‹ Le verre et le cristalChapitre 32 sur 207 · NON-ADHÉRENCE · texte numérisé non relu

NON-ADHÉRENCE

Éther. Benzine. Chloroforme.

Vaseline liquide.

Huile de naphte pure. Pétrole.

Alcool ordinaire.

Alcool méthylique.

Alcool amylique.

Térébenthine. Essence de lavande.

Oléine. Huile d'olive.

Baume de copahu.

Créosote. Phénol. Toluol.

La comparaison de ces deux séries de substances est significative, car elle

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montre nettement que l'adhérence se manifeste surtout dans les solutions de sels métalliques, dans les acides et composés attaquant l'aluminium et le magnésium.

La seconde série, au contraire, renferme des composés non miscibles à l'eau ou des désoxydants; c'est le cas des essences, des huiles, des hydrocarbures. L'oxydation qui se produit dans le premier cas facilite ou provoque l'adhérence du métal par la production d'alumine ou de magnésie; dans le second cas, l'oxydation étant nulle, l'adhérence ne se manifeste pas non plus. L'expérience suivante indique bien qu'il y a formation d'alumine ou de magnésie dans le frottement de leurs métaux respectifs sur le verre humide. La plaque de verre étant recouverte d'eau, si l'on vient à frotter vivement le crayon d'aluminium ou de magnésium, on constate le dégagement de bulles gazeuses microscopiques qui viennent se rassembler à la surface sous forme d'écume, lesquelles ne peuvent être que l'hydrogène provenant de la décomposition de l'eau. L'expérience de contrôle faite avec une tige d'argent sur la surface recouverte d'eau, d'un verre dépoli, afin de provoquer un grippement du métal, ne montre pas de dégagement de gaz qu'on aurait peut-être pu, dans le premier cas, attribuer à l'air entraîné par le crayon. Il y a donc formation manifeste d'alumine ou de magnésie, lesquelles, par incrustation ou contact simple, provoquent l'adhérence du métal au verre.

Restait à constater si l'alumine ou la magnésie calcinée avaient une tendance à s'attacher au verre par frottement; c'est ce que l'expérience confirme pour ces deux oxydes, mais surtout pour le dernier. Si au moyen d'un bouchon de liège on frotte un peu vivement le verre recouvert de magnésie» calcinée, on observe une adhérence tellement marquée de la magnésie au verre, qu'elle donne l'illusion d'un dépoli effectué par un moyen mécanique ou chimique quelconque. Ce n'est pourtant pas le cas, car la magnésie étant enlevée par un acide, on retrouve le verre intact et aussi lisse qu'avant l'expérience et sans aucune production de rayures. Il n'en est pas de même avec l'alumine, qui adhère fortement mais laisse des traces fines do striage.

Un cas plus curieux et d'un intérêt pratique pour la gravure par l'aluminium fait reconnaître qu'il suffit de saupoudrer très légèrement le verre à graver avec de la magnésie ou de l'alumine en poudre très fine pour que le crayon métallique morde très facilement le verre, sans avoir à recourir à l'emploi de l'eau.

D'autres substances peuvent servir d'intermédiaires ou de sortes de mordants et donnent des résultats encore meilleurs que la magnésie. Ce sont non seulement des oxydes très durs en poudre impalpable; mais, fait curieux, des substances qui passent pour être très tendres au point de vue minéralogique : le talc, par exemple.

Citons entre autres : L'amiante et le talc, le tripoli, le blanc de Troyes, la craie de Briançon, la pierre ponce finement pulvérisée, l'oxyde de fer noir, Le bioxyde de manganèse, le rouge d'Angeterre ou colcothar, etc.

Il suffit, pour réussir à coup sûr, de frotter la surface du verre avec un linge fin ou un bouchon de liège recouvert d'une de ces substances, d'essuyer légèrement la plaqua su* laauelle il en restera une cmantité suffisante pour

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qu'il soit alors aussi facile de dessiner ou d'écrire avec l'aluminium sur le verre ainsi traité qu'avec une touche sur une ardoise et sans recourir à l'humidité. Remarquons que ces substances de nature plus ou moins complexes, comme la pierre ponce par exemple, ne s'attachent pas en général par frottement au verre ainsi que le fait la magnésie, l'alumine et certains silicates d'alumine. Ce sont des mordants qui, pour ainsi dire, remplissent le rôle de l'alumine ou peut-être du silicium dans l'adhérence de l'aluminium ; ils s'incrustent dans le métal du crayon, strient le verre dans certains cas, mais pas toujours, et facilitent l'attache du métal.

Il semble donc à peu près certain que les oxydes de l'aluminium et du magnésium se forment en quantité suffisante dans le frottement énergique de ces métaux sur le verre pour provoquer l'adhérence. Mais, d'autre part, ces derniers doivent avoir la propriété de se souder à eux-mêmes par le contact intime de leurs molécules dû au frottement, et il se passe un phénomène d'adhésion ou de soudure analogue à celui qui se produit dans la compression de deux surfaces coupées fraîchement dans du plomb. Aux premières parcelles de métal arrachées viennent se souder d'autres parcelles qui, par leur juxtaposition, finissent par former un trait métallique continu et compact.

Dans les phénomènes d'adhérence par fusion, il est probable que l'oxydation joue le même rôle que dans l'adhérence par frottement, et cette oxydation étant plus énergique produit l'adhérence plus facilement encore que par b frottement. Cela est surtout manifeste pour les alliages contenant du magnésium; ces composés étant éminemment oxydables, et la magnésie, ainsi que nous le constatons, adhérant énergiquement au verre, il en résulte une attache très intense de ces alliages. Le magnésium adhérant à une température élevée, bien qu'au-dessous de son point de fusion, mais à une température où l'oxydation elle-même se manifeste sensiblement, il est encore logique d'attribuer à cette cause l'origine de l'adhérence de ce métal.

Les alliages d'aluminium ou de zinc avec l'étain possédant les mêmes propriétés d'adhérence, peut-on admettre que c'est l'oxydation qui intervient pour la provoquer? Nous ne pouvons l'affirmer positivement, mais sans vouloir faire une généralisation trop hâtive, il est naturel de le supposer par analogie avec ce que l'on observe relativement au magnésium et aux alliages de ce métal.

Les phénomènes de cohésion ou affinités moléculaires des corps mis en contact intime par le frottement ou par fusion doivent aussi être pour quelque chose dans l'adhérence de plusieurs de ces métaux au verre, car, même en admettant que les oxydes jouent le rôle de mordants entre le verre et le métal et qu'il se produise dans certains cas une sorte d'incrustation de l'alumine ou de la magnésie dans le verre, cette attache est-elle suffisante pour tout expliquer? Nous constatons des anomalies avec le zinc, dont l'oxyde ne raye pas le verre et n'y adhère aucunement ; il en est de même avec le cadmium, lequel adhère très bien au verre par frottement ou par fusion et, bien que très oxydable dans ce dernier état, ne communique pas de propriétés adhésives à ses alliages. Le magnésium lui-même adhère par frottement sur des corps, tels que le corindon, plus dur que la magnésie et où il n'est pas admissible de supposer une incrustation ou un striage, pas même constaté sûrement sur le verre ordinaire.

En résumé, cette question est des plus complexes et nombre de points douteux restent à élucider qui nécessiteraient une étude expérimentale très approfondie des circonstances variées dans lesquelles on constate l'adhérence de ces métaux.

Résistance du verre à la flexion. — Au moment où de nouveaux procédas de fabrication permettent d'obtenir couramment des verres spéciaux presque aussi résistants que la fonte, il est du plus haut intérêt de connaître qu'elle est généralement la résistance du verre à la flexion, spécialement dans son application à la couverture des bâtiments.

Les essais faits sur les différents verres ont donné les résultats suivants :

Coefficient

Résistance

d'él.'Sticild

à la tension

par millimètre

par millimètre

carré.

carre.

Désignation* Densité.

Verres à vitre 2,523

Glace 2,467

Cristal blanc exempt de plomb. . . 2,450

Cristal blanc et de couleur 2,324

Nous avons dit que la trempe accroît dans des proportions notables les propriétés d'élasticité du verre.

L'augmentation d'élasticité variant avec le degré de trempe, il n'est pas possible de donner de chiffres précis établissant cet accroissement d'élasticité ; cependant on peut dire qu'une bonne trempe communique au verre une résistance triple de celle qu'il possède lorsqu'il est bien recuit (1).

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