Les équivaleats employés dans ces formules sont
Oxygène 8
Silicium , 14
Potasse 47
Soude 31
Chaux 28
Oxyde de plomb 111,5
Peligot, Le Verre. 2
Ces nombres représentent assez bien aussi la composition de plusieurs échantillons de verre de Bohême et de cristal. Mais les différences sont grandes pour d'autres verres de chacune de ces espèces ; quelques-uns ne contiendraient pas au delà de iO à 50 pour 100 de verre normal, le restant étant formé par du trisilicate de chaux ou de soude, ou bien par ces bases à l'état libre.
Je dois en outre faire observer que la formule proposée par M. Benrath est bien inusitée, le rapport de l'oxygène des bases à l'oxygène de l'acide étant de 1 à 6; ce rapport est de 1 à 3 dans les silicates naturels les moins basiques, notamment dans l'albite et dans l'orthose.
D'après l'auteur de ce travail, les verres réputés les meilleurs, sous le rapport de la fusibilité et de la résistance à l'action de l'eau et des acides, contiendraient de 85 à 98 de verre normal; ceux qui en renfermeraient le moins seraient, au contraire, les plus altérables.
On peut objecter que pour établir ces faits d'une manière générale, il n'est pas besoin de recourir à des formules atomiques; on sait que les verres les plus riches en alcalis et en chaux et dans lesquels la silice est, par suite, en moins grande quantité, sont ceux qui s'altèrent le plus; comme la qualité des verres réputés les meilleurs n'a pas encore été établie par des essais comparatifs, il est permis de douter qu'un verre qui présenterait exactement la composition exigée par les formules qui précèdent devrait être considéré comme l'idéal du genre, et comme
étant préférable à un autre qui s'en écarterait sensiblement.
On sait, de plus, qu*étant donnée une substance complexe comme le verre ou tout autre silicate, i est toujours facile, à Taide de facteurs suffisamment élevés, de représenter la composition de ce corps par une formule, en tenant compte surtout des écarts et du degré d'approximation que donnent les procédés d'analyse.
Ainsi, en ce qui concerne le verre qu'on fabrique actuellement à Saint-Gobain, la formule qui suit représenterait sa composition avec une approximation suffisante :
14SiO« 420
3CaO ........ 84
2NaO 62
Il ne semble pas d'ailleurs impossible qu'on puisse produire un verre d'une qualité supérieure au verre normal, plus dur, plus réfractaire, résistant mieux à l'action prolongée des acides bouillants, en suivant, par exemple, la voie qui a été tracée par M. Stas dans le but d'obtenir des pièces soufflées, telles que matras, cornues, etc., employées dans les laboratoires. Tous les chimistes savent par expérience que la verrerie à leur usage fabriquée en France ou en Belgique laisse beaucoup à désirer, tandis que celle qu'on fabrique en Bohême est excellente. Les verres de ce pays, très-riches en silice, sont fondus et travaillés à une très-haute température. M. Stas avait
Calcal.
Composition réelle.
besoin, pour les recherches sur les équivalents qui ont illustré son nom, de verre de très-bonne qualité; en tenant compte de ce fait, qu'un mélange de carbonate de potasse et de soude est plus fusible que chacun de ces sels pris isolément, il fit remplacer, dans le verre réfractaire dont il faisait la commande, une partie de la potasse par de la soude. On sait que le verre de Bohême est à base de chaux et de potasse.
En substituant à la moitié de ce dernier corps un poids équivalent de soude, M. Stas a obtenu un verre plus fusible que le verre de Bohême, quoique d'un travail difficile, fort peu hygrométrique, trèsdur, et sur lequel les acides concentrés n'exerçaient aucune action.
L'analyse de fragments de ballons, provenant de deux fontes différentes, lui a donné :
Silice .
Potasse Soude Chaux .
M. Stas n'a pas cherché, assurément, à faire un produit ayant une composition atomique; il a fait de la prose sans le savoir; mais les analyses qui précèdent s'accordent bien avec la formule suivante:
16 Si G»