‹ Le verre, son histoire, sa fabricationChapitre 35 sur 58 · VERRE EN COURONNE · texte numérisé non relu

VERRE EN COURONNE

Lorsque le four est plein, on le laisse refroidir lentement; au bout de deux à trois jours, le recuit est terminé et les plateaux sont portés au magasin.

Ces plateaux sont découpés en segments et équarris à l'aide du diamant. La partie centrale munie de son bourrelet fournit une pièce rectangulaire qui est refondue ou vendue à vil prix pour les vitrages les plus communs. Le déchet qu'entraîne le découpage des carreaux dans ces segments est nécessairement beaucoup plus considérable que celui que fournit le procédé des cylindres.

Autrefois les plateaux avaient au plus 0'",76 de diamètre; on ne pouvait guère en tirer un carreau de plus de 40 centimètres sur 30 centimètres présentant une épaisseur à peu près égale. Les perfectionnements introduits dans cette fabrication par les verriers anglais permettent d'obtenir couramment des plateaux d'un diamètre presque double. On voyait même à l'Exposition de Londres, en 1851, des plateaux de crown glass ayant jusqu'à l'",72 de diamètre.

Les détails que je viens de donner suffisent pour donner une idée sommaire de cette fabrication S qui n'a plus pour nous qu'un intérêt rétrospectif, malgré les avantages qu'elle présente au point de vue du brillant qu'elle conserve au verre. Faire des vitres joignant à l'éclat du verre en plateaux les dimensions et le bon marché du verre en cylindres

i . Elle est décrite d'une façon complète dans V Encyclopédie méthodique. Les dessins, fort bien exécutés, qui accompagnent cette description, se trouvent dans le Recueil de planches de l'Encyclopédie par ordre de matières, t. V.

est assurément l'un des problèmes les plus împoplants que l'art de la verrerie ait encore à résoudre.

Verre CAN^ELÉ. — Celte sorte de verre est soufllée dans un moule en laiton présentant h l'intérieur des cannelures profondes (fig. 39). L'ouvrier introduit dans le moule chauffé sa paraison ,

^MHFi^^ qui est elle-même

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une haute température; en soufflant fortement, il fait pénétrer son verre dans

Fig. 3 '.

toutes les cavités du moule; il allonge son verre en soufflant et en prenant soin de ne pas tourner sa canne sur elle-même. Les arêtes s'émoussent à mesure que le manchon s'allonge, en conservant toutefois une cannelure suffisante.

Cylindres de diverses formes. — Destinés à couvrir et à préserver de la poussière les pendules, les vases, les fleurs artificielles, etc., les cylindres se fabriquent aujourd'hui dans les usines qui font le verre k vitre. Autrefois on se servait de l'extrémité d'un manchon pour produire celle sorte de verre; ce manchon, posé sur le chevalet sans être ouvert au four, donnait un bonnet qu'on détachait avec soin et qui devenait le globe destiné aux usages qui viennent d'être indiqués. Pour couvrir les objets de forme oblongue ou rectangulaire, des fenilles de verre étaient assemblées au moyen d'un mastic sur lequel

VKRRE CANNELÉ. 187

on collait du papier doré : ces feuilles étaient parfois cintrées dans le four du bombeur de verre.

On améliora plus tard celte sorte de produits en soufflant des cylindres de grande dimension et d'une seule pièce. A cet effet, le manchon adhérent à la canne du soulBeuret fortement réchauffé à l'ouvreau du four était posé horizontalement sur un plateau en bois blanc et aplati par la pression qu'exerçait sur le verre mou une palette également en bois.

Bien que les noms de cylindres ronds, ovales, carrés, sous lesquels ces objets en verre sont désignés dans le commerce, ne soient pas corrects au point de vue de la géométrie, il n'est pas possible d'en employer d'autres. Pour les cylindres ronds, dont l'épaisseur doit être bien égale dans toutes les parties, le soufflage se fait comme celui des manchons ordinaires, mais avec un soin très-grand, pour que

la même largeur soit exactementmaintenue; en tournant la canne sur elle-même, dans sa position verticale et en réchauffant la pièce à l'ouvreau, l'ouvrier doit éviter l'extension du diamètre de la tête, comme celui du 3* cylindre représenté dans la figure ÛO.

Les cylindres ovales sont soufflés dans des moules d'une construction très-simple. Ces moules se composent de deux madriers épais de 10 à 12 centimètres, en bois de peuplier, qu'on écarte l'un de l'autre à une distance qui représente le petit diamètre de la pièce à souffler et qu'on place de champ; on les rend solidaires par des traverses en bois fixées avec des pointes dans le haut et dans le bas de cette sorte de caisse à jour (fig. 40). L'écartement ea est réglé par la dimension que doit avoir le cylindre et de manière à ce que le diamètre soit un peu plus grand dans la partie inférieure, dans le but de faciliter la sortie du cylindre pendant et après sa confection. C'est pour la même raison que le moule est évasé à sa partie supérieure. Les madriers sont conservés dans une citerne pleine d'eau d'où on ne les sort que pour le travail.

Pour les cylindres dits carrés le moule est composé de quatre madriers convenablement espacés.

Le moule étant placé au-dessous de la plate-forme sur laquelle manœuvre l'ouvrier, celui-ci souffle une boule, épaisse, en cueillant la quantité de verre voulue, ce qui exige de sa part un coup d'œil trèssûr. Il réchauffe sa pièce, la souffle et l'allonge en faisant le moulinet ; puis le verre, étant de nouveau fortement réchauffé dans l'ouvreau, est introduit dans le moule. L'ouvrier souffle fortement, de manière à ce que la paraison vienne buter contre les. parois du moule; il l'en retire à plusieurs reprises, jusqu'à ce que le verre résiste à l'action du souffle : s'il procédait autrement, les gaz fournis par l'eau et par l'in-

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