MOYEN D'ÉVITER LA DÉTÉRIORATION DE LA SOLE DES FOURS A BASSINS
Les fours à bassins donnent lieu à un entretien d'autant plus onéreux que les dimensions en vont toujours croissant; on a remarqué en effet que la qualité du verre est meilleure avec les bassins à grandes surfaces. D'autre part, l'agrandissement des fours entraine à des excès de production.
Préoccupé de ces inconvénients, M. Gobbe a cherché l'amélioration de la fabrication tant au point de vue de la qualité du verre que de la construction des fours, en approfondissant les bassins. Il se base sur le principe de physique en vertu duquel les couvertures vitrées des serres laissent pénétrer les rayons lumineux et calorifiques qui s'accumulent au profit des plantes et déterminent une élévation de température semblant parfois hors de proportion avec le degré thermométrique extérieur. Il se passe dans le chauffage des fours à bassins un effet analogue qui explique, selon M. Gobbe, la détérioration beaucoup plus rapide de la sole que des autres parois. Les fours étant chauffés par radiation, les rayons de chaleur lumineuse produit par la flamme traversent abondamment la couche de verre qu'ils doivent affiner, viennent frapper la sole du four et se localiser à cet endroit, où ils demeurent comme emprisonnés. Par suite, bien que la sole soit plus éloignée de la flamme que les autres parties de la maçonnerie réfractaire, bien qu'elle ne se trouve pas en contact direct avec les fondants, l'accumulation du calorique provoque l'usure rapide du fond du bassin. Le remède consiste donc à employer une épaisseur de verre suffisante pour absorber entièrement les rayons lumineux et calorifiques, épaisseur variable avec la teinte du ve?re, car le pouvoir diathermane augmente avec la blancheur du produit fondu. Ces
observations expliquent d'ailleurs comment les fours à bassins entraînent à une moindre dépense de combustible que les fours à pots.
Pour retarder l'usure des parois et de la sole des fours à bassins, on a proposé divers systèmes de refroidissement : double enveloppe avec courant forcé d'air froid, injection d'eau sur les parois extérieures. Et tous ces procédés ont dû finalement être abandonnés, et on se contente le plus généralement de donner au bassin des dispositions telles que le refroidissement puisse être assuré par une libre circulation d'air activée, s'il est nécessaire, par des cheminées d'aspiration.
Combustible utilisé dans les gazogènes. — Quel que soit le type de gazogènes qu'on emploie, il y a toujours intérêt à ne faire usage que de charbons secs et nouvellement extraits. En effet, dans la zone supérieure ou zone de distillation, l'eau qu'apporte avec lui un combustible mouillé se volatilise et vient prendre dans les conduites la place du gaz combustible. Il en résulte un refroidissement inutile du gazogène et une diminution de l'activité d'allure.
Quant au combustible fraîchement extrait, il est naturel de ne pas le laisser perdre dans l'atmosphère des matières volatiles qui seront utilisées dans le four; aussi y a-t-il intérêt à consommer du charbon qui n'a pas séjourné longtemps à l'air et en tas volumineux.
Ceci explique comment les usines qui reçoivent leur combustible au jour le jour consomment moins que celles qui, par leur situation, sont contraintes de recourir aux transports par eau et d'avoir toujours un grand stock de combustible.
Le' plus généralement les gazogènes sont alimentés, non par une seule espèce de houille, mais par un mélange en proportions déterminées de deux ou plusieurs charbons, les uns très gras, collants, les autres gras, à longue flamme, d'autres plus maigres; assez souvent même, quand la base du mélange est une houille collante, on lui adjoint une certaine quantité de coke en menus fragments.
Ces mélanges de houille sont fréquemment préparés à la pelle et, dans ces conditions, ne laissent pas que d'être très onéreux. D'autre part, le dosage présente forcément des irrégularités résultant soit d'erreur, soit de négligence des ouvriers qui, n'étant pas survillcs constamment, n'apportent pas dans l'exécution de ce travail tous les soins que son importance comporte.
Pour obvier à ces inconvénients, M. Frère, directeur de l'usine à gaz de Saint-Quentin (Aisne), a imaginé et construit un appareil mélangeur automatique fort bien conçu dont nous recommandons l'emploi.
Appareil à mélanger les combustibles. — Nous donnons la description sommaire d'un appareil construit pour mélanger deux natures de houille.
Cet appareil (fig. 176) se compose de deux hélices H, ou vis sans fin d'égales dimensions, dont l'extrémité inférieure plonge dans une trémie T. Les charbons, jetés à la pelle dans les trémies, sont élevés à la partie supérieure, où ils viennent tomber dans une auge en fonte, d'où ils sont entraînés par une
vis sans fin qui complète le mélange et le transporte au-dessus d'orifices d'où il tombe sur le sol.
On comprend qu'on puisse obtenir tel ou tel dosage déterminé qu'on
Fig. 17G.
désirera, en donnant aux deux vis élévatrices une vitesse différente et correspondant à ce dosage.
D'autre part il est facile de disposer l'appareil de façon à lui faire exécuter un mélange plus complexe de trois ou quatre sortes de houilles.
Analyses et essa/s des combustibles. — Sans entrer dans le détail des opérations, analyses chimiques ou essais directs qu'il convient d'exécuter, si l'on désire être renseigné exactement sur la valeur réelle des houilles qu'on utilise et sur le mode d'emploi qui convient le mieux à chacune d'elles prise en particulier, nous indiquerons sommairement comment on peut rapidement avoir à ce sujet des renseignements suffisamment exacts pour la pratique.
On procède tout d'abord au dosage des cendres, des principes volatils à la température du rouge vif et du carbone fixe (ou coke), duquel on défalque le poids des cendres.
Ces résultats ne suffisent pas pour classar une houille, car ils ne donnent aucun renseignement sur la nature grasse, collante, des houilles; l'aspect du coke peut, il est vrai, donner quelques indications, mais nous les jugeons encore bien insuffisantes.
Si à ces renseignements on peut joindre ceux qui sont donnés par une analyse élémentaire : dosage du carbone, de l'hydrogène et de l'azote, il devient alors facile de rapporter une houille quelconque à un type déterminé et de prévoir dans quelles conditions l'emploi de cette houille sera le plus rationnel.
Ci-dessous nous donnons la composition de quelques houilles des régions du Nord.
HENRIVAUX. — LE VERRE.
DULLY