‹ Le vers français et les prosodies modernesChapitre 35 sur 63 · On est déesse au ciel des belles · texte numérisé non relu

On est déesse au ciel des belles

Mais c'est dommage, tu le sais... Etc.

Même notation fautive, avec trois syllabes atones qui se suivent

dans le dodécasyllabe trimètre :

2. 4. 6. 8. 10. 12. Le morne Atlas a ses grands pics voisins des nues,

Son noir granit... Etc.

(3) Les plaisirs — ont choisi — pour asile

Ce séjour — agréable — et tranquille.

Pour le peu — de bon temps — qui nous reste, Rien n'est si funeste....

Achevons — nos vieux ans — sans alarmes ; La vie a des charmes.

à se combiner admirablement avec les vers impairs de sept, de cinq et de trois < pieds » ; il se persuade môme que « certains opéras, celui de Don Juan, par exemple, sont faits uniquement en vers de cinq, sept et neuf < pieds » .

La division en 3 fois 3 lui paraît de rigueur; au point qu'il renonce en sa faveur à son système de césure mobile^ non pourtant sans prévoir une objection : « Pourquoi, dira-t-on, ne déplacezvous pas la césure de ce vers comme vous le faites pour les autres? Parce qu^alors on arrive à le couper en un hémistiche de quatre « pieds ï suivi d'un de cinq :

Oh! oui, pour toi — je saurai périr,

et qu'un hémistiche pair ne s'harmonise pas avec un hémistiche impair » .

M. Ténint ayant pris pour règle qu'on peut toujours mettre sur une seule ligne ce que l'on brise en deux, il aurait pu se souvenir que Malherbe avait fait un vers de neuf syllabes parfaitement équilibré au moyen de deux hémistiches l'un féminin, l'autre masculin :

C'est l'amour — qui retient — dans ses chaînes Mille oiseaux qu'en nos bois jour et nuit l'on entend ;

Si l'amour — ne causait — que des peines, Les oiseaux amoureux ne chanteraient pas tant.

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