ÉVÉNEMENTS SUCCESSIFS
4° Une série d'événements qui se suivent rapidement, qui peuvent dépendre Fun de l'autre ou sont dans une certaine mesure parallèles :
Je le VIS, je rougis, je pâlis à sa vue
(Racine, Phèdre).
Mais ce lion...
Trouva moyen et 7/mnière et tna.iïève
Z>'ongles et dents de rompre la ?'atière
(Marot, Le lion et le rat).
Se caôre brusquement, se retourne, regarde,
è a é û éo° é eu è éa
Et rejoint d'un seul bond...
(Heredia, Fuite de Centaures).
La succession des mouvements brusques et saccadés est marquée par le vocalisme dont chaque ondulation commence de même ; ce mouvement se perd au vers suivant. — Ajouter les deux br et les re.
Après avoir trotté, brouté, fait ^ous ses ^ours é é ou ou
(La Fontaine).
Elle qui n'étoit pas grosse en tout comme un œuf Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille
(ID., 1,3)
Efforts successifs marqués par l'allitération des sifflantes et la coupure sintaxique du sens après chaque accent tonique et ritmique.
Mettent le nez à Tair, mon^ren^ un peu la ^ê^e è é è è
Puis rentrent dans leurs nids à rats
a a Puis ressortant font quatre pas, a a
PuiSf enfin se mettent en quê^e è è è
(Id., m, 18).
5° L'insistance. Nous avons vu le poète insister sur un mot, c'est-à-dire sur l'idée exprimée par ce mot, en le répétant. Une autre manière de le mettre en relief consiste à répéter au lieu du mot ses fonèmes essentiels et caractéristiques :
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse, Et se remît à {m'r sinistre dans l'espace
(Hugo, La conscience);
renforcement du mot « sinistre » par les répétitions d's et dV.
Tu frémiras d'ho?Teur si je romps le silence
(Racine, Phèdre); 2 '^ i
renforcement du mot « horreur ».
Que vois-je ? quelle horreur dans ces lieux répandue Faiii /uir devant mes yeux ma /amille éperdue ?
(Id., ibid.);^^' ' i renforcement du mot « fuir ».
Quatre méchants portraits pendus, représentant Des /aces qui /eraient /"uir en en/er Satan
(Musset, Don Paez);
même renforcement un peu trop accentué, exagéré.
Ses froids embrasseraents ont glacé ma tendresse
(Racine);
renforcement de l's du mot «glacé » qui aboutit à suggérer l'idée du frisson. Metne observation pour les deux vers suivants :
Jusqu'au fond de nos cœurs notre sang s'est glacé
(Id.).