MOUVEMENTS REPETES
répétition de m correspondant à la répétition de Faction indiquée ; cf. en outre p. 253, 1. 1 sqq.
Les bonds capricieux de ce bouc indocile boW" c p d bou c d
(Herhdia, Le chevrier);
ces occlusives saccadent le vers conformément à l'idée exprimée.
L'esprit de minuit passe, et, répandant Tefîroi, Douze fois | se balance | au battant | du beffroi a an a an
(Hugo, La ronde du sabbat).
Ses jeux, qui vainement vouloient vous éviter, ' Déjà pleins de langueur, ne pouvoient vous quitter
(Racine, Phèdre);
cette répétition de v peint les efforts successifs.
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer, Que balance le vent pendant les nuits d'hiver
(Baudelaire, Les métamorphoses du Vampire);
indication d'un mouvement répété ; mais la nature spéciale du mouvement n'est pas précisée.
/a nuit sur /a pe/ouse
Ba/ance le zéphyr dans son voi/e odorant
(Musset, Nuit de mai);
l'effet du balancement répété est produit par l'alternance des groupes Is^lz, régulière de a pe/ouze» à a zéphyr »; les mêmes fonèmes apparaissent avant et après ces mots, mais en ordre irrégulier parce que avant, le mouvement ne fait que s'annoncer, et qu'après il cesse au moment où l'on va passer à une autre idée.
S'éta/e un tapis vert sur /eque/ se ba/ance Un grand /ustre blafard au bout d'un oripeau
(1d., Une bonne fortune); observation analogue.
La lune, à son lever, sur la cime des arbres // si sis z
Balançait mollement les ombres des saints marbres l s l l z s
(Id,, Suzon);
effet analogue obtenu par des moyens analogues.
Tout est joie et chanson ; la roulette commence : Ils lui donnent le branle, ils'la mettent en danse, Et ratissant gaîment l'or qui scintille aux yeux, Ils jardinent ainsi sur un rythme joyeux
(Id., Une bonne fortune).
Les mouvements sont peints par l'assonance des sillabe«i toniques qui terminent les émistiches ou les mesures.
Un bal est à deux pas ; à travers la fentHre,
On le voit çà et là bondir et disparaître.
Comme un chevreau lasce'f ^'t^'une abeille poursuit
(Id., ibid.) ;
le premier émistiche est prosaïque, mais semble annoncer le mouvement par son a terminant chaque diade ; dans le deuxième émistiche, assonance des deux triades qui débutent d'ailleurs toutes deux par un a atone ; dans le premier émistiche du deuxième vers, assonance des deux triades; dans le deuxième émistiche, effet saccadé des occlusives etrépétition de la sillabe di; le troisième vers est une comparaison qui semble étendre le mouvement, l'unité devenant au point de vue de ces correspondances, non plus la mesure, mais l'émistiche : les deux émistiches assènent si sui^ et débutent par la même occlusive c. Tout cela pour peindre le mouvement régulièrement irrégulier de la danse.
3° Deux actions parallèles dont la seconde suit régulièrement la première et peut en être la conséquence :
Ou des fleurs au printemps, I ou du fruit en automne ou d fl t \ ou d fr t
(La. Fontaine, X, 2).