Puisque l'aube luit, — écoute-moi, mon page
Qa'on s'élance dans l'air si pur!
Que ta main ce soir — m'ap2>orte quelque page De ce livre aux feuillets d'azur.
(') Autre exemple :
Je veux bien, dit-il, que le diable m'emporte.
BÉRANGKR.
C'est le rythme du vers cité plus haut :
2. 5. 7. 9. 11. Les sylphes légers s'en vont dans la nuit hrune... (*).
Enfin, le premier hémistiche peut non seulement se diviser en 3 et 5 ou 2 et 5, mais revêtir aussi la forme trochaïque J. 3. 5, de manière à constituer un vers à six accents :
1. 3. 5. 7. 9. 11. Las! il n^a nul mal — qui n'a le mal d'amour... Belle dont les yeux — m'ont doucement tué....
Contrairement à Fopinion de M. de Gramont, M. Ténint trouve « bien plus mélodieux de mettre l'hémistiche de six « pieds > d'abord, puis celui de cinq > ; il en cite comme preuve cc quatrain tout-à-fait barbare où les accents des hendécasyllabes correspondants ne concordent en aucune façon :
Chantons, chantons dans l'ombre 3. 6. 8. 11. Sous le sau\e en -passant, — chansons de ces airs Que sur leur bateau sombre 1. 4. 6. 9. 11. Chantent les gondoliers — à Véclio des mers.
Que l'on compare à ces lignes amorphes la manière judicieuse dont les métriciens employaient la première des notations ci-dessus :
Tout soudain que je vis, Belonne, vos yeux Ains vos rais imitans cet astre des deux. Votre port grave et doux, ce gracieux ris, Tout 8oudain je me vis, Belonne, surpris ; Tout soudain, je quitta* ma franche rai\son Et peu caut je la mis en t;otre prison.
Pasquier.
Van Hasselt traite avec une égale correction tantôt le même rj^hme :