POUR VERRE BLANC (CROWN-GLASS
Sable 100
Carbonate de potasse 42,66
Arsenic 0,25
Salpêtre 2,00
HENRIVAUX. — LE VERRE. 561
On observera que le verre optique en cristal se distingue principalement pai la grande proportion de plomb qui entre dans sa composition. Néanmoins, le point essentiel dans la fabrication consiste à remuer, à agiter constamment le verre pendant la fonte et la fusion. La supériorité de l'idée de Guinand n'est pas dans la nouveauté et les proportions des matières employées, mais dans l'agitation soignée du verre liquide à son plus haut point de fusion, ensuite dans le refroidissement du contenu entier du creuset en une seule masse, et lorsqu'il est recuit et refroidi, dans la séparation des parties striées.
Il est digne de remarque que, quelque temps avant la mort de Guinand, une commission de la Société astronomique de Londres, composée de Herschel, Faraday, Dollond et Rogel, fut chargée de faire une enquête sur la fabrication du cristal pour l'optique, et arriva à cette conclusion que le perfectionnement nécessaire serait principalement mécanique et non chimique, et que l'absence des stries ne pourrait être obtenue que par la constante agitation du mélange.
Faraday, qui s'occupa spécialement du plomb, à la fois dans son laboratoire et dans la verrerie de MM. Pellatt, changea néanmoins la composition aussi bien que le principe de fabrication et produisit un borate de plomb d'une pureté remarquable. Cette substance, connue sous le nom de verre lourd de Faraday, qui est devenue si importante dans les expériences relatives à la polarisation de la lumière par l'action magnétique, est formée des composés suivants :
Protoxyde de plomb 104
Silicate de plomb 24
Acide borique sec 25
Ce verre fond à une très basse température, mais il est trop altérable à l'air et pour celte raison a été abandonné.
Henry Guinand, après s'être séparé de M. Bontemps, fonda une petite usine à Paris et il y obtint des produits remarquables. Arago, Dumas, Thenard, qui suivaient cette fabrication avec intérêt, l'aidèrent à obtenir des récompenses bien méritées (1838-39).
M» Feil succéda à H. Guinand, son grand-père, en 1848, et non seulement soutint dignement la réputation de ses ancêtres, mais M. Feil est reconnu aujourd'hui par tous les astronomes comme le premier fabricant de verres d'optique.
Le flint de la grande lunette de 29 pouces de l'Observatoire de Paris est de M. Feil ; il en est de même pour l'objectif de 70 centimètres destiné à l'Observatoire de Vienne et travaillé en Angleterre par M. Grubb, de Dublin ; de même pour les objectifs de 60 et de 80 centimètres travaillés par l'Américain Clarck. M. Mantois a fabriqué un disque de 0m,96. La plupart des grands opticiens d'Allemagne, d'Angleterre même et d'Amérique, demandent à M. Mantois les verres qui leur sont nécessaires.
Voici quelques compositions de crown et de flint, qui nous ont été données par M. Feil :
ntNniVAUX. — Lt YLRRE.