VERRE EN COURONNE
verre est pressé contre une pointe de fer de manière à présenter une forme convexe; puis il est appliqué dans la partie centrale sur le bouton qui fait saillie, auquel il adhère solidement. En toucbant le verre avec un corps froid près de son point de contact avec la canne, celle-ci s'en trouve séparée et y laisse une ouverture circulaire d'environ 5 centimètres de diamètre.
Le verre, fixé solidement sur son nouveau support, et bien ramolli au petit ouvreau dans sa partie ouverte, qui est plus épaisse, est placé sur le crochet devant un grand ouvreau ayant environ {",20 de diamètre; il y est introduit au milieu d'un immense cercle de flammes et chauffé jusqu'à ce
qu'il devienne suffisamment ductile pour le changement subit de forme qu'on va lui donner.
L'ouvrier tourne alors avec adresse lepontil dans sa main, d'abord doucement, ensuite avec une vitesse qu'il accélère à mesure que la matière cède à l'action de la force centrifuge : le diamètre de l'ouver-
lure annulaire augmente rapidement; elle prend pendant quelques instants la forme d'une cloche de jardin très-évasée; puis, par ce mouvement continu et toujours plus rapide de rotation, cette forme s'évanouit, et la pièce, s'ouvrant entièrement, se trouve transformée en un large disque ayan ordinairement i",50 de diamètre; son épaisseur est presque uniforme, à l'exception de celle du centre, auquel adhère le pontil; ce point présente une saillie ou bourrelet assez épais. La fig. 38 représente les principales phases de ce travail.
En tournant, comme il a été dit, le disque encore malléable dans la petite pièce annulaire qui lamine le verre autour du pointil en fer, les Anglais sont parvenus à diminuer sensiblement le déchet qu'entraînait l'existence de cette saillie.
La fabrication de ces plateaux est, quand on en est le témoin pour la première fois, l'un des spectacles les plus surprenants qu'on puisse Voir. La force dépensée pour les façonner, surtout à la 6n de l'opération, serait plus que suffisante pour briser le verre en mille fragments, si sa fragilité n'était pas neutralisée par la mollesse qu'il doit à la haute température à laquelle il est travaillé.
Le plateau, renversé sur une petite sole recouverte de cendres, est détaché de son pontil par le contact d'un corps froid; puis il est pris avec une longue fourche et enfourné verticalement dans le four à recuire. La température de ce four doit être réglée avec beaucoup de soin ; si elle est trop élevée, le plateau gauchit; si elle est trop basse, il se brise.