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talion des fabricants anglais, au point de vue de la taille, du style, de la gravure, de la forme et de l'art décoratif (1).
(1) MM. Webb et fils ont exposé une quantité de beaux objets en cristal, mais le centre d'attraction, c'est le vase dans le style du Vase Portland, appelé le vase Dennis.
Les figures 315 et 316 représentent des obj ts d'une beauté frappante, tels que carafes, aiguière?, cruches, etc., qui donnent une idée de la gravure sur cristal de MM. Webb.
Un vase, gravé en relief par M. Kuy, est une merveille d'exécution ; il n'a que neuf pouces de haut, et on l'estime 1500 schillings. La gravure du corps du vase est en partie claire et en partie dépolie; le relief est tel que, quoique gravé à la roue, on pourrait supposer qu'il a été ciselé.
Une carafe (fig. 317), gravée par le même artiste, représentant la frise du Parthénon, eu taille demi-claire, est fort belle, on l'estime 22ô0 shillings.
11 y avait encore d'autres articles en cristal, gravé en surface morte et claire par ces artistes :
Un plat représentant Vénus Aphrodite, un chef-d'œuvre, estimé 150 shillings.
Un vase Renaissance avec sujets élastiques, anses et pieds gravés, estimé 1000 shillings. On a pu observer sur ce vase de splendid^s effets \ roduits par des points brillants sur la surface mate.
La figure 318 fait partie d'un service, style Renaissance italienne, elle est d'un dessin fini et trè* compliqué. Toute la surface, et même l'anse, sont admirablement gravées. Les principaux dessins représentent quatre Gupidons en différentes attitudes, de gracieux oiseaux, de mignonnes guirlandes.
La figure 319, une carafe avec des garnitures pesamment coupées en bambou spirale et taille en diamant ; des garnitures brillantes bleu et œillet sur cristal, taille en relief, avec bosses projetées, sur lesquelles on a laissé du verre coloré, et qui ont été ensuite taillées en diamants sur leurs faces.
11 y a aussi des carafes avec des bouchons taillés en prismes, qui produisent de charmants jeux de couleurs.
Quelques-unes de ces pièces sont montées sur des pieds en métal doré.
Figures 320 et 321, admirables gravures, attestant la plus grande habileté et le meilleur goût
i« 1IKMIIVAIIX. — LE VERRE.
La substitution île la houille au bois n'ayant pas été adoptée en France
comme elle le fut en Angleterre en 1035, pour le chauffage du verre siliro-
de ilrssins, mais sur une cruche de forme antique et laide. L\irlisle, M. OFallon, avait tout a gagner, en exerçant son talent sur des objets de forme meilleure, ses gravures eussent paru infiniment plus belles.
MM. Crccn et Piepliew ont exposé des objets en cristal gravé, tel» que les représentent In fl/iiro 323 cl 321, ces carafes sont admirablement gravées.
La maison Hodgetli, Richai-dson et 111s, de Slourbridge, a, comme la maison VYebbs, d'ad.m-
fij.S18.
alcalin, on n'eut pas les mêmes raisons d'y adopter la fabrication du verre plombeux. Aussi cette fabrication ne fut-elle appliquée en France, àSaint-Cloud. qu'en 1784, par M. Lambert, qui transporta ensuite cette fabrication près d'Àutun où l'on fabriqua le cristal jusqu'en 1827 ; celte fabrication était copiée sur les procédés anglais à pots couverts.
En 1790, on commença également à fabriquer le cristal à Saint-Louis, mais l;i la fonte du cristal était obtenue dans des pots couverts chaudes au bois. Il appartenait à un des représentants les plus distingués de la cristallerie française, M. Didierjean, l'habile directeur de Saint-Louis, de fondre le cristal en pots découverts chauffés avec les gaz de la houille, en modifiant légèrement le four Siemens pour celte application.
En 1800, D'Artigues fonde une cristallerie à Vonèche (Belgique). Après les traités de 1815, D'Artigues, sous la promessed'établir une cristallerie en France, obtient l'entrée en franchise de ces cristaux en France, et acheté à Baccarat une verrerie qu'il transforme en cristallerie. En 1823, cette cristallerie achetée par MM. Godard et Cie, administrée successivement par MM. Godard, Toussaint, de Fonlenay, Michaut, est devenue l'usine la plus importante pour ce genre de fabrication.
Fabrication du cristal. — Le cristal est un silicate de potasse et de plomb.
Ce silicate double porte le nom de cristal pour les vases d'ornement, les objets de table, les lustres, candélabres, verreries de luxe offrant des moulures, des facettes, des gravures.
Le cristal employé pour la fabrication des instruments d'optique est plus spécialement désigné sous le nom de flint-glass, et celui qui imite les pierres fines porte le nom de strass.
Les matières qui servent à préparer le cristal, doivent être d'une grande pureté, il faut que la silice soit autant que possible exempte de fer et de matières organiques : les sables d'Étampes , de Fontainebleau , de Nemours, sont employés de préférence dans les cristalleries. On recherche généralement le sable fin qui permet d'obtenir un mélange plus intime avec les fondants ; cependant plusieurs cristalleries achètent à Nemours et à Fontainebleau des grès, qui, taillés surplace, sont expédiés sous forme de cubes de 0m, 20 à 0m, 30 de côtés; arrivés aux cristalleries, ces grès sont étonnés, piles, et mélangés, après avoir été réduits en poudre; cette manière de faire permet d'obtenir un sable sans veines ferrugineuses.
Pour reconnaître la pureté du sable qui doit être employé dans la fabrication du cristal, le mieux est de le calciner au conlact de l'air à une haute température ; pendant celte calcination, le fer contenu dans le sable passe à l'état de
rables articles en cristal ciselé, bas-relief en blanc sur fond sombre, entre autres une paim. do vases à deux anses représentant Vénus (flg 324) et un autre vase représentant Cupidon(fig. 335).
Un beau vase étrusque (flg. 14), avec anses en verre tressé, finement gravé. Les gravures à l'acide y sont particulièrement belles et exécutées avec talent (1).
A l'Exposition universelle de 1889 nous avons constaté des améliorations qui consistaient
(I) Cos gravure* sont extraites du rapport de M. C. Colaé, rapporteur pour les filais-Unis à l'Exposition de 1878.
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peroxyde, et produit une coloration rougeâtre : le sable le plus pur est celui qui se colore le moins : il est du reste presque impossible de trouver des sables qui ne contiennent pas de traces de fer.
Le carbonate de potasse demande une purification préalable, qui consiste à faire dissoudre ce sel dans l'eau et à le débarrasser, par cristallisation, des suliates et des chlorures qu'il peut contenir. Le carbonate de potasse, étant plus soluble que les sels précédents, reste dans les eaux mères; on l'en retire en évaporant la liqueur à sec.
Ou ne doit employer dans la fabrication du cristal que des vases et des instruments de fer; les objets de cuivre seraient attaqués par la potasse et coloreraient te cristal en vert bleuâtre, il est bon de nickeler les outils.
On a cherché en vain jusqu'à présent à faire du cristal incolore en remplaçant le carbonate de potasse par le carbonate de soude ; ce dernier sel donne toujours à la masse une teinte verd&tre.
Les cristalleries françaises emploient principalement la potasse provenant des résidus du travail des betteraves, que l'on nomme potasse indigène. Elles y mélangent des potasses de Toscane ou de Hongrie. Les potasses indigènes les
plutôt dans la façon dont les teintes de verres et cristaux ont été harmonisées que dans l'application do nuances nouvelles.
On a pu obtenir des effets nouveaux par la dissémination de verres pulvérisés de diverses grosseurs et de teintes variées dans l'épaisseur de la pièce de verre ; ce mode de décoration imaginé par M. Rousseau lui a permis d'imiter les pierres gemmes que l'on trouve dans la nature sous les formes les plus variées et les plus brillantes.
H. Rousseau-Léveillé s'est attaché également à perfectionner la matière et les formes de cristaux de luxe. Quelques-unes de ces pièces aux profils élégants et aux riches montures d'or et d'argent étaient de véritables œuvres d'art qui méritent d'être signalées.
H. Léveillé s'inspirant de l'art japonais et combinant l'emploi des acides avec la molette du graveur a pu présenter à l'Exposition de 1889 certaines pièces originales qui montrent le parti qu'on peut tirer de l'assemblage des différentes espèces de Terre ou cristaux travaillées après coup.
Ainsi par exemple nous citerons un grand vase avec poissons, en verre neutre, avec coloration d'oxyde d'ura ne et de cuivre à l'intérieur, et une doublure rouge brique à l'extérieur; celle doublure a été retournée deux fois sur elle-même pour permettre à la gravure de produire des tons différents.
Les pièces en imitation de sardoines foncées, taillées à rinceaux avec colorations extérieures étaient également très remarquées, ainsi que dos agates avec bord râpé, une coupe couleur fleur de pécher et un vase méplat avec tête renaissance posée sur feuille d'or.
Les objets nouveaux comme décoration indiquent que cet art peut encore se développer, « s'affiner » en donnant au verre comme au cristal toute leur valeur comme forme et comme coloration, en arrivant à supprimer complètement la coloration extérieure — or ou émail — cela en combinant les colorations, les graduant et laissant au verre toute sa transparence qui en est lu qualité essentielle et la plus précieuse.
Les procédés de taille et de gravure se sont perfectionnés et à côté des moyens mécaniques qui permettent de tailler à la fois à côtes plates et à côtes creuses, on trouve maintenant les billes les plus fines, les plus régulières, les plus brillantes, faites à la main et qui sur des verres nu cristaux en couches superposées et diversement colorées produisent les effets artistiques les plus agréables, et sont comparables aux camées en pierre dure.
Des spécimens de ce genre do taille, ont été exposés en 1889 par MM. Galle (de Nancy), Reyen, Léveillé-Rousseau, Landier et Houdaille, Thomas et Sons.
Les cristaux de MM. Webb sont parfaits commo blancheur et commo taille. Parmi les verres diversement colorés — couches superposées — exposés par ces messieurs, nous citerons notamment une coupe, laissant apparaître en nuance claire, jaunâtre sur fond sombre, un décor très savamment étudié.
Nous la reproduisons (fig. 327) tout en faisant remarquer qu'une décoration plus sobre eût donné a la pièce exposée par MM. Webli, une valeur artistique plus considérable. Nous repro-
mieux purifiées contiennent encore A k 5 pour 100 de soude; pour les amener à une proportion moindre de soude on s'exposerait à perdre, dans celle purification, une quantité notable de carbonate de potasse, ce qui en élèverait le prix dans une proportion trop forte comparativement aux avantages qui en résulteraient.
La lilharge du commerce ne peutètre employée dans la fabrication du cristal, parce qu'elle contient des oxydes de cuivre et de fer, qui coloreraient la masse vitreuse. On la remplace par le minium qui est plus pur.
On croit généralement que le minium est employé dans les cristalleries parce que l'excès d'oxygène contenu dans cet oxyde sert à brûler les matières organiques qui se trouvent dans le carbonate de potasse; mais on peut expliquer autrement le rôle que joue le minium dans la fabrication du cristal et la préférence qu'on lui donne sur la lilharge.
Le cristal contient toujours du carbonate de potasse. Le plomb, qui se trouve souvent à l'état de liberté dans les lilliarges, peut décomposer, sous l'influence de la chaleur, le carbonate de potasse contenu dans le cristal et produisons également un (ilaleau (flg. 3Î8) obtenu par un procédé identique et où ta couleur seuls du doenr diffère, tintât ivoirine, tantôt orangée ou bleue,
M. Reven liait une exposition particulièrement remarquable dans laquelle figurait un vitrail
r-in.
représentant una njmpha courant sor des rochers, deux portraits de famille, deux sujets Ténicrs, un vase forme LodÎs XV, dont la fnnd en verre opalin est parsemé de place en place d'dmanx Je couleurs variées que l'enlèvement de la couche générale brune laisse voir.
MM. Davis, Collamore et C, de Nev-York, nous ont fait voir des cristaux d'une pureté remarquable taillis en pointes de diamant. Cette taille nous remet en présence de ces cristaux si en faveurenFrance.de 18S5» 1830, et dont l'effet est sinon artistique, du moins tout à fait décoratir, surtout quand les objets ainsi décorés sont examinés à ta lumière artificielle.
Depuis h l'Exposition de Bordeaux (1895) noua avons en à juger— comme membre du Jury — l'exposition des beaux objets examinés dans la vitrine de M. H. Daum. Nous avons admiré et fait récompenser ces produits.
Nous avons aussi admiré le fini, l'aspect satisfaisant des verreries do couleurs, les émaillagcs, le prix modique, malgré le coté artistique, des produits de M. Lcgras, de Saint-Denis. Ut nau. 33
doire des balles d'oxyde de carbone qui, en se renouvelant sans cesse dans
la masse vitreuse, rendent l'affinage du cristal très difficile.
Nous pensons donc que, si l'on emploie le minium dans la fabrication du cristal de préférence a la litharge, c'est : 1* parce que le minium est plus pur que la litharge ; 2* parce qu'il ne contient jamais de plomb métallique qui peut agir sur le carbonate de potasse contenu dans le cristal et s'opposer à l'affinage.
Le plomb qui sert à faire le minium doit être aussi pur que possible; carions les autres métaux, el principalement le cuivre, coloreraient le cristal.
On fabrique généralement le cristal dans des pois couverts, ou peul fabriquer le cristal dans des pois découverts en se servant de bois comme combustible, même de bouille, ou plutôt du gaz de bouille, comme on le pratique à Saint-Louis. A Baccarat, on fabrique le cristal à pots couverts dans des fours Boêlius.
Fie. 3i9.
tî, E, creusets couvert); 1), D, lièges qui viennent joindre la grille par un talus; F, V, ouvreaux ; A, fojer; a, ouverture ; C, grille ; D, cendrier ; b, ouverture servant à nettoyer la grille ; HH, chambre a recuire ; p, ouvertures par lesquelles les pièces sont introduites dans Ici chambres a recuire ; g, g, trous par lesquels passe la flamme du four qui a échauffe les chambres et galeries a recuire; A, ouverture établissant la communication du fourneau avec la cheminée.
Le dosage des matières qui servent à la fabrication du cristal, varieaveclanature du combustible que l'on emploie et la température que donne le four. Plus cette température est élevée, moins on a de fondant à ajouter ; il en résulte d'ailleurs de l'économie dans l'opération, el une amélioration dans le produit, car les fondants sont les corps véritablement dispendieux dans cette fabrication; et, toutes choses égales d'ailleurs, le cristal qui contient le plus de silice est le plus blanc et surtout le plus éclatant. Une construction de four bien entendue, des combustibles de bonne qualité, sont les éléments essentiels d'une bonne fabrication. On ne doit pas chercher, dans la préparation du cristal, à obtenir une fusion
HENRIVAUX. — LE VERRE. 547
trop rapide: si, par exemple, la masse était complètement fondue au bout de quinze à dix-huit heures, il serait convenable de la maintenir encore cinq ou six heures en fusion, afin de laisser le cristal s'affiner et se débarrasser des bulles de gaz qui se trouvent retenues dans la masse.
M. Monot, de Pantin, emploie des fours dont on trouvera le dessin et la description (pi. XXIII), dans lesquels on dépense environ 1^,500 de charbon pour la fabrication de 1 kilogramme de cristal.
Four de J. Pellatt-Rickman. — Le four de M. J. Pellatt-Rickman a des analogies avec le four Boëtius ; ce système a procuré d'importantes économies dans sa construction et dans la dépense de combustible.
La figure 125 montre une coupe verticale de ce four suivant la ligne A-B, et la ligure 126 une coupe horizontale suivant la ligne C-D.
Le générateur à gaz consiste en une chambre remplie de combustible, sous laquelle se trouve une chambre à gaz ; sous celle-ci est placé le foyer, avec carneaux pour les gaz et pour l'air. Les trois chambres communiquent verticalement, de sorte que le combustible tombe dans la chambre à gaz et que le coke formé dans cette dernière tombe lui-même dans le foyer.
A est la chambre où le combustible est enfourné ; B est la chambre où le gaz se forme, G est la grille ; D la chambre de combustion, dans laquelle le gaz et l'air se mélangent ; E sont les carneaux conduisant à la chambre de combustion ; F est la gueule du fourneau ; G une porte permettant de nettoyer la grille; H le cendrier; I l'ouverture servant à introduire le combustible; K sont les carneaux du four conduisant à chaque pot ; L est le carneau général reliant tous les précédents; B' sont les pots; Nies carneaux sous les pots et E' la cheminée.
Le gaz distille en B, descend et rencontre l'air qui pénètre à travers la grille, brûle eu partie et entre en pleine combustion en D, mélangé avec l'air qui s'est introduit par E et F. Les conduits d'air sont maintenus chauffés au rouge, de sorte que la chambre de combustion est alimentée par de l'air chauffé à une haute température. Si l'on a besoin dans le four d'une flamme réductrice, les conduits d'air sont fermés en totalité ou en partie. Avec la houille employée ordinairement dans les chaudières, le nettoyage de la grille en G a lieu au bout de dix à douze heures.
Ce fourneau a fonctionné avec succès à Londres depuis quelque temps; le système est fumivore, facile à desservir et la température est réglée avec précision. Pour un four à six pots, chacune des grilles a 0m,50 sur 0m,60 et brûle environ 0k*,7 de houille par décimètre carré et par heure; chaque foyer renferme environ 100 kilogrammes de houille et doit être alimenté toutes les cinq heures»
Les dosages qui sont le plus généralement employés pour la fabrication du cristal, sont les suivants :