I.E VEKKE
Voici comment on procède pour la pose et l'encadrement de ces vitraux :
Le dessin accepté comme forme et comme tons, à l'aide d'un papier à report, l'ouvrier trace le molif sur un papier fort, puis avec un lire-ligne, détermine les épaisseurs de cœur de plomb, en se tenant à cheval sur le Irait (le cœur de plomb est l'équivalent de l'àme du fer I). Ce tracé obtenu, reproduisant exactement le dessin du modèle, l'ouvrier découpe le papier, en ménageant l'épaisseur du trait tracé par le tire-ligne; les morceaux de découpage donnent le contour que devront avoir les pièces du vitrail. On assemble ces morceaux, et, en se servant de chacun d'eux comme de calibres, on coupe au diamant des verres de ton correspondant au dessin. L'ouvrier procède alors à la mise en plomb proprement dite. Pour cela, il assemble les verres sur un calque, sur lequel est reporté le motif calque posé sur une grande table en bois dressée avec soin. Il châsse les verres dans les plombs sur l'angle gauche de la table, où des règles à biseaux destinées à recevoir le plomb extérieur font un angle droit. Quand le panneau est monté, il rabat les ailes du plomb et fait les soudures nécessaires aux intersections. Il ne reste plus qu'à contre-souder le panneau, sur l'autre face, et à mastiquer les plombs.
Il faut éviter les charnières, c'est-à-dire de longues lignes parallèles qui ne présenteraient plus assez de résistance au ploiement des panneaux; on croisera alors les plombs, de façon à rompre les ligues.
Au lieu de faire frotter les plombs les uns contre les autres (fig. 219), on fait en sorte que chaque extrémité de la baguette rentre sous l'aile du plomb voisin (fig. 220).
Fig. 219.
Fi G. 220.
Cœur ou An
Fie. 221.
Fig. 222.
Les bouts employés sont de dimension et de force différentes, selon les poids et la grandeur des verres ; ces dimensions varient de 0ra,003 de large jusqu'à 0m,012.
Les verres s'achètent colorés en feuilles ; il en existe une variété considérable; les plus employés sont de tons verdâtres, gris, jaunâtres, violacés, bleuâtres, etc., etc., depuis les nuances les plus franches et les plus soutenues, jusqu'aux plus rompues et aux plus fines.
L'erreur des praticiens, qui s'occupent spécialement des vitraux de ce genre, consiste généralement dans l'adoption de teintes trop accentuées. Les tons qui se rapprochent sensiblement du bleu, du vert, du jaune et du violet doivent être
HEMllVAUX — LE VERRE*
condamnés dans une vitrerie qui a tout avantage à donner l'idée du blanc relatif, par le mélange habile de teintes neutres extrêmement pâles. En outre, rien n'est plus vulgaire que les cives colorées introduites dans celte vitrerie d'art qui
gagne a n'être qu'une grisaille, et ne peut avoir un effet agréable et distingué qu'a celte condition.
Voyons maintenant comment s'opère la pose des vitraux d'appartement. Il y a trois manières : soit comme les verres ordinaires en feuillure ; soit dans des châssis de chêne ou de fer indépendants de la fenêtre et rapportés sur les
ventaux; soit enfin en application sur les vitres déjà en place et qui supportent les panneaux de couleur.
Dans le premier cas (fig. 223), le panneau est appuyé sur la feuillure et main-
UEKRIVALX. - LE VERRE.
tenu par des tringles métalliques coudées fixées après le montant par des ris sur le coude de la tringle; de distance en distance sont soudées sur les tringles des attaches en plomb ; de plus, les bords sont mastiqués soigneusement
On se sert aussi de tringles non coudées, dont les extrémités pénètrent dans des trous posés dans le montant (fig. 224).
La même disposition est adoptée pour les châssis rapportés et indépendants, dont le cadre vient s'emboîter sur le bâti de la fenêtre.
Si l'on veut appliquer les vitraux peints sur des glaces déjà posées, un simple masliquage sur les bords suffit (fig. 22.".).
Souvent on peut avoir intérêt à se ménager par moment le jour blanc, alors on monte le vitrail peint (fig. 220) sur un petit fer en U qui forme cadre, et que l'on attache àcharnière sur le bâti de la fenêtre. On peut ouvrir ce vitrail comme un volet.