‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son armonieChapitre 24 sur 135 · LES ÏAMBES · texte numérisé non relu

LES ÏAMBES

Car il parle, on l'entend, il sait danser, baller,

Faire des tours de toute sorte, Passer en des cerceaux ; et le tout pour six blancs

Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur,

De mépris d'eux et de leurs temples, D'avarice qui va jusques à la fureur

Cérès, commença-t-il, faisoit voyage un jour

Avec l'anguille et l'hirondelle :

Un fleuve les arrête ; et l'anguille en nageant,

Comme l'hirondelle en volant, Le traversa bientôt. L'assemblée à l'instant

Un d'eux, le plus hardi, mais non pas le plus sage, Promit d'en rendre tant, pourvu que Jupiter

Le laissât disposer de Tair,

Lui donnât saison à sa guise.

Qu'il ait du chaud, du froid, du beau temps, de la bise,

Enfin du sec et du mouillé.

Aussitôt qu'il auroit baillé

C'est moi qui suis Sosie enfin, de certitude,

Fils de Dave, honnête berger; Frère d'Arpage, mort en pays étianger ;

Mari de Cléanthis la prude

Dont l'humeur me fait enrager ; Qui dans Thèbe ai reçu mille coups d'étrivière,

Sans en avoir jamais dit rien ; Et jadis, en public, fus marqué par derrière,

Pour être trop homme de bien

(Molière, Amphitryon).

Mercure voulant persuadera Sosie que c'est lui qui est Sosie met en relief chacun des faits qu'il signale, c'est-à-dire chacun de ses arguments en changeant de mètre chaque fois ; l'antépénultième est bien un fait de plus et fort important, puisqu'il n'i a que Sosie qui peut le connaître.

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