DÉGASILLABES DE LA FONTAINE
Maint chef périt, maint héros expira;
Et sur son roc Prométhée espéra
De voir bientôt une fin à sa peine.
C'étoit plaisir d'observer leurs efforts ; é è é 0
n^ HT"
C'étoit pitié de voir tomber les morts. é è i é è è n* é é o
(La Fontaine, Vil, 8).
Rappelons que la sillabe o«' se prononçait wè à l'époque de La Fontaine ; cela nous dispensera de tout commentaire sur notre notation.
Ajoutons ici trois exemples modernes, deux de Hugo et un de Musset (coupé à 5). On remarquera combien sont inférieurs aux autres en armonie les vers qui commencent par deux triades et par conséquent ne tiennent pas com Ue de la coupe :
Que de printemps passés avec leurs fleurs ! é é 6'" o"^ né ne ê è
37 8 LE VERS FKANÇAIS
Que de feux morts, et que de tombes closes! é é ô à é é é u^ é 6
Se souvient-on qu'il fut jadis des cœurs? é u e^ u^ i û a i é é
Se souvient-on qu'il fut jadis des roses?
lu ai e 0
Elle m'aimait. Je l'aimais. Nous étions è ê è è ê è eu é u^
^~^^Y" ' ""^i ~^^\ ^nf^^ (mauvais)
Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons.
ou 0^0^ 0 a e^ III I ^— 1
{Contemplations),
Jeunes amours, si vite épanouies,
au II e a u i
Vous êtes Taube et le matin du cœur.
{mauvais)
DÉGASILLABES DE MUSSET 379
Charmez Tenfant, extases inouïes !
Et, quand le soir vient avec la douleur, é 0^ è a e° a è a u è
[mauvais)
Charmez encor nos âmes éblouies, a è 0^0 6 a ce u i
Jeunes amours si vite évanouies !
Contemplations).
J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur ;
N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse ?
— j — — j — I I j^ I I [mauvais)
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, é é a û a é o° e 6^ è
C'est perdre en désirs le temps du bonheur ? è è o"^ é i è 0^ û à é
Il m'a répondu : Ce n'est point assez, ta é u^ û è è e^ a é
Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ;
-"^j ~^i ! I ~^] I I [mauvais)
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse Nous rend doux et chers les plaisirs passés ! u 0^ u
(Musset, Chanson).
L'armonie du vers de 8 sillabes est forcément divisée en quatre diades. En voici quelques jolis exemples :
Tircis qui pour la seule Annette i i i u a è a è
Faisoit résonner les accord's è é