LES VERS EN TETRADES ET EN EXADES
Les vers en tétrades et en exades ne nous arrêteront pas longtemps parce qu'en somme ce ne sont que des vers en diades, dont les éléments remplissent certaines conditions de groupement et de correspondance. On pourrait appeler vers en tétrades tous les vers en diades du tipe 1-2, 3-4, 5-6, puisque les diades s'i correspondent deux à deux et forment des tétrades par cette correspondance :
Lestièies voluptés des nuits mélancoliques
(Musset).
Mais nous avons appelé vers en triades et en diades ceux dans lesquels les triades et les diales se correspondent entre elles; pour garder ici le même principe de dénomination, nous ne pourrons appeler vers en tétrades que ceux dans lesquels les trois tétrades se correspondent. Ils sont rares et cette manière de les diviser n'offre aucun intérêt particulier:
Nos nuits, nos belles nuits ! nos belles insomnies !
(ID.)
Il i a même cet inconvénient grave que la deuxième tétrade est à cheval dans les vers du mode classique sur la coupe de Témistiche, d'où discordance entre le ritme et Tarmonie. En somme ce mode de division ne convient bien qu'au vers romantique du tipe 4, 4, 4 :
J'ai vu le jour, j'ai vu la foi, j'ai vu l'honneur é û è u é û a a é û à è
(Hugo).
VERS EN EXADES 349
Où rien ne tremble, où rien ne pleure, où rien ne souffre u e"^ é 0^ u e° é è u e° e u
(ID.)
On peut appeler vers en exades tous ceux dans lesquels les deux éraistiches se correspondent soit par reproduction soit par opposition , soit en ordre direct soit en ordre inverse :
Quelque croix de bois noir sur un tombeau sans nom
(Musset).
Et rapporter son cœur aux yeux qui Pavaient pris é a 0 é u^ è 6 ô i a è i
(ID.)
Peignant sur son col blanc sa chevelure brune è 0"^ û u^ 0 0"" a é é û é û
(ID.)
Ni l'oiseau revenir, ni la feuille renaître
(Hugo).
Cette fleur avait mis dix-huit ans à s'ouvrir
(Musset).
Ce qu'ici-bas j'écris, là-haut Dieu le copie
(Hugo).
Mais il est rare que cette division semble en quelque sorte s'imposer et devoir être préférée à toute autre comme dans le second de ces deux vers de Musset (Lucie) :
Et toi, charme inconnu dont rien ne se défend, Qui fis hésiter Faust au seuil de Marguerite.