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DÉCOUPAGE DU VERRE PAR L'ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE

Depuis la dernière Exposition d'électricité on a tenté toutes sortes de procédés basés sur l'emploi de celle force qui rend déjà de si grands services. Voici un procédé pour couper le verre à l'aide de l'étincelle électrique.

On se sert, à cet effet, d'une plaque rectangulaire en caoutchouc durci (Om,18 sur lm, 12) pour une batterie donnant des étincelles de 12 centimètres. La plaque est traversée par l'extrémité recourbée d'un fil de laiton, cette extrémité peut aussi être fixée à la plaque à l'aide d'une vis. Pour couper ou percer le verre, la plaque est placée de telle sorte que l'extrémité recourbée du fil de laiton qui la traverse soit dirigée en haut, tandis que le fil lui-même reste au-dessous. On réunit le fil à un pôle électrique; après avoir versé sur l'extrémité recourbée quelques gouttes d'huile d'olive, on pose dessus la lame de verre sur laquelle on veut agir, et l'on pose l'autre pôle sur le verre à travers lequel on fait ainsi passer des étincelles. En déplaçant lentement le verre sur la plaque de caoutchouc, on obtient une suite de petits trous suivant lesquels on peut briser le verre. L'huile d'olives a sans doute ici pour but d'isoler le fil métallique.

H. Gaifle se sert pour couper le verre d'un chalumeau avec mélange de gaz et d'air ; il enveloppe la pointe du chalumeau d'une boite creuse en forme de biseau. L'arête de ce prisme, percée d'une fente destinée à livrer passage à la flamme, est circulaire et épouse le contour des verres à couper.

On peut encore employer la méthode suivante pour couper le verre: On chauffe au rouge blanc une vrille très effilée et on la trempe dans un bain de mercure; on l'aiguise alors, puis on la plonge, au moment de s'en servir, dans une solution saturée de camphre dans l'essence de térébenthine ; le même liquide sert à humecter pendant l'opération la partie du verre attaquée, laquelle se perce avec autant de facilité et de netteté que du bois.

Procédé de M. Fahdt, de Dresde, pour couper les objets en verre et pour arrondir les arêtes. — Pour couper les objets en verre à dimensions, M. Fahdt, de Dresde, se sert de fils chauffés au rouge par l'électricité. La disposition employée dans ce but est représentée figure 235, Des vis en métal fi, reliées avec les deux pôles d'une pile, peuvent être déplacées et fixées dans des rainures transversales d'une plaque A ; un fil métallique D, serré par ses extrémités, dans des bornes qui forment la partie supérieure de ces vis, est appliqué à l'endroit où il s'agit de couper le verre, sur la circonférence de l'objet; ce dernier repose sur des galets, portés par les supports ou fourches C, et une pointe fixée à une tigeE l'empêche de reculer. Cette tigeE, de même que les supports C, peuvent être déplacés, quand cela est nécessaire, dans une rainure longitudinale de la plaque A. La fermeture du courant fait rougir le fil D, ce qui a poui objet d'échauffer les points de contact du fil avec l'objet qu'on fait tourner à ta main, de façon que, par un refroidissement brusque, ou seulement par le contact avec un corps humide, il se produit une cassure fine suivant la ligne échauffée et une cassure nette.

Afin démousser les arêtes vives de la cassure, ces arêtes sont fondues au

Flô. 235.

414 IIENRIVAUX. — LE VEltRE.

moyen de l'appareil représenté par la ligure 235. A cet effet les verres sont placés sur des supports H, qui sont fixés à la chaîne G passant sur les poulies F. Celte chaîne reçoit un mouvement à intervalles, à l'aide d'un mécanisme approprié. À la fin de chacune des courses en avant de la chaîne, les verres viennent se placer devant une flamme pointue J, produite par un chalumeau ou une lampe d'émailleur ; une de ces flammes commence à les échauffer et la suivante fond les arêtes vives. Afin d'amener toutes les parties des arêtes vives devant la flamme, les verres reçoivent, en même temps, un mouvement de rotalion au moyen de galets de frottement K, sur lesquels ils reposent par leurs pieds. Lorsque les verres ont été complètement arrondis sur les bords, ils sont d'abord conduits par la chaîne G dans un four à recuire, afin d'empêcher, par un échauffement régulier, que les parties fondues n'éclatent ; les verres passent ensuite dans une chambre R, où on les laisse refroidir et au sortir de laquelle ils sont prêts à être livrés au commerce.

Les flammes J doivent pouvoir être réglées aisément, afin de les ajuster suivant la fusibilité plus ou moins grande du verre.

Travail mécanique des glaces. — A leur sortie des carcaises, et après leur équarrissage, les glaces ne sont pas transparentes, leurs surfaces sont rugueuses ; les surfaces ne sont même pas parfaitement parallèles; il s'agit de faire disparaître toutes ces aspérités et puis ensuite il faut rendre les glaces transparentes. Pour arriver à ce résultat on soumet les glaces à trois séries d'opérations obtenues à l'aide d'appareils mécaniques différents; ces opérations portent les noms de doucissage, de savonnage et de polissage.

Les appareils à doucir travaillent les surfaces brutes au moyen de lames en fonte (ou en fer) avec interposition de sable gros ou grès, de sable fin, et d'émeride diverses grosseurs qui donnent à cette opération le nom de savonnage.

Les appareils à polir travaillent les surfaces savonnées, parallèles, feutre sur verre, avec interposition d'oxyde de fer ou potée.

Les appareils à doucir sont de plusieurs sortes.

Jusqu'en 1768, le travail des glaces se faisait à la main (pi. XVII); la Compagnie anglaise de Ravenhead commanda à Boulton et à Watt, de Birmingham, vers cette époque, une machine à vapeur, qui paraît être la seconde machine à vapeur construite par ces célèbres constructeurs; l'année suivante le travail mécanique remplaçait, à Ravenhead, le travail manuel.

En 1820, Clément Desormes introduisit à la glacerie de Saint-Gobain des machines à dresser, qui furent construites en Angleterre, par Hall, de Dartford.

En 1824, Hoyau obtint un dressage et un doucissage parfaits de glaces de grandes dimensions au moyen d'une machine dont l'idée principale consiste dans la rotation rapide d'un ou plusieurs outils, rodoirs ou ferrasses, mobiles | autour d'un axe vertical, tandis que la pièce à dresser se trouve sur une platej forme ou support à rotation excentrique par rapport au système précédent et présente successivement tous ses points à l'action de l'outil. C'est donc la généralisation du principe du tour appliqué au dressage mathématique de grandes surfaces.

En 1834, on reprit ces expériences en scellant plusieurs morceaux de glaces, les dressant et les dégrossissante l'aide de ces moellons ou rodoirs.

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Le mécanicien Rmvez mit en pratique les idées et les principes émis par IJoyau, et en fit une application au dressage des glaces de l'usine de Cirey.

En 1836, en Angleterre, Robert Griffiths et John Gold se firent breveter pour un appareil analogue.

D'un autre côté, M. Cariliion devint, après 1815, le collaborateur des Dartigues et des Clément Desonnes, et imagina un appareil à dresser basé sur le principe des planeuses anglaises et sur la rotation d'un moellon recevant, indépendamment du mouvement de rotation, un mouvement transversal et longitudinal.

Ces appareils, construits vers 1845, pour la glace rie Sainte-Marie d'Oignies, n'ont pas répondu aux résultats attendus et ont été abandonnés depuis une quinzaine d'années.

En 1862, en Belgique, MM. Bodson, Jacques et Lambot prenaient des brevets pour des appareils à dresser les pierres, etc. En 1868, la Compagnie de Flore (Te obtenait un brevet pour des appareils à doucir basés également sur le principe du tour, appliqué au dressage.

Le savonnage des glaces se fait également à la machine depuis près de dix ans ; les premiers appareils furent construits en 1849 en Angleterre par M. Obed Rlake; les premiers appareils à savonner appliqués en Belgique, furent construits par M. Bernard, directeur de la glacerie Reoquignies. Depuis, un grand nombre de brevets ont été pris sur le même sujet, à Floreffe, en 1858, à Roux en 1870; puis par M. Malevez vers 1875.

Pour le doucissage^ les anciens appareils étaient formés d'une table fixe en pierre, sur laquelle étaient juxtaposées et taillées les glaces brutes.

Un long balancier en fer est suspendu au plafond de râtelier par des chaînes et animé d'un mouvement de translation circulaire et entraîne dans le même mouvement une, deux et jusqu'à trois planches en bois de chêne, sous lesquelles sont vissées des lames de fer.

L'ouvrier doucisseur, qu'il se serve de cet appareil ou des suivants, projette successivement sur les glaces du gros sable, du sable fin; un courant d'eau continuel empêche ces matières de s'empâter entre les planchers et les glaces.

Les surfaces soumises à ce frottement s'aplanissent d'abord, puis se dourissent par l'empreinte de plus en plus fine qu'y laissent les grains des matières premières déjà indiquées.

Lorsqu'un côté des glaces est terminé, on les retourne de l'autre et on agit

de même.

Une bouillie claire de plâtre sert à les sceller sur les tables. Des appareils plus récents, usités dans toute l'Allemagne, diffèrent de

ceux-ci.

La table fixe en pierre y est remplacée par une grande table en chêne d'une superficie de 15 mètres carrés; cette table reçoit un mouvement rectiligne et lent de va-et-vient. Deux grands plateaux en fer ou en bois, sous lesquels sont vissées également des lames en fonte, reçoivent un mouvement de translation circulaire par l'intermédiaire d'un fort châssis en fonte; ce châssis est supporté par quatre manivelles de (VjîK) de diamètre.

Ce double mouvement, rectiligne pour la table et rotatif pour les plateaux,

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ainsi que cette grande superficie de (able, ont eu pour résultat de doucir deux fois plus vite que précédemment.

Cependant les surfaces obtenues ne sont pas encore parfaites et la casse alteint encore 4 à 6 pour 100.

Un troisième genre d'appareils à doucir, usité depuis longtemps en Angleterre et actuellement dans toutes les fabriques belges, l'emporte de beaucoup sur les deux premiers. Je veux parler de la plate-forme.

La table est en fonte ou en fer; elle est circulaire et animée d'un mouvement de rotation autour d'un pivot placé à son centre.

Deux plateaux à six ou huit pans, en chêne, pesant 200 kilogrammes chacun et sous lesquels sont encore vissées des lames en fonte, tournent au-dessus de la table et servent à doucir les glaces qui y sont scellées. Ils sont munis chacun d'un contrepoids, pour que l'ouvrier puisse ménager à volonté leur pesée sur les glaces.

Les plateaux sont supportés par un grand chariot transversal mobile sur quatre roues et d'un poids à peu près semblable à celui de la plate-forme.

La table fait habituellement trente-cinq tours par minute; elle présente généralement un diamètre de 5m,60 et pèse 12 à 15000 kilogrammes.

Le double mouvement de rotation de la table et des plateaux fournit un douci deux fois plus rapide que l'appareil précédent, des surfaces parfaitement planes et, malgré la vitesse et le poids considérable de l'appareil, une casse moindre; le prix du doucissage en a été de beaucoup diminué.

Afin de diminuer encore le prix de revient du douci, on a construit récemment des plates-formes d'un diamètre de 6m,70. La table présente une superficie de 33 mètres carrés au lieu de 26; la vitesse étant restée la même, la production, pour une même somme de main-d'œuvre, s'est élevée de 1500 à 1700 mètres de glaces doucics par mois et par appareil; la machine a été portée à 60 chevaux, avec détente et condensation. En présence de ce résultat, je ne doute pas qu'à l'avenir on n'augmente encore le diamètre des plates-formes et leur rendement.

Comme on le pense bien, une pluie de brevets est venue s'abattre sur cet appareil important.

Dans telle plate-forme, comme dans celle dont il vient d'être question, la table seule est commandée par la machine, les plateaux sont entraînés par le frottement des glaces; dans telle autre, les plateaux entraînent la plate-forme; dans telle autre encore, table et plateaux sont commandés par la machine, tournant parfois dans le même sens, parfois en sens contraire; parfois la table est rivée à son pivot, parfois elle peut s'en détacher pour être enlevée après chaque opération au moyen d'un chariot; parfois ce sont les plateaux qui peuvent s'écarter au moyen d'un autre chariot comme dans la première plate-forme décrite; d'autres fois deux tables sont travaillées en même temps par un seul et unique grand plateau ; parfois la table est recouverte de lames de fer, parfois de tôles en fente; parfois elle est toute en bois, comme il en a été fait pour la Russie ; parfois la plate-forme est commandée par engrenage, par courroie ou directement parla manivelle de la machine; tantôt, enfin, la machine est horizontale, tantôt verticale.

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L'esprit des inventeurs, on le voit, s'est courageusement multiplié dans la construction de cet appareil et la nécessité d'échapper à la multiplicité des brevets a fait surgir des combinaisons de toute nature.

Les glaces étant doucies des deux côtés, on les passe à la seconde opération, le savonnage.

Par ce travail, les surfaces doucies sont, comme on Ta dit, frottées verre sur verre avec interposition de quatre numéros successifs d'émeri de plus en plus fin. Le mouvement est beaucoup plus lent qu'au douci, dix à quatorze révolutions par minute.

11 y a quelques années, le savonnage se faisait partout à la main; afin de réduire le coût de la main-d'œuvre, on a imaginé des appareils à savonner.

Ils sont actuellement de deux espèces; mais tous imitent mécaniquement le mouvement du savonnage à la main, qui consiste à promener sur une glace fixe une glace mobile dont le centre décrirait un 8 allongé.

Dans tous les appareils, la glace f\\e repose sur une table en pierre, recouverte de toiles mouillées destinées à empêcher le glissement; habituellement la table est fixe, on en a cependant construit depuis peu qui sont soumises à un mouvement de va-et-vient.

La première espèce d'appareils à savonner opère le mouvement de la glace mobile au moyen de deux bras de levier; la seconde espèce, au moyen d'un seul bras de levier.

Dans le premier système, les deux bras de levier partent du moteur et aboutissent à une caisse en bois, qui pèse sur la glace mobile; ils agissent comme les bras de l'homme; ils poussent et attirent successivement la caisse; mais comme l'un est en relard sur l'autre, la caisse et sa glace se meuvent tantôt de droite à gauche et tantôt de gauche à droite.

Dans le second système à un seul levier, le même mouvement se produit; seulement, comme la caisse n'est attaquée que par un point d'attache au lieu de deux, elle ne tend plus à pivoter entre ces deux points et laisse par conséquent moins facilement échapper sa glace mobile ; de là moins de casses et moins d'accidents possibles.

Un appareil à deux leviers ne commande qu'une ou deux tables; celui à un levier peut en commander quatre; il peut savonner en même temps huit grandesglaces ou trente-deux petites; sa construction est moins coûteuse, le prix de revient de son travail est de 55 pour 100 du prix du savonnage à la main.

Le système à un levier, dont H. Delmarmol est l'auteur, ayant dû, comme toujours, éviter les brevets, fonctionne depuis sept ans, avec avantage sur le système à deux leviers.

Les glaces, étant savonnées des deux côtés, on les soumet à la troisième opération, celle du polissage.

Depuis fort longtemps le polissage ne se fait plus à la main (pi. XVIII), mais au moyen d'appareils mécaniques de deux sortes : les plus anciens, qui impriment aux feutres ou polissoirs un mouvement de va-et-vient rectiligne (fig. 236); les nouveaux qui leur impriment un mouvement de translation circulaire.

Dans les uns comme dans les autres, la table est animée d'un mouvement rectiligne de va-et-vient; elle doit être carrée dans les anciens et peut être en

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parallélogramme dans les nouveaux; parfois elle repose simplement sur un chariot, d'autres fois elle y est rivée.

Les appareils à rotation, introduits seulement en 1870 en Belgique, détrônent complète ment les anciens appareils par la rapidité du travail, ainsi que par la diminution qu'ils ont apportée dans le pris de revient du polissage. Ceui qui ont été

Fïg. 436.

Élévation latérale, et coupe par le milieu de la longueur du coursier. — BB, fond du coursier; BGB, trompe servant d 'embouchure au coursier du ci? lé d'aval; BBBB, coursier du cillé d'aval; BC, la grande roue à au gels ; £, tourillon a l'extrémité de l'axe; GG, hérisson (lié sur l'arbre; c, lanterne; d, manivelle de la lanterne; AX, coursier du cilié d'amont, par lequel l'eau arrive sur la roue; II, tirant pour communiquer le tirant aux châssis; ff, jumelle» fixées sur les eutre-toises de la cage de charpente qui renferme la grande roue NS ; LU profils des longues barres du châssis inférieur; N,L, profil des longues barres du châssis de l'atelier supérieur; NN 13, LL U, chaînes qui suspendent te châssis inférieur; elles sont mobiles aux points 13, 14; I d, troisième chaîne ou levier mobile au point 1, et dans la longue morlaise d duquel passe le coude de la manivelle, qui imprime à ces trois pièces un mouvement d'oscillation; 11,3, LL, 4, leviers du premier genre mobiles en ff, qui communiquent le mouvement au châssis supérieur N, L; ces deux leviers sont assemblés à charnière au châssis inférieur; 9, 10, 11, 13, règles fixées aux longs cotés du châssis inférieur, lesquelles portent chacune deux polissoirs ; q r, tables de pierres sur lesquelles les glaces sont scellées pour être polies; fl,jï, pierres sur lesquelles les tables sont posées

Au second étage, o p, patins et chevalets de charpente qui portent les tables mm, nn, sur lesquelles les glaces sont posées pour être polies; N, L châssis supérieur; 3, 1, fourches qui tiennent les règles 5, 6, 7, 8, sur chacune desquelles il y a quatre polissoirs montés.

introduits en Belgique à cette date, sont originaires de l'Allemagne ; leurs tables sont en chêne et mesurent 15 mètres de superficie; les polissoirs, au nombre de dix-huit, font quatre-vingts révolutions par minute; en huit heures de travail un coté des glaces est poli; auparavant il fallait douze à quinze heures

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pour polir une surface de moitié plus petite; il fallait des ouvriers polisseurs spéciaux ayant fait un long apprentissage de plusieurs années; on a simplement, avec ce système, employé des femmes dont le travail, en général, est au moins aussi intelligent et aussi soigné.

Un grand châssis carré en fonte repose au-dessus de la table sur six manivelles ; il est relié transversalement par trois lignes de poutrelles accouplées entre lesquelles sont maintenues les broches des dix-huit polissoirs.

Trois ans plus tard, on a introduit en Belgique un appareil analogue d'origine française; il polit également à rotation, suivant le principe de l'appareil allemand; mais sa table ne mesure que 12 mètres carrés ; il produit donc moins de verre poti que l'autre; il fonctionne avec douze polissoirs et travaille un côté en huit heures.

M. Malevez a apporté récemment des modifications aux appareils à polir les glaces, appareils qu'il avait fait breveter antérieurement. Le but essentiel de ces additions et modifications est d'obtenir rabaissement et le relevago automatiques des polissoirs et de la table, tout en réalisant une plus grande simplicité de construction.

L'élévation et l'abaissement des croisillons supportant les polissoirs s'effectuent à l'aide d'un mouvement vertical ascendant et descendant communiqué aux arbres qui supportent ces croisillons.

À cet effet on monte ceux-ci dans des crapaudines mobiles, lesquelles reposent sur des cames mises en mouvement d'une façon appropriée telle <jue, par exemple, à l'aide d'arbres accouplés, l'un de ceux-ci pouvant être actionné dans deux directions différentes par poulies.

Pour rendre dépendants l'un de l'autre le mouvement vertical de la table et celui des polissoirs, on relie l'arbre amenant par excentriques le mouvement de la table avec l'arbre horizontal inférieur accouplé à l'arbre des «âmes opérant le mouvement ascendant et descendant des croisillons.

Application de la pression hydraulique à la manœuvre des appareils à doucir et à polir les glaces. — A la suite de recherches incessantes on est arrivé à faire le travail de doucissage et de polissage des glaces scellées sur une même table sans interruption, c'est-à-dire que lorsque la table est restée quelque temps sous la table à doucir et que cette opération est terminée, on transborde ladite table sous l'appareil à polir.

Pour arriver à rendre les tables transbordables , on a dû les pourvoir de roues montées sur essieux et rendre facile leur séparation d'avec l'arbre vertical sur lequel elles sont maintenues en suspension et qui les entraîne dans un mouvement de rotation pendant le travail du douci et du poli.

Pour dégager la table plate-forme de son arbre vertical, on a employé jusqu'ici des moyens mécaniques différents qui n'ont pas donné de résultats satisfaisants à cause de leur lenteur, du temps perdu et de la dégradation rapide des différents organes de ces mécanismes baignés constamment dans l'eau et le sable.

H. Haut a rendu beaucoup plus faciles ces déplacements de la plate-forme par l'application de la pression hydraulique. (Voir pi. XVIII bis et XVIII ter).

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La manœuvre à exécuter consiste dans la montée îles labiés pour les amener à la hauteur du point de travail et dégager les roues des rails qui les ont amenées, et aussi dans la descente des labiés qui viennent reposer leurs roues sur les rails qui les supportent.

Ces tables sont ensuite abandonnées par leur arbre vertical et dirigées sous l'appareil à polir.

Les avantages de l'application que vient de faire M. Haut sont d'après lui les suivants :

Ie En raison de la facilité et de la rapidité des manœuvres, on peut employer dans le travail des glaces. des tables plates-formes de 8 mètres de dia-

mètre et obtenir ainsi par appareil une production de plus du double de celle des autres appareils;

2" On supprime l'usure rapide et l'entretien continuel des mécanismes de relevage existants;

3° On réduira la main-d'œuvre, les manutentions étant remplacées par la manœuvre automatique et sans le secours d'aucun aide, autre que celui qui conduit l'appareil;

4° On arrive à faire les manœuvres de tables dans un délai de temps évalué au cinquième de celui employé aujourd'hui.

La figure 237 donne une idée du fonctionnement d'une plate-forme à doucir.

Hypothèse sur le poli au verre. — Pendant le polissage on observe, à certains moments du travail, une notable élévation de température qui résulte du frottement des polissoirs sur le verre.

On sait qu'entre le verre et les polissoirs (lesquels sont formés de bois ou de métal garnis de feutrés) on interpose de la potée (peroxyde de fer) en suspension dans l'eau.

Certains praticiens ajoutent même du sulfate de fer pour activer le polissage.

On a émis l'avis que le poli du verre est une sorte de vernis superficiel qui probablement est formé de silicate de fer. Ce composé doit prendre naissance par suite de l'action mécanique qui est exercée à la surface du verre ; cette action donne lieu à un dégagement de cbaleur qui facilite la formation du sel de fer et son adhérence à la surface du verre.

Ce qui semble donner raison à cette manière de voir, c'est que si accident tellement il tombe quelques gouttes d'eau sur un morceau de verre qui viend'ètre poli et principalement s'il est encore chaud , on voit aussitôt se produire une tache à cet endroit; le poli est altéré et il faut repolir pour faire disparaître la tache.

D'autre part, si on prend un certain nombre de morceaux de verre poli assez épais, c'est-à-dire ayant de 12 à 45 millimètres d'épaisseur et qu'on en superpose un assez grand nombre pour constituer une hauteur de 40 à 50 centimètres, on ne verra pas les caractères ou le dessin placé à la base, tandis qu'on apercevra parfaitement ce même dessin au travers d'un seul morceau de verre poli, ayant même hauteur. Vingt dalles superposées formant une hauteur de 40 centimètres correspondent, comme perceptibilité, à un morceau de verre de lin,20 de hauteur.

On pourra objecter que dans le cas de la superposition de morceaux de verre il se trouve entre chacun d'eux une couche d'air qui dévie les rayons lumineux. Cependant il est peu probable que l'on puisse attribuer à ces couches d'air une influence aussi considérable, et il est à supposer que l'effet que nous venons de signaler est plutôt dû aux couches de vernis qui viennent atténuer la transparence du verre et augmenter sa coloration.

D'autre part, on a constaté bien des fois et en différents endroits le fait suivant observé sur des glaces nouvellement polies, placées verticalement en piles les unes contre les autres.

Quelques-unes de ces glaces adhéraient parfois si énergiquement entre elles qu'aucune action mécanique n'était capable de détruire cette adhérence.

En séparant par fragments les deux surfaces en contact, on enlevait cette sorte de vernis, ce poli du verre.

Je ne m'étendrai pas davantage sur le travail et les appareils du poli, j'ai voulu signaler seulement les points saillants.

Je terminerai ce résumé par la description d'un appareil à sceller les glaces, qui est également originaire de l'Allemagne. Son côté remarquable est que, jamais, il ne laisse échapper une glace à sceller ; ses dimensions considérables

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permettent de sceller une glace de 15 mètres de superficie, mécaniquement; avec l'appareil ordinaire on ne peut arriver à de tels résultats.

Le but qu'on se propose, en faisant usage d'un appareil à sceller, est de disposer jointivement sur une table à polir une certaine quantité de glaces savonnées d'épaisseurs égales ou différentes, de façon à ce qu'elles présentent une seule et même surface parfaitement plane.

L'appareil ordinaire, usité en Belgique, se compose d'un châssis mobile dan* lequel sont assujetties deux ou trois glaces épaisses formant une surface unie.

Ce châssis à glace se meut au moyen de chaînes et de cabestans, comme un couvercle à charnière; il s'ouvre pour recevoir les glaces à sceller et se referme pour les déposer sur une table à polir.

Mais dans ce mouvement, les glaces s'échappent facilement, tombent â terre, se brisent et blessent parfois les ouvriers scel leurs.

C'est pour parer à ce danger, à ces casses, en même temps pour arriver au scellage mécanique des grandes glaces,, que l'appareil allemand a été conçu.

Il se compose d'une charpente de cinq mètres de hauteur, portant un arbre horizontal en fer; un cabestan imprime un mouvement de rotation à cet arbre qui, par l'enroulement de deux chaînes, fait monter ou descendre à volonté deux forts disques en fonte ; ceux-ci sont percés chacun de six trous dans lesquels on enfonce des broches attachées aux extrémités des tables à polir.

Dans cette position l'appareil permet d'élever ou d'abaisser ensemble une couple de tables à polir entre lesquelles se trouvent intercalées des glaces à sceller; au moment où ces deux tables sont élevées, on leur imprime un mouvement de rotation, en sorte que celle du dessous revient au-dessus; les glaces posées sur la première table se trouvent sur la seconde et s'y scellent au moyen d'une couche de plâtre versée d'avance; on redescend les deux tables, on enlève celle qui était primitivement en dessous et l'autre va au poli avec ses glaces scellées.

On conçoit que les glaces emprisonnées pendant le mouvement de rotation entre les deux tables ne peuvent plus s'échapper.

Sous le rapport de l'économie de casse cet appareil est excellent; les manœuvres seules étaient plus pénibles qu'avec l'appareil ordinaire ; aussi, pour parer à cet inconvénient, a-t-on appliqué la vapeur au cabestan, de sorte que tous les mouvements se font mécaniquement avec moins de peine qu'autrefois.

Construit dans de telles conditions, ce système permet de sceller plus de 4000 mètres par mois.

Par le travail mécanique (doucissage, savonnage, polissage) la glace perd au moins le tiers de son épaisseur, par conséquent le tiers de son poids. Une glacerie produisant 100000 mètres carrés de glaces annuellement, soit en verre brut, environ 300JOOOde kilogrammes de verre, perd 1 000000 de kilogrammes de verre, c'est-à-dire une énorme quantité de matières premières, de combustible, de main-d'œuvre, par suite de la nécessité d'obtenir une surface plane. En mettant en œuvre 1000000 de kilogrammes de verre perdu, qui s'ajoutent aux frais du travail de doucissage, savonnage, polissage, le prix de revient pourrait s'abaisser à un degré qui exercerait l'influence la plus salutaire sur la fabrication. Actuellement cette quantité énorme de verre, perdue par suite du;

mode de travail, est jetée avec les boues provenant du doucissage et le tout forme des amas encombrants qui nécessitent une nouvelle dépense pour les enlever des abords des glaceries. On voit donc tout l'intérêt qui s'attache à l'obtention immédiate d'une glace bien plane afin de diminuer le plus possible le travail d'user qui a de si grands et de six coûteux inconvénients.

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