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HYGIÈNE DES VERRERIES

Par M. le professeur RICHE

Membre de l'Académie de médecine.

Doux siècles se sont écoulés depuis que Colbert, au prix de nombreuses

.difficultés et à grands frais, parvenait à introduire en France quelques

ouvriers de choix pour nous apprendre les procédés des verreries de Venise.

Aujourd'hui, c'est par centaines que l'Italie envoie des enfants, sans instruction technique, comme apprentis dans nos verreries. Ils viennent embrigadés, conduits par des entrepreneurs chargés par les parents de les embaucher dans les fabriques. Le meneur en prend la responsabilité vis à vis du maître-verrier; il les loge, les entretient. On est, d'ordinaire, satisfait de leur travail et de leur docilité, leur âge est de treize ans au moins.

A quoi tient ce singulier commerce d'enfants étrangers qui envahissent notre pays? D'où provient le délaissement d'une de nos industries, naguère florissante, dans laquelle les enfants ont recherché, de génération en génération, la place de verrier qu'avaient occupée leurs ancêtres?

Du manque général d'enfants en France, et spécialement de la pénurie d'enfants parmi les verriers; de ce double fait que l'ouvrier croit élever la condition de son fils en l'enlevant au travail manuel de l'industrie, ou qu'il entrevoit pour lui, dans le commerce, l'existence plus douce, la vie plus facile.

Les maîtres-verriers ont lutté et ont conjuré le péril tant qu'ils ont été soumis à la loi du 19 mai 1874. On les a vus se mettre en quête de pères de famille français, apnt plusieurs enfants, et les introduire dans leur usine, le père comme homme de peipe, les enfants comme jeunes ouvriers.

Les exigences de ces entrepreneurs de famille, qui abusent du besoin qu'on a de leurs services, rendent ces contrats fort onéreux et créent aux industriels des difficultés de toute nature.

UENRIVAUX. — LE VERRE.

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