INTRODUCTION
Le travail du verre comprend plusieurs genres de fabrications qui approprient aux usages les plus variés les merveilleuses qualités de la même matière. Le verre à vitre, les glaces, les bouteilles, la gobele terie, les verres d'optique se font dans des établissements spéciaux, utilisant des procédés entièrement distincts les uns des autres.
Cette industrie présente ce caractère particulier, qu'elle semble être une sorte de monopole appartenant à quelques nations privilégiées. Sans remonter, dans les temps anciens, aux verreries de Sidon et d'Alexandrie, ni au moyen âge, à celles de Venise, aujourd'hui la France, la Belgique, l'Angleterre, l'Allemagne, couvrent de leurs produits tous les marchés du monde. Ce n'est certes pas dans la rareté ou dans l'abondance des matières premières qui
Peligot, Le Verre. 1
t LE VERRE.
composent le verre qu'il faut chercher la cause de la répartition inégale de sa production, ainsi que cela arrive pour l'industrie métallurgique dont les minerais sont la propriété plus ou moins exclusive de certaines contrées : le sable, l'argile, les alcalis, le combustible, se rencontrent partout, bien qu'à des degrés divers d'abondance et de qualité : c'est plutôt l'aptitude spéciale et presque toujours héréditaire des ouvriers qui maintient cette industrie dans les mêmes conditions, et qui l'empêche de rayonner, de s'étendre au loin, ainsi que cela arrive pour la plupart des autres fabrications. Cet état de choses tend, d'ailleurs, à se modifier.
Deux grandes nations, la Russie et les Etats-Unis d'Amérique, commencent à fabriquer une partie des verres qu'elles consomment : des verreries s'établissent en Italie, en Espagne, en Portugal. En outre, cette industrie, pour laquelle le prix du combustible a toujours été une question d'existence, après avoir pris naissance à l'ombre des exploitations forestières, abandonne peu à peu les localités où le bois était abondant et à bon marché pour se transporter à proximité du combustible minéral : aussi, lorsque ce déplacement sera accompli, les nations qu'on peut appeler houillères et qui sont déjà en possession de cette industrie seront en mesure de la conserver longtemps encore, ayant dès à présent pour elles la traidition et le combustible.