‹ Le verre et le cristalChapitre 3 sur 207 · ORIGINES DU VERRE ET DE LA VERRERIE · texte numérisé non relu

ORIGINES DU VERRE ET DE LA VERRERIE

Peu de questions ont été plus discutées que celle de l'origine du verre.

La fabrication du verre remonte à la plus haute antiquité. La philologie et l'archéologie l'attestent par des témoignages irrécusables.

Le hasard a dû naturellement être le premier facteur de cette fabrication. Si Ton ne peut lui assigner une date précise, il est permis de supposer du moins qu'elle est contemporaine de la fabrication des briques cuites au feu. On sait, en effet, que l'assemblage de divers matériaux soumis à l'action d'un feu intense peut présenter les premiers symptômes de la vitrification sous forme d'une sorte de vernis ou de glaçure qui apparaît à la surface.

Les premiers briquetiers ont été probablement les premiers verriers, des verriers sans le savoir, naturellement. Quel qu'ait pu être d'ailleurs le délai mis par le temps entre la découverte toute fortuite de ce produit nouveau et sa fabrication plus ou moins raisonnée avec des produits spéciaux, le verre n'a pas, semble-t-il, d'autre origine.

Cette version nous parait moins risquée, en tout cas, que le récit de Pline qui attribue la découverte du verre aux marchands de nitre campés près du fleuve Bélus et trouvant sous leur marmite des morceaux de verre grossier produits par la fusion du sable et du sel de nitre mis fortuitement en contact. II n'y a là, croyons-nous, qu'une simple légende faisant allusion aux verreries phéniciennes autrefois installées dans ce pays.

Le vernis obtenu à la surface des briques est beaucoup plus conforme à la réalité des faits. La trace la plus ancienne de cette substance vitreuse remarquée sur la terre cuite a été trouvée dans la pyramide à six degrés de Memphis, le plus ancien monument de l'Egypte, attribué i\ la Iro dynastie,

Il YEHBB* l

4 HENRIYAUX. - LE VERRE.

soit aux premiers âges du monde civilisé, plus de quatre mille ans avant notre ère. Les jambages de la porte donnant accès à la chambre sépulcrale étaient ornés de petits cubes de terre émaillée verte alternant avec des cubes de même dimension en pierre calcaire. Ces précieux joyaux de l'industrie humaine à son enfance se trouvent au musée de Berlin. Des grains de collier en terre émaillée, de date plus récente, ont été trouvés dans les tombes appartenant à la IVe dynastie. On voit de suite la parenté étroite qui existe entre remaillage et la vitrification. Les grains de colliers en verre de couleur, opaque, ont succédé aux grains de terre émaillée.

Pendant de longs siècles, la production du verre s'est limitée aux objets de toilette : grains de collier, pendants d'oreilles, etc., en pâte dure, opaque et

FlG. 1.

de colorations diverses. Pourtant, la langue primitive des Indous, le sanscrit, nomme le verre Katcha, l'objet brillant, transparent.

Les Phéniciens fournissaient aux Éthiopiens de la côte occidentale de l'Afrique, sous le nom de pierres d'Egypte, des perles de verre ou pierres vitreuses de formes diverses, analogues aux nombreux spécimens trouvés dans les Pyramides.

11 existait en Babylonie comme en Egypte tout un ensemble de connaissances industrielles relatives à la fabrication des verres et des métaux. Les musées possèdent à ce sujet des témoignages authentiques (1).

Un traité technique sur les verres et les pierres précieuses artificielles, la

(1) Nous engageons vivement le lecteur à se reporter au très remarquable ouvrage les Origines de V Alchimie que M. Bcrlhelot a publié en 1885. — Paris, G. Steinheil.

HENÏUYAUX. — LE VERRE. 3

Tecknvrgie de V Arabe Salmanas (huitième siècle). Ce curieux ouvrage donne notamment des procédés pour la fabrication des perles artificielles et le blanchiment des perles naturelles. On y trouve aussi des recettes pour la coloration des verres, émeraudes, escarboucles, vieilles formules où Ton cite le livre de Sophé l'Égyptien (ouvrage de Zozime) et la chimie de Moïse.

« Le chesbet (saphyr), dit M. Berthelot, et le mafek (émeraude) sont les deux substances qui accompagnent l'or et l'argent dans les inscriptions égyptiennes. » Ces termes ne désignent pas des métaux au sens précis du mot, mais aussi bien des minéraux colorés, naturels ou artificiels. Le chesbet se dit de tout minéral bleu et le mafek de tout minéral de teinte verte.

Les annales de Thoutmosis III distinguent le vrai chesbet et le chesbet artificiel. L'analyse des verres bleus qui constituent ce dernier ont établi que la plupart étaient colorés par un sel de cuivre. Quelques-uns le sont par du cobalt, comme l'indique Y Histoire de la Chimie de Hoefer et comme le montre l'analyse des perles égyptiennes faite par M. Gemmer etcelle que nousavonsfaite nous-mêmes. Ce résultat est conforme aux faits reconnus par Davy pour les verres grecs et romains. Théophraste semble même parler explicitement du bleu de cobalt sous le nom de bleu mâle opposé au bleu femelle. Théophraste distingue également le cyanos aulophyès, ou bleu naturel, venu de Scythie (lapis luzuli) et le cyanos scenastos, ou imitation, fabriquée depuis l'époque d'un ancien roi d'Égvpte, et obtenue en colorant une masse de verre avec un minerai de cuivre pris en petite quantité. Le bleu imité devait pouvoir résister au feu, tandis que le bleu non chauffé (apyros), c'est-à-dire le sulfate de cuivre naturel, ou plutôt l'azurite, n'était pas durable. Vitruve donne encore le procédé de fabrication du bleu d'Alexandrie, au moyen du sable, du natron et de la limaille de cuivre, mis en pâte, puis vitrifiés au feu, recette qui se trouve dans les alchimistes grecs, ainsi que le démontre Olympiadore.

Le côté intéressant du procédé est la coloration d'une masse vitreuse obtenue par l'assimilation d'un métal.

Le mafek ou minéral vert désigne l'émeraude, le jaspe vert, l'émoil vert, le verre de couleur verte. Il est figuré dans les tombeaux de Thèbes en monceaux précieux mis en tas avec l'or, l'argent, le chesbet, par exemple dans le trésor de Ramsès III.

De même que pour le chesbet, il y a un mafek vrai qui est l'émeraude ou la malachite et un mafek artificiel qui représente les émaux et les verres colorés. La couleur verte des tombeaux et des sarcophages est formée par la poussière vitrifiée à base de cuivre.

Le vert de cuivre, malachite ou fausse émeraude naturelle, était appelée en grec chrysocolle, c'est-à-dire soudure d'or; en raison de son application à cet usage (après réduction et production d'un alliage renfermant un peu d'or et un cinquième d'argent, d'après Pline). C'était la base des couleurs vertes chez les anciens. Elle se trouvait, toujours suivant Pline, dans les mines de cuivre. On la fabriquait artificiellement en faisant couler de l'eau dans les puits de mine jusqu'aux mois de juin et juillet. La théorie chimique actuelle explique aisément cette préparation, laquelle repose sur l'oxydation lente des sulfures métalliques.

Le nom d'émeraude était appliqué par les Grecs dans nn sens aussi compréhensif que celui de mafek à toute substance verte. 11 comprend non seulement le vrai béryl, qui se trouve souvent dans la nature en grandes masses sans éclat; mais aussi le granit vert employé en obélisques et en sarcophages sous la vingt-sixième dynastie; peut-être aussi le jaspe vert. Ces minéraux ont pu servir à tailler les grandes émeraudes de quarante coudées de long qui se trouvaient dans le temple d'Ammon. C'est au contraire à une substance vitrifiée que se rapportent les célèbres plats d'émeraudes regardés comme d'un prix infini dont il est question au moment de la chute de l'empire romain et au moyen-âge. Ainsi dans le trésor des rois Goths en Espagne, les Arabes trouvèrent une table d'émeraude entourée de trois rangs de perles et soutenue par 360 pieds d'or. Nous avons cité également le grand plat d'émeraude, le Sacro Catino, pris par les croisés à Césarée en palestine, et 1101, et appartenant actuellement au musée de Gènes. Nous avons dit que ce vase était simplement en verre coloré.

La valeur attribuée à de tels objets s'explique si Ton observe que la fabrication du verre coloré en vert, opération difficile et coûteuse, paraît avoir été abandonnée sous les Grecs et les Romains. Pline ne parle pas de ce genre de vitrification qui était certainement en usage dans l'ancienne Egypte, d'après l'examen microscopique des couleurs employées sur les monuments.

Cependant, dans les recettes des manuscrits alchimiques, on trouve un petit traité sur la fabrication des verres où il est question, à côté du verre bleu, du verre venetum, c'est-à-dire vert pâle.

On ne sait pas d'une manière précise en quels endroits on préparait en Egypte les pierres précieuses et les vitrifications assimilées aux métaux. On suppose seulement, d'après divers indices, que ces industries étaient exercées dans le voisinage des sanctuaires de Ptah et de Serapis, La seule trouvaille qui désigne l'emplacement d'un vieux laboratoire est due à M. Maspéro.

La découverte a été faite à Drongah, à une demi-heure au sud-sud-ouest de Siont, au pied de la montagne, dans un cimetière musulman établi au pied de l'un des quartiers de l'ancienne nécropole.

Chez les anciens grecs, les Hellènes, les perles de verre tenaient le rang des pierres précieuses.

Plus près de nous les Gaulois, avant de fabriquer eux-mêmes le verre, à l'exemple des Romains, connaissaient les bijoux en verre coloré. On a trouvé dans la Lozère, sous des dolmens, des grains de collier en pâte bleue, d'origine égyptienne.

Des découvertes de ce genre ont été faites, surtout dans des sépultures do l'âge du bronze, dans diverses parties de l'Europe, notamment en Belgique, en Angleterre, en Allemagne, en Hongrie, au Danemark.

Après les objets de verroterie, les Égyptiens fabriquèrent des vases de verre coloré. On en trouve de toutes les formes reproduits dans les bas-reliefs de tombeaux datant de 3.000 avant notre ère. Le soufflage était donc en usage à celte époque.

Les peintures des hypogées deBeni-Hassan (province de Minyeh), de même époque, reproduisent diverses phases du travail dans une verrerie égyptienne.

IIEKillVAEX. — LE VEtlRE. 9

Des verriers sont représentés assis, la canne aux lèvres, soufflant des morceaux de pâle verdàtre devant des brasiers allumés. D'autres marquent diverses attitudes. L'un souffle un vase; un autre présente, au moyen de deux baguettes, un manchon cylindrique à la flamme. 1) ne peut y avoir à ce sujet aucune équivoque, les altitudes, l'existence des foyers, la forme des outils des objets en fabrication démontrent avec évidence qu'il s'agit de verriers.

On rencontre les mômes sujets traités de façon plus primitive, il est vrai, aux premiers âges du monde connu.

L'Egypte semble avoir été le berceau de la fabrication du verre, et cela s'explique par l'antériorité de sa civilisation. Après elle, l'Assyrie l'aurait connue à son tour; l'exploration des ruines de Khorsabad a confirmé cette version. Il y a du reste une grande analogie entre les produits des deux pays, leurs relations ayant été des plus étroites. Des grains de collier, des anneaux en rerre opaque et de forme spéciale ont été trouvés dans les demeures royales

assyriennes. Hais là s'arrête la verrerie de ce pays; elle n'a pas abordé la fabrication des vases.

On a bien cité à rencontre de cette dernière assertion, le flacon célèbre conservé au Musée britannique, le vase du roi Sargon, provenant des fouilles de Ninive. On sait qu'il porte le nom de Saryoukin (le Sargon de l'Écriture), roi d'Assyrie de 721 à 704 avant notre ère. Ce vase affecte la forme des flacons à onguent dont il existe de nombreux spécimens en albâtre, et il est très facile de reconnaître qu'il n'est pas un produit du soufflage; il a été taillé dans nn bloc de verre et creusé par le forage, fabriqué en un mot de la même façon que les vases d'albâtre dont il a la forme; la matière seule diffère. C'est à n'en pas douter, un objet d'importation offert par les Phéniciens au roi Sargon, leur vainqueur.

Les Phéniciens ont en effet puissamment contribué par l'étendue de leurs relations commerciales au développement de l'industrie verrière. Devenus verriers à leur tour, le principal centre de leur fabrication était !a ville de Sidon, à laquelle Pline décerne le titre i'artifex vilrî. D'après le même auteur, on attribuait aux habiles ouvriers de celte ville l'invention des miroirs de verre. Lucien voulant dépeindre la beauté de la femme, dit que son corps brille avec plus d'éclat que l'èlectre ou que le verre de Sidon.

Mais là n'est pas le principal mérite des Phéniciens. Avant eux, les peuples

6 HENMVÀUX. - LE VERIIE.

qui ont connu le verre n'employaient comme fondant que ta potasse, c'est-àdire un alcali végétal obtenu au moyen de la combustion de certaines plantes.

Les Phéniciens remplacèrent ces soudes imparfaites par l'alcali minéral, le fondant par excellence sans lequel il est impossible de fabriquer du verre transparent : le sel de nitre. D'après Tacite, ils employaient aussi -du sable très pur tiré des bords du fleuve Belus, appelé par les Hébreux, la Rivière blanche, sans doute par allusion à ce sable blanc qui tapissait son lit. Ils auraient eu également des sablières aux environs de Saint-Jean-d'Acre. « Entre Ptolémaïs et Tyr, dit le géographe Strabon, la plage est couverte d'un sable nitreux, mais qui ne peut se fondre sur place. On prétend qu'il n'entre en fusion qu'après avoir été transporté à Sidon. » On voit que les Phéniciens avaient eu l'adresse de se réserver l'usage de ces sablières en laissant croire que leurs produits ne pouvaient s'utiliser qu'à Sidon.

On a trouvé dans les nécropoles de l'île de Chypre, des vases de pâte blanchâtre ou verdàtre à parois épaisses et d'une faible transparence qui, suivant toutes probabilités, sont de fabrication phénicienne. La panse de ces verres est tellement épaisse que le vide à l'intérieur n'est guère que la prolongation du goulot. Un de ces vases, un alabastron, est conservé au musée de Londres.

Athénée dit qu'on fabriquait à Sidon des coupes côtelées, probablement de celles dont nous venons de parler.

Les verreries de Tyr, bien qu'Hérodote et, après lui, Théophraste en aient parlé avec éloges, ne semblent pas avoir eu la même renommée que celles de Sidon. Tout près, dans les environs du village actuel de Saur, on a trouvé des traces d'anciens fourneaux et des débris de verre coloré, dénotant l'existence en cet endroit d'anciennes verreries.

Les coupes en verre translucide fabriquées à Sidon et à Tyr, étaient recherchées et atteignaient des prix énormes. Dans le Talmud, le législateur juge « contraire aux bonnes mœurs que les riches se servent pour boire de verres blancs, tandis que les pauvres doivent se contenter de verres de couleur. »

Il est difficile d'assigner une date d'origine à la fabrication de ces verres translucides. A en juger par les objets en pâte colorée et opaque trouvés dans les nécropoles, elle ne doit pas remonter plus loin que quelques siècles avant notre ère, et il faut admettre qu'elle aura été découverte en essayant d'imiter le cristal de roche, à l'exemple des pâtes colorées qui étaient une imitation des pierres précieuses. Les vases, les statues et les cylindres supposés en émeraude par les anciens, — telle la colonne d'émeraude qu'Hérodote rapporte avoir vue dans le temple d'Hercule, à Tyr, et qui « brillait la nuit », — étaient tout simplement des ojets fabriqués en verre translucide de coloration verte. On les faisait « briller » en y introduisant une lumière.

Les Romains, qui s'appropriaient avec tant de succès les arts étrangers, empruntèrent à l'Orient les procédés de fabrication du verre, mais aucune de leurs .verreries n'atteignit la renommée d'Alexandrie ou de Sidon. On n'est même pas fixé aujourd'hui sur les lieux exacts où se pratiquait cette industrie en Italie. On suppose que c'était à Gumes et à Rome. Pline nous dit seulement que le sable de la Campanie était aussi renommé que celui de Bélus.

HENRIVÀUX. — LE VERRE. 7

€ Aujourd'hui, ajoute-t-il, à l'embouchure du fleuve Vulturne, en Italie, sur la côte, dans un espace de six mille pas, entre Cumes et Linternum, on recueille un sable blanc très tendre; on le broie au mortier et à la meule; ensuite on y met trois parties de nitre, soit au poids soit à la mesure; le mélange étant en fusion, on le fait passer dans d'autres fourneaux; là, il se prend en une masse à laquelle on donne le nom ftammonitre; cette masse est mise en fusion, et elle donne du verre pur et des pains de verre blanc, i

Le sable de Rome, d'après Strabon, était également renommé pour ses qualités vitrifiables.

Pendant longtemps, les Romains firent venir d'Alexandrie leurs verres à boire en pâte translucide ; et ils y regardaient à deux fois avant de les briser, selon l'usage, à la suite de chaque toast, à cause de leur prix élevé.

La valeur de ces objets diminua naturellement lorsqu'on eut réussi à les fabriquer dans le pays. « A Rome, dit Strabon, il s'invente chaque jour, parait-il, de nouvelles compositions, de nouveaux procédés pour colorer le verre et pour simplifier la fabrication, et l'on est parvenu ainsi à obtenir une imitation de cristal tellement bon marché, qu'un verre à boire avec sa soucoupe ne coûte pas plus d'un chalque. »

Pline de son côté, nous renseigne sur les procédés de fabrication alors en usoge et démontre la préférence accordée au verre translucide : « Nulle substance n'est plus maniable, nulle ne se prête mieux aux couleurs, mais le plus estimé est le verre incolore parce qu'il ressemble le plus au cristal. Pourboire, il a môme exclu les coupes d'argent et d'or; mais à moins que l'on n'y verse du liquide froid, il ne résiste pas à la chaleur. Tantôt on le souffle, tantôt on le façonne au tour, tantôt on le cisèle comme l'argent... »

Les fouilles pratiquées sur l'emplacement de Cumes, en Italie, ont amené la découverte d'un grand nombre de coupes en verre blanc fabriquées très probablement dans la cité même.

Au septième siècle de notre ère, la verrerie romaine était encore fort en vogue.

Sous les Romains, la fabrication du verre translucide s'est étendue aux plaques de verre employées en dallage et en vitrage. Les fouilles faites à Pompéi dès 1772 par Winckelmann, puis à Herculanum, à Baïes et à Rome ne laissent aucun doute à cet égard. On a trouvé à Pompéi des vitres qui mesuraient O"1^ de hauteur sur 0m,54 de largeur (fig. 3 et 4). Passeri, au dix-septième siècle, put voir à Rome, dans les ruines d'une maison, un parquet de verre formé d'une masse compacte de la dimension môme de l'appartement.

Ces découvertes appuient du reste cette tradition de divers auteurs latins que les anciens auraient connu les glaces. Sénèque ne dit-il pas (Epist. 86) : c Celui-là s'estime bien pauvre dont la chambre n'est pas tapissée de plaques de verre. » Il s'agissait sans doute de plaques de revêtement.

Et Yopiscus rapporte que le tyran Firmus c avait orné sa maison de glaces carrées qui étaient fixées au mur avec du bitume et d'autres mastics. »

D'après cela, il semblerait que les Romains connaissaient les plaques de verre et les employaient dans leurs constructions; seulement, ces plaques

iESBIVAUX. — LE VERRE.

ufflnge, le coulage ou le moulage? A ce sujet les

itres de Pompèi, plus épaisses et moins transpa- 'hui, auraient été obtenues par moulage dans un employé actuellement pour la fabrication des dalles

Page 1