‹ Le verre et le cristalChapitre 134 sur 207 · PHARES · texte numérisé non relu

PHARES

Les anciens marins, privés du secours de la boussole, sans montres, sans cartes, avaient pour points de repère les phares ou tours éclairées, qui leur permettaient de reconnaître leur position par rapport à la Petite Ourse, leur seul guide à travers leurs voyages. Ces tours leur faisaient distinguer les ports, éviter les écueils, les atterrissements, et leur permettaient de continuer leurs courses au delà de la durée du jour.

Le temps, les éléments, les hommes, ont détruit et effacé les derniers vestiges des tours que la prévoyance des anciens avait élevées sur les bords de plusieurs mers, et les archéologues retrouvent à grand peine sur les promontoires où ils brillaient jadis, la trace des feux qui guidèrent tant de flottes renommées.

HENRIVAUX — LE VERRE.

Le plus ancien phare dont l'histoire fasse mention est- celui du prorriouluire de Sigée. Le Pirée et la plupart des ports de la Grèce avaient des phares Le

plus célèbre est celui que construisit Plolémée Philadelphe (270 avant Jésus-Christ) À l'entrée du port d'Alexandrie; ce phare passe pour avoir donné

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a lous les appareils et constructions du même genre son propre nom, qu'il

lirait lui-même de l'Ile de Pliaros, sur laquelle il s'élevait.

Les Romains ont construit un grand sombre de phares a l'imitation de celui d'Alexandrie; d'après Suétone, Tibère en fil élever un à Oslie sur le plan de celui d'Alexandrie. Pline cite les phares de Ravenne et de Pouzzoles. Les côtes

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de France et de la Grande-Bretagne étaient rendues plus facilement abordables aumoyen de phares datant de la domination des Romains dans les Gaules; en 1643, on voyait encore les ruines de celui de Boulogne -sur -Mer. Ce phare était nommé par les Boulonnais « Tour d'ordre > (fig. 355), traduction du latin turris ordetu, corruption deardetu qui doit signifier tour enflammée.

Pendant longtemps les phares ont été éclairés par des feux de bois ou de charbon, par des torches de résine, ou bien encore par des lampes grossières

HENRIVAUX. — LE VERRE. 5S:>

formées de mèches de colon plongeant dans l'huile ou dans le suif. L'invention des lampes à double courant d'air, par Argand,en 1784, fut le premier progrès réalisé; puis, on augmenta par des réflecteurs le pouvoir de ces lampes. En 1780, Uorda fit exécuter, pour le port de Dieppe, un appareil tournant, d'après le

projet de l'ingénieur Teutère. Enfin en 1821, Fresnel imagina les phares ienlicutairès et le premier appareil de ce genre fut installé en 1822, sur la tour de Cordouan. Aujourd'hui, non seulement on ne construit plus d'appareils à réflecteurs, mais ceux existants sont partout remplacés par des appareils lenticulaires.

La Grande-Bretagne a donné l'exempte de la création de nombreux phares le long de ses cèles ; cet exemple a été suivi et en France on compte actuellement près de trois cents phares de divers ordres, en 1830 il en existait seulement soixante-trois.

Arago et Presnel, cherchant à augmenter la puissance éclairante des phares, réunirent plusieurs mèches, lesquelles recouvertes constamment d'huile, comme dans la lampe Carcel, se carbonisent très lentement ; ils déterminèrent ensuite la dislattcc à laisser entre les mèches concentriques pour obtenir le maximum

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de lumière; une disposition ingénieuse leur permit aussi d'allonger à volonté la cheminée de verre. Comme on le voit, Fresnel a non seulement subsfilué les lentilles de verre aux réflecteurs métalliques, mais il a aussi perfectionné ia source lumineuse des lampes de phares.

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