Mon cœur est pareil au navire
En proie au caprice des mers, Roulant sur le flot qui chavire.
Roulant dans les goufî'res amers.
3, 5. 8. Près du lac aux eaux argentines, (^)
Je savais, au pied d'un bouleau.
Un charmant bouquet d'églantines Qui penchait ses grappes dans l'eau.
3. 6. 8. Je reviens du pays des roses. Du pays des refrains d'amour Où mes frères aux fleurs écloses Vont disant de si douces choses Tout le jour.
(') Ackermann trouve dur et saccadé ce vers de Victor Hugo L'air est pleiu d'un bruit de chnioes, parce qu'il a plus de trois accents.
(-) C'est le rythme de la chansonnette de Baïf :
Babillarde, qui toujours vienn Le sommeil et songe troubler, Qui me fais heureux et content, Babillarde aroode, tais-toi.
2. 4. 6, 8. Hélas ! comptez combien d'étoiles (V) La lune allume au fond des airs, Comptez les flots où vont les voiles Qu'on voit courir les vastes mers. (-)
ENNÉASYLLABE.
Le vers trimètre de neuf syllabes (3 fois 3) ne date pas plus d^hier que celui de douze syllabes (3 fois 4). Quoique M. de Gramont y voie une importation italienne qui ne doit pas remonter au delà de ce siècle, quoiqu'on l'attribue souvent à Hoffmann, pour avoir écrit les paroles de la célèbre romance du Secret :
Je te perds — fugitive — espérance ; L'infidèle — a rompu — tous nos nœuds,
la poésie lyrique du XVIP siècle en ofifre de nombreux spécimens p). M. Ténint le juge très susceptible d'harmonie et propre
(}) Même remarque :
Couchés dessus l'herbage vert, D'ombraj^e épais eucourtinés, Écoutons le ramage du rossignolet.
Plantons le mai, plantons le mai....
('^) Par une inadvertance analogue à celle que nous avons signalée dans l'hepta-
syllabe, Van Hasselt note à tort les Colliers de cœurs ^ ^ ■^ — ^ ^ ^ — au lieu de :