COMPOSITION DU VERRE A VITRES
On distingue deux sortes de verre à vitres : Le verre en manchons que les Anglais nomment sheet-glass, et le verre c en plateau * dénommé crown-glass.
Le verre blanc convient à toutes les applications, le verre demi-blanc est en quelque sorte un dérivé, une conséquence, de la fabrication du premier. Pour l'obtenir, on emploie des résidus de la fabrication du verre blanc, et même le picadil (produit par la mousse du verre pendant son ébullition, par les matières vitrifiables versées hors des creusets au moment des enfournements), verre qui s'écoule des creusets ébréchés, etc., et rendu impur par son contact avec les briques, les matériaux réfractaires du siège du four, etc.
374 HENMVAUX. — LE VERRE.
Le verre à vitres blanc est le plus généralement employé ; ses applications sont assez connues pour qu'il soit inutile de les énumérer ici. Qu'il nous suffise de dire que pour les vitrages des appartements, les devantures de magasins, etc., les glaces lui font une concurrence redoutable qui viendra certainement restreindre ses applications. Pour la couverture des serres, marquises, verandahs, etc. ,1e verre coulé à la poche lui dispute également ces applications.
Quoi qu'il arrive, son emploi est encore fort important, on en jugera au chapitre de statistique sur la verrerie.
Le verre à vitres est composé de silice, d'alcalis (soude ou potasse, et souvent soude et potasse réunies), de chaux ou de matières étrangères, apporté es par les matières premières dont la pureté n'est pas absolue. Cette composition est assez variable :
Oxyde de fer, alumine et oxyde Silice. Chaux. de manganèse. Sonde. Potasse.
Verre allemand 1872 72,25 13,40 1,23 13,02
Verre belge (Charleroi) 73,31 13,24 0,83 13,00
Verre anglais 1859 70,71 13,38 1 ,92 13,25
Verre anglais (de MM. Chance, de
Birmingham) 72,90 13,20 1,50 12,40
Verre français 71,90 13,60 1,40 13,10
Verre français 69,G0 1 3,40 1 ,80 15,20
Verre blanc à base de potasse... 71,20 11,60 0,70 2,30 14,2
D'après YEnqjclopédie, les compositions employées à la fin du siècle dernier et au commencement du dix-neuvième siècle étaient formées pour le verre à vitres ordinaire de :
Soude d'Alicante ou de Sicile 280 livres.
Sable 500 —
Cendres . 200 —
Salin ou potasse 60 —
Saffre > 1 once 6 gros.
ou bien :
Salicor de Languedoc 340 livres.
Sable 440 —
Cendres 200 —
Salin ou potasse 60 —
Saffre il once 6 gros.
M. Bontemps ramène ces compositions à l'élément commun à tous les verres, le sable, afin d'avoir un terme de comparaison entre toutes ces compositions. De cette façon les mélanges ci-dessus deviennent:
Sable 100 100
Soude brute 56 77
Cendres 40 45
Salin ou potasse 12 14
Saffre 0,02 0,03
Toutes ces compositions étaient fritlées avant d'être enfournées dans les creusets.
Après la découverte du procédé Leblanc pour la fabrication de la soude, les compositions citées précédemment furent remplacées par des mélanges dont voici à peu près la moyenne. Cette composition est celle employée dans len verreries de la Loire, du Nord, en 1820 :
Sable 100
Sel de soude 40
Chaux 20
Arsenic 0,5
Manganèse 0,5
Plus une certaine quantité de verre cassé, verre blanc pour le verre à vitres blanc, verre commun et même débris de bouteilles pour le verre demi-blanc.
Après l'adoption du sulfate de soude en verrerie on adopta le mélange de 1/2 sulfate avec 1/2 sel de soude ; puis enfin le sulfate de soude fut employé seul et dans les proportions suivantes :
i il
Sable 100 100
Sulfate de soude 35 à 40 42
Calcaire 25 à 35 34
Charbon en poudre 1,5 à 2 2
Peroxyde de manganèse 0,5 »
Arsenic 0,5 à 1 >
Débris de verre q. var. 100 à 200
I. — Composition vi tri fiable des verreries du nord de la France.