‹ Le vers français et les prosodies modernesChapitre 63 sur 63 · Hier mon cœur était encore · texte numérisé non relu

Hier mon cœur était encore

Comme un vrai jardin d'amour.

Doux printemps ! charmante aurore !

C'était fête chaque jour,

et de ceux de la mélodie finnoise : Les serments rendus :

3.5.7. Laisse-moi ce doux mensonge, 3.5. Laisse-moi mon rêve.

Je veux vivre dans ce songe

Que mon cœur achève.

Dans plusieurs autres morceaux, le pied pyrrhique se trouve ainsi substitué à l'ïambe pour former un pied qu'on prétend quaternaire en remplacement de deux pieds binaires ; superfétation

injustifiable surtout dans le vers lyrique^ la musique ne connaissant que des mesures à deux et à trois temps.

La théorie de M. Jules Guilliaume regarde les péona ou, ce qui revient au même, les pieds pyrrhïambiques comme aussi arythmiques que les spondées, en ce qu'ils font perdre à l'auditeur le sentiment de la mesure à xîause du trop grand éloignement des accents.

D'un autre côté, Van Hasselt, sauf une seule exception (Aciéon à Diane) consistant en une imitation des hexamètres antiques sans exclusion du spondée, s'arrête devant la borne traditionnelle des douze syllabes de l'alexandrin.

La logique de la théorie conduit, au contraire, M. Jules Guilliaume à concevoir des vers de cinq ou de six pieds anapestiques qui correspondent aux pentapodies et hexapodies ïambiques, et qui embrassent par conséquent quinze ou dix-huit syllabes, sans préjudice des coupes mixtes de treize, quatorze, seize et dixsept syllabes. C'est là, semble-t-il, une ressource précieuse pour les poètes de l'avenir et capable de satisfaire l'ambition des verslihristes les plus déterminés, en remplaçant leurs alinéas amorphes par de grands vers réellement rythmiques.

J'ai l'honneur de proposer à la classe l'insertion dans le Bulletin du remarquable travail de M. Jules Guilliaume. »

Rapport de M. J. Steeher, deuxième commissaire.

< Je suis heureux d'acquiescer à la conclusion si bien justifiée du premier commissaire et je propose également l'insertion au Bulletin du travail de M. Guilliaume. >

Rapport de M. Wilmotte, troisième commissaire.

< Je suis d'accord avec mes savants confrères pour voter l'impression du travail de M. Guilliaume, >

Ces conclusions ont été adoptées par la Classe. »

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