MON PAPILLON
A David Blair, Esq., M. P., Melbourne, Australie
l était tout pimpant, car il venait d'éclore, C'était au lever de l'aurore, Il courait, voltigeait, à longs traits il buvait L'été resplendissant qui s'épanouissait ; Il allait se poser sur une fleur superbe ; Et puis il s'abaissait jusqu'à caresser l'herbe ; Il était tout joyeux, Il était tout heureux, Ses yeux brillants étincelaient de flamme,
De ma serre il paraissait l'âme, De ma serre où l'action se passait, Et qu'en tous sens il parcourait.
Tout à coup je le vis pensif, autant que triste, Sus ! . . . s'arrêter à l'improviste.
Quel changement Grand Dieu ! mon papillon pen- Et dans sa pensée il avait [sait,
Un doute ! . . . un doute immense !
Le but et le pourquoi de sa frêle existence ? Il rêvait à l'éternité !
Il manquait d'air, manquant de liberté ! Clairvoyant ! son penser le devinai bien vite, Et de la serre, ouvris de suite Le vasistas.
Mon Papillon soudain reprimant ses hélas ! Immédiatement s'en fut vers la lumière, Il parut s'y plonger, et de façon altière, Vola, vola jusqu'au ciel bleu Pour ne se reposer enfin qu'au sein de Dieu !
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Qu'est-il mon Papillon ? . . . C'est l'image de l'âme, De toute éternité Aspirant à la liberté, Qui s'en va du Grand Tout se rejoindre à la flamme !
Castelnau Lodge, 15 Mars, 1874.
(Notcvelle Chronicle de Jersey, 25 Mars, 1874.)