‹ Le verre et le cristalChapitre 133 sur 207 · NOUVEAUX VERRES D OPTIQUE · texte numérisé non relu

NOUVEAUX VERRES D OPTIQUE

On parle depuis quelque temps d'un nouveau verre d'optique fabriqué en Suède. D'après une des nombreuses notices qui en traitent (Diamant, 1889, p. 347), ce verre serait très dur, d'une transparence absolue et capable de prendre un poli parfait. Ces résultats seraient obtenus pour l'addition d'un peu de phosphore et de bore à la composition. (Apparemment c'est d'acide phosphorique et d'acide borique qu'il s'agit, car le Ph et le Bo se volatiliseraient ou coloreraient le verre.)

Hais la propriété la plus importante de ce verre, c'est qu'on en peut faire des lentilles parfaitement achromatiques, c'est-à-dire sans aucun cordon coloré. Les microscopes qu'on en a fabriqués permettent de reconnaître des grosseurs de 1/820.000, alors que les meilleurs verres employés jusqu'à ce jour s'arrêtaient à 1/16.000. Le grossissement serait donc cinq cents fois plus grand. Si tous ces avantages se vérifient, ce nouveau produit est évidemment destiné à révolutionner les sciences et les instrments d'optique. Il y a donc tout lieu de s'y intéresser.

Les nouveaux verres d'optique fabriqués à Iéna, après avoir autrefois été fabriqués en France, dans de mauvaises conditions, sont intéressants en ce sens que le pouvoir dispersif est presque indépendant de l'indice de réfraction pour une raie donnée, ou plutôt de ce que l'on peut réaliser plusieurs

verres ayant, avec le même indice, des pouvoirs dispersifs très divers et inversement.

Cela a permis en particulier la construction de ce qu'on a appelé à Iéna des lentilles de caractère anormal.

i Au point de vue photographique, ceux de ces verres qui ont le plus grand intérêt sont :

1° Les crowns à haute dispersion ;

2° Les crowns au baryum, relativement très peu dispersifs quoique assez réfringents ;

3° Les flints au baryum, intermédiaires entre les crowns et les flints ordinaires.

L'étude de la fabrication de ces verres, reprise en France depuis quelques mois, a déjà donné des résultats remarquables, et tout fait espérer que dans un bref délai nous ne serons plus, pour ces nouvelles matières, tributaires de l'Allemagne.

M. Mantois fabrique maintenant les plus essentiels de ces verres nouveaux, qui sont très transparents et paraissent très solides.

M. Wallon, professeur au lycée Janson de Sailly, a étudié les nouveaux verres; il a déterminé leurs caractères, qu'il a rendus nettement appréciables par une représentation graphique.

Il a dressé des courbes en prenant pour abscisses l'indice, pour la raie D, et pour ordonnées le pouvoir dispersif calculé par

np — n D uD — 4

np étant l'indice pour la raie violette du l'iridium.

Le seul examen de ces courbes suffit à montrer que l'on peut trouver, grâce aux verres nouveaux des substances présentant, avec un indice de réfraction qui reste sensiblemeot le même, des pouvoirs dispersifs très différents ou inversement, et que par suite, des combinaisons nouvelles deviennent possibles.

Page 1