Partie dévitriliée
Acide silicique 63,79
Alumine 7,73
Proloxyde de fer 1,39
Prol oxyde de manganèse 2,49
Chaux 1 3,38
Magnésie 0,61
Soude 9,76
Potasse i ,52
On voit que la différence entre la composition chimique des deux parties est très faible, ce qui confirme la manière de voir exprimée par Pelouze, savoir : que le verre dévitrifié présente la même composition que la masse dont il provient.
Le verre dévitrifié est un peu plus dur que la pâte, puisqu'il raie celle-ci légèrement; la dureté des deux substances est comprise entre celles du feldspath et du quartz. La densité à 15 degrés prise par rapport à de l'eau à la même température, est de 2,574 pour le verre dévitrifié et de 2,581 pour la pâte Cette dernière est beaucoup plus aisément fusible que le verre dévitrifié ; un éclat de 0m,002 d'épaisseur tenu sur le bord de la flamme d'un bec Bunsen se fond immédiatement en un globule, lorsque la matière employée est la pâle, tandis que le verre dévi-
(\) Extrait d'un travail de l'auteur dans le Dinglefs Polytechnisches Journal, reproduit dani te Bulletin du musée de l'industrie de Belgique, t. LXXXI, 1880.
Pito.
Différence.
101 HENRIVAUX. — LE VERRE.
tri fié doit être chauffé pendant un temps assez long de la même façon avant que les bords aigus s'arrondissent.
L'acide chlorhydrique désagrège en grande parité le verre dévitrifié, ce qui n'arrive pas pour la pâte. 2 grammes de verre dévitrifié en poudre fine furent placés dans une capsule de platine avec 40 centimètres cubes d'acide chlorhydrique concentré et chauffé au bain-marie, en maintenant pendant une demiheure la capsule recouverte d'un verre de montre, puis le liquide fut évaporé jusqu'à siccité et le résidu fut séché dans une étuve à 110 degrés. La matière desséchée fut humectée ensuite d'acide chlorhydrique concentré et chauffée pendant une demi-heure avec de l'eau : la partie restée indissoute et la silice séparée furent filtrées et le liquide fut évaporé ainsi que les eaux de lavage. Le résidu de l'évaporation séché à 110 degrés jusqu'à ce que son poids fût invariable, pesait 0*r,484. 2 grammes de la pâte furent traités exactement de la même façon, dans le même creuset de platine avec 40 centimètres cubes d'acide chlorhydrique et le résidu de l'évaporation ne pesait que O81", 032. Le rapport entre les parties dissoutes par l'acide est donc 0,484 : 0,032 ou 15 : 1 environ.
Cette différence caractéristique conduit tout naturellement à l'idée que le verre dévitrifié est composé de deux parties : l'une qui est attaquable par l'acide chlorhydrique, et l'autre sur laquelle cet acide n'exerce que peu ou pas d'action. Il était donc intéressant de faire l'analyse de la manière suivante : le verre dévitrifié fut mis en digestion à froid pendant douze heures avec l'acide chlorhydrique concentré en le remuant fréquemment, puis on évapora le tout et on sécha pendant un temps très long à 110 degrés afin de séparer l'acide silicique. La masse, humectée au préalable d'acide chlorhydrique concentré, fut reprise par l'eau et filtrée, le résidu fut lavé et chauffé deux fois à l'ébullition dans une grande capsule de platine avec un excès d'une solution de carbonate de soude afin de dissoudre l'acide silicique séparé. Le résidu insoluble, lavé et séché, constituait 77 pour 100 du poids du verre dévitrifié employé. La silice dissoute sous la forme de silicate de soude fut séparée de la manière ordinaire et pesée. Le liquide filtré provenant de la masse dévitrifiée partiellement décomposée par l'acide chlorhydrique fut utilisé pour déterminer les oxydes métalliques passésen solution.
Les résultats complets obtenus sont les suivants :
Parlie non dissoute.
Acide silicique 51 ,70
Alumine 7,29
Protoxyde de fer 1,45
Protoxyde de manganèse 2,01
Chaux 4,50
Magnésie 0,56
Soude 8,70
Potasse 0,99
Ces chiffres correspondent, on le voit, avec ceux indiqués précédemment.