I II
Qui tournerait la tête au roi ?
Avez-vous vu dans Barcelone a é u û 0^ a é à
x ir ' ^ ^
Une Andalouse au sein bruni ?
û 0" au de" il i
(1d., ihid.)
Pâle comme un beau soir d'automne
C'est ma maîtresse, ma lionne !
La marquesa d'Amaëgui.
(Musset, L' andalouse).
Dans les deux derniers exeniples cités le dernier vers n'a pas d'armonie propre. Le fait est très fréquent dans tous les vers de moins de 12 sillabes quand ils sont groupés en strofes, comme c'est ici le cas ; ils ne constituent plus alors des unités. Mais on remarquera bien vite que ces strofes sont d'autant plus agréables qu'elles contiennent un plus grand nombre de vers ajant leur armonie propre.
Le principal charme des strofes en petits vers vient de la variété du ritme, de la rime et des voyelles. C'est pourquoi la suivante est très défectueuse :
Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare Met devant son miroir Le masque noir
(Musset, Venise);
toutes les rimes sont en -ar ; il en résulte une monotonie désagréable.
Pour les vers de moins de 8 sillabes, ils ne vont que par strofes ou par séries; la rime leur suffit. Différentes combinaisons sont possibles, aucune nécessaire, pour l'armonie vocalique. Très agréables sont celles qui recouvrent le ritme. Il peut i avoir correspondance d'un versa l'autre ; ils forment alors des unités par groupes; le fait est d'ailleurs rare : c'est une réussite. Nous réunissons par des traits les correspondances qui n'ont pas lieu dans le même vers :
Tout ce qui prend naissance i Est périssable aussi ; L'indomptable puissance
(JoACHiM DU Bellay)
EXASILLABES ET EPTASILLABES
Assez dormir, ma belle.
Ta cavale isabeile Hennit 3ous tes balcons.
Vois tes piqueurs alertes, Et sur leurs manches vertes Les |)ieds noirs des faucons.
(MussRT, Le lever).
Les vers qui ont un nombre impair de sillabes sont pour la plupart des inventions peueureuses. U est facile de comprendre pourquoi. Nous sommes abitués à compter le nombre des sillabeset comme nous ne les comptons pas Tune après l'autre, mais par groupes, il est bon que le nombre total des sillabes du vers soit un multiple de celui des groupes. « Pour qu'un vers ait sa pleine cadence, il faut, si possible, que les divers membres composants aient, pour le nombre de sjllabes, des diviseurs communs » (Clair Tisseur, Modestes observalionSy p. 91). Le vers de 11 sillabes est boiteux de quelque façon qu'on le construise. Le vers de 9 ne cesse de l'être que s'il est coupé à 3, 3, 3 ; mais il est alors d'une désespérante monotonie.
Ces vers sont pou usités. Seul le vers de 7 a eu un grand succès. C'est un petit vers léger et sautillant, un peu moins rapide que celui de 8, mais sautillant à cause de sa boîterie. En tant que petit vers il n'a pas d'armonie propre. Pourtant les eptasillabes deviennent particulièrement armonieux lorsque, le sens les groupant par deux (c'est-à-dire en faisant en quelque sorte des unités de 14 sillabes) , ils se correspondent de deux en deux comme dans l'exemple suivant :
LE VEHS FRANÇAIS
Honte à loi qui la première u^ a a i a é è
M'as appris la trahison, a a i a a i u""
Et d'horreur et de colère é à è é è à è
M'as fait perdre la raison !
Honte à toi, femme à l'œil sombre,
Dont les funestes amours W"
Ont enseveli dans l'ombre
Mon printemps et mes beaux jours !
yn Qîi 0^ é é 6 u
C'est ta voix, c'est ton sourire, è a a è u"" u i ' ' I I
C'est ton regard corrupteur, è u^ é a ô û é
Qui m'ont appris à maudire i M" a ta 6 i
Jusqu'au semblant du bonheur.
(Musset, Nuit iVoctobre).