baccarat et nous avouons n'avoir point constaté de différence de teinte, mais nous avons constaté la forte densité du cristal de Saint-Louis (3,37), densité due à sa richesse en plomb, qui doit augmenter son pouvoir de réfraction.
Les cristalleries de Saint-Louis produisent également des objets de formes gracieuses, cristaux graves à la roue, à l'acide (fîg. 332 bis), cristaux avec ornements à reliefs (fig. 332 ter).
On fabrique également le cristal en Amérique, et les produits de cette branche de l'industrie américaine sont comparables, pour la blancheur et l'éclat, aux cristaux anglais. Cela s'explique facilement quand on songe que le minium et même la potasse raffinée employés en Amérique sont de provenance anglaise. Le sable employé est extrait en Amérique, il est très pur. Les formes et la taille sont les mêmes qu'en Angleterre.
On fabrique généralement trois sortes de cristal. Dans la seconde et la troisième qualité, le minium est en moins forte proportion, et la soude remplace la potasse. Quelques fabricants ajoutent du borax à la première qualité de cristal.
Voici des compositions employée» pour les trois qualités de cristal, ces quantités correspondent à la charge d'un creuset :
1" qualité. & qtialild. 3' qualité.
Sable 272,154
Minium 181,436
Carbonate de potasse 113,397
Carbonate de soude >
Nitrate de soude 22,680
Borax 27,215
Peroxyde de manganèse 0,2G9
Le cristal anglais contient généralement moins de plomb, et un peu plus de potasse que le cristal français.
Travail du cristal. — Le cristal chaud, de même que le verre, mis en contact avec des corps également chauds, s'y attache d'autant plus fortement que la température est plus ou moins élevée de part et d'autre ; par là on parvient à le cueillir dans les creusets avec la canne ou avec les pontils. Grâce à cette propriété on forme des vases de plusieurs pièces rapportées, et on tient ainsi les pièces de verre pour les façonner, les tourner, au bout du pontil.
Le travail de lagobelelterie de cristal ne diffère guère de celui du verre soufflé, de la gobeletterie de verre, de la fabrication du verre de Bohême. Dans la gobeletterie de cristal, presque toutes les pièces creuses sont empontées ; leurs bords sont, par suite, ramollis au feu. Le travail est d'ailleurs rendu plus facile, tant
(1) Livre anglaise = 453 fft, 59 (ces chiffres sont des conversions 4e quantités exprimées en livrée) ; once = *8 <", 35.
par suite de la plus grande fusibilité du cristal qu'à cause de sa résistance à h dévitrifiralion, ce qui permet de réchauffer les pièces un plus grand nombre de fois.
Pour fabriquer un verre à pied de grandeur ordinaire, un verre de table, le cueilleur puise dans le creuset, àl'aide de la canne, la quantité de verre nécessaire pour faire la paraison de la coupe (1, (ïg. 333) et la passe au carreur qui donne à cette paraison la forme voulue (2); celui-ci le remet à l'un des souffleurs chargé d'y appliquer la jambe (3). La jambe grossie, la pièce passe entre les mains d'un autre souffleur dont l'office est d'y adapter le pied, en faisant tourner sa canne déposée sur le bave et pressant le verre à l'aide d'une pince à ressort (4). Pendant ce temps le second souffleur a fait, à l'aide d'une autre canne, une boule creuse à parois relativement épaisses ; il la fixe au pied comme l'indique le n° 5 et la sépare de sa canne à l'aide de ciseaux. On réchauffe cette portion de verre destinée à (aire le pied, et l'ouvreur introduit une pince à étaler à l'intérieur de la portion creuse et lui donne la forme plane (u° 6), à l'aide de la palette. En tournant rapidement la canne, on coupe les bords du pied aux ciseaux, on les dresse à la pince et on les fond devant l'ouvreau du four (n° T).
fit 33ï quitter.
On fixe alors, avec un peu de verre fondu, un ponlil au milieu du pied (u° 8), et on coupe le verre attaché a la canne (n° 9) ; l'aide chauffe à l'ouvreau la portion antérieure du verre de façon à le ramollir ; l'ouvreur écarte alors les parois à l'aide d'une pince à élargir et de la palette, puis il enlève le bord à l'aide de ciseaux (iV 10), et fait fondre les bords par le gamin et l'évasé (n* 11) ; après
331 UEKRIVAfX. — LE VERRE.
cela il y met la dernière main et la pièce est portée à recuire (n* 12). Pour les
HEKEHVAUX. — LE VERRE. 5:3
verres de Bohême les bords sont, en général, usés à la meule au lieu d'être arrondis au feu.
Pour fabriquer un pot à eau, la quantité de verre nécessaire étant cueillie et marbrée, ou souille pour faire la paraisou, on introduit la partie dans le moule et on souille de manière qu'elle en occupe tonte la capacité (ftg- 331). Le maître ouvrier, assis sur son banc, reçoit la canne, et, la Taisant tourner, pare le bout du cylindre avec ses fers, en étrangle le col, ajoute le cordon de verre qui forme les nervures de la pièce.
Pendant ce travail, on a cueilli et marbré au bout d'un ponlil un morceau de cristal, qu'on aplatit et qu'on soude au cylindre de manière à former le pied du vase (B, C). La pièce étant ainsi empontie, on la refroidit avec les fers dans sa partie supérieure; au moyen d'un coup sec, on la détache de la canne qui a servi a la souffler ; fixée à son nouveau ponlil, elle est réchauffée; son col est
Fre. 33*.
d'abord évasé, puis découpé avec des ciseaux (D). Les bords sont arrondis par une nouvelle chaude. Cependant, on a préparé un cylindre plein qu'on a légèrement aplati et courbé avec les pinces. Ce cylindre est posé et ajusté par le maître ouvrier, de manière à former l'anse du pot à eau (E), dont la façon se trouve ainsi terminée.
La pièce est enfin dépontitlée et portée sur une fourche à l'arche à recuire.
Cette arche (b'g. 335) consiste ordinairement en une longue galeriequi re;oit une partie de la chaleur perdue du four de fusion, et qui en est comme un appendice.
L'ouverture par laquelle on introduit les pièces aussitôt qu'elles sont terminées est contiguë à la hotte du four de fusion. Ces pièces sont placées dans des caisses plates en tôle, qui cheminent lentement, une fois pleines, vers l'autre extrémité de l'arche, où elles arrivent froides et recuites.
553 HENRIVAUX. — LE VKUTÎE.
Quand ces pièces à fabriquer doivent avoir des moulures, des cannelures eu autres ornements à la surface, on se sert de moules en fonte, en fer, en cuivre, en bois portant toutes ces empreintes; voici un des moules que l'on peut employer pour le moulage d'une carafe (fig. 336). Ces moules sont généralement en foule, mais d'une fonte spéciale à grains serrés.
Pour que le cristal reçoive une empreinte bien nette, il faut souffler fortement et le piston Robinet est venu remplacer le souille insuffisant de l'ouvrier. MM. Appert frères, les habiles fabricants de Clichv, se servent depuis 1878 «le l'air comprimé : 1° pour le soufflage des pièces moulées de grand volume et de forte épaisseur ; 2° pour le soufflage de manchons de verre à vitres, et pour oblenir du verre eu feuilles granulé sur une face (brevet de mai 1879) ; 3° pour
le soufflage de sphères minces, de grandes dimensions (1 ra,30 de diamètre et 1/3 à 1 millimètre d'épaisseur.
MM. Appert estiment qu'un ouvrier de gobeleterie insuffle, par journée de dix heures de travail, au moins 7000 litres d'air, c'est donc une application qui peut élre considérée comme un bienfait pour les souffleurs verriers, et pour laquelle MM. Appert ont droit à la récompense créée par M. de Montyon.
Itebrûlage des verres. — Au lieu de rogner les verres au ciseau en les rebrûlant à l'ouvroir, on les coupe à la roue ou au diamant et on les rebrûle ensuite au chalumeau (chalumeau Schloesing). On rend pour ainsi dire mécanique une opération assez difficile faite jusqu'ici par l'ouvrier verrier. Baccarat, Pantin, Sèvres, ont adopté ce procédé de fabrication, qui, bien fait, donne des résultats économiques satisfaisants ; nous avons constaté les résultats de ce mode d'opérer à l'Exposition de 1878.
Taille et polissage. — Ne fût-ce que pour effacer la marque du pontil, on peut dire que toutes les pièces sorties des mains des verriers passent à l'atelier de taille.
La taille est donc un perfectionnement, un complément du travail du verrier; un autre usage de la taille est de déterminer sur les pièces de cristal des faceltes qui réfléchissent la lumière, des prismes qui la réfractent et qui donnent aux objets une richesse résultant des jeux de la lumière, nous pourrions presque
dire des feux. Cette taille, dont le goût semble revenir, a sa raison d'être ; elle est une sorte de brevet de valeur pour la matière employée ; le verre commun, en effet, la supporte mal et en paraît plus laid: le cristal, au contraire, par sa blancheur et sa densité devient encore plus brillant par la taille. Celte opération se décompose en diverses actions et s'exécute au moyen de meules pivotant avec rapidité et sur lesquelles on ajoute des poudres plus ou moins dures et plus ou moins fines. La première meule qui mord la pièce est une roue en fer sur
858 HENRIVAIX. - LK VERRE
laquelle un entonnoir laisse tomber une bouillie de grès blanc. L'ouvrier tailleur, assis sur un tabouret devant la roue, tient dans ses mains la pièce à ébaucher qu'il présente à la roue, soit pour enlever les restes du bouton, soit pour déterminer les facettes.
Quand les facettes ont été déterminées par la roue de fer, on présente le vase à une meule de grès rouge, sur laquelle tombe un courant d'eau, et qui égalise le travail ; la surface plane ainsi formée, quoique moins striée, est encore mate et terne. Pour lui rendre le poli, on la soumet à la friction d'une roue de bois couverte de pierre ponce, qui ramène la transparence et donne à la surface un poli passable. Pour terminer le travail, on se sert d'une roue de liège couverte de potée d'élain, et en dernier lieu de brosses circulaires en soies de porc qui pénètrent dans toutes les concavités des parties taillées et ne laissent aucune partie défectueuse. Ces façons se modifient suivant l'objet du travail ; les meules sont de grandeur différente, et dans la taillerie comme dans le reste de rétablissement tout est disposé avec la plus intelligente méthode. Les bouchons qui doivent fermer les carafes, et par conséquent avoir le même diamètre que le goulot, sont travaillés verre sur verre de la manière suivante : le bouchon est fixé sur un bloc de bois et pivote à l'ouverture de la carafe sous un filet d'eau contenant du sable fin, les deux surfaces s'usent mutuellement et le bouc/ion s'enfonce peu à peu dans le goulot du vase qu'il doit servir à former
Quand les pièces sortent des mains des tailleurs, elles sont lavées, essuyées et séchées dans une étuve, examinées et portées soit au magasin d'emballage, soit aux ateliers de décoration. Pour la plupart d'entre elles, en effet, la maind'œuvre est loin d'être terminée ; elles doivent être les unes gravées, les autres peintes et dorées, quelques-unes même gravées, peintes et dorées. Il y a deux sortes de gravures : Tune, qui ressemble à la taille, est la gravure chère, artistique; l'autre, obtenue au moyen de l'acide fluorhydrique étendu d'eau, est d'un prix beaucoup moins élevé, et depuis ces derniers temps on y est arrivé à un tel degré de perfection, qu'elle peut rivaliser avec la première. La gravure proprement dite est une sorte de ciselure à la mollette qui se fait en approchant la surface à graver au contact de petites roues, soit de laiton, soit d'acier, sur lesquelles tombe de l'émeri. L'habileté du graveur est extrême; sans décalque pour le guider, et avec une précision absolue, il enlève la surface là où il le veut et à la profondeur qui lui convient, décrivant ainsi des fleurs, des ornements, des lettres avec leurs pleins et leurs déliés, et cela avec une rapidité et une facilité apparentes, qui étonnent d'autant plus que le dessin naît sous les yeux. Certains graveurs sont tellement habiles, que dans un verre un peu épais ils découpent des bas-reliefs en creux qui, vus en transparence, font l'effet de véritables sculptures. La gravure enlève le poli et permet de varier les effets; dans un chiffre, par exemple, on peut laisser une lettre mate et rendre le poli à l'autre au moyen d'une petite roue de plomb ou de bois chargée de potée d'étain; les dessins obtenus parce procédé sont à arêtes vives, à contours nets et arrêtés, et ont une grande valeur.
A l'Exposition de 1878 (classe 53), nous avons remarqué plusieurs machines
IIENRIVÀUX. — LE VERRE. 550
présentées par H. Jaubert et qui paraissaient répondre aux principales conditions exigées par le travail de la taille.
Le travail de h gravure est fondé sur un principe analogue à celui de la taille, seulement ici le travail est plus délicat, la paroi du vase à graver est à peine entamée.
La gravure se fait, comme la taille, sur le tour, seulement les meules sont eu cuivre d'un diamètre variant entre 3 millimètres et 8 à 10 centimètres. Dans le travail de la gravure, la roue ou meule est un crayon, ou pour mieux dire, un burin fixe avec lequel on dessine sur la surface du verre; mais au lieu de ' dessiner ou buriner sur une matière immobile, c'est au contraire le burin qui est fixe, et la matière à graver que Ton présente à ce burin en la contournant de manière à produire le dessin.
La gravure est le travail le plus important pour les verriers de Bohême, quitracent sur leurs coupes, sur leurs vases à fleurs, sur leurs services de table, des dessins, des portraits, des paysages, des inscriptions, des légendes. Ce sont ces dessins qui font surtout le mérite des verres de Bohême, et les ouvriers de ce pays font sortir de leurs mains de véritables objets d'art. Mais la gravure ajouterait peu à l'éclat du cristal, et la taille est, pour cette substance, mille fois plus précieuse. Aussi la gravure n'a-t-elle jamais été, en France ni en Angleterre, un sujet de bien grande préoccupation pour nos verriers, si ce n'est pour l'usine de Baccarat, où elle joue un certain rôle dans la décoration des cristaux destinés aux lustres et aux appareils d'éclairage. La gravure des vitres a pris seule de nos jours une grande extension. Mais la gravure des vitres s'exécute par d'autres moyens.
Outre la gravure à la roue, nous devons signaler: la gravure à l'acide fluorhydrique, qui attaque le cristal et le grave en clair;
La gravure au moyen de la réaction des bifluorures sur le silicate double de potasse et de plomb, qui grave en mat;
Lagravure à l'aide de l'injection d'un jet de sable. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet, ayant déjà entretenu le lecteur de l'action de l'acide fluorhydrique sur le verre (voy. p. 52 et 53).