‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son armonieChapitre 66 sur 135 · PEINTURES GRACIEUSES · texte numérisé non relu

PEINTURES GRACIEUSES

Surgir en Taurorale et candide clarté'

De l'heure où l'aube naît dans la nuit qui s'achève

(H. DE Régnier).

A vous, troupe légère, Qui d'aile passagère Par le monde vole;:, ^/ d'un sifflant mwrmwre L^ombragewse verdwre Doucement ébranlez, J'off*re ces violettes.

Ces lis et ces fleurettes, Et ces roses ici, Ces vermeillettes roses, Tout fraîchement ecloses, Et ces œillets aussi.

De votre douce haleine £'ventez cette plaine, éventez ce séjour.

Cependant que j'ahanne A mon blé que je vanne A la chaleur du jour (J. DU Bellay, D'un vanneur de blé aux vents);

à la fin ridée change et la note aussi.

Hier j'étais à table avec ma chère ^elle, Ses deux pierfs sur les miens^ assis en face d'elle, Dans sa petite chambre, aiwsi que dans leur m'd Deux ramiers bimheurei/a: que le bon Diew be'niV. C'était un brMiV charmant de verres, de fourchettes, Comme des becs d'oiseaux picotant les assiettes, De sonores baise?-s et de propos joyeux. L'enfant, pour être à Taise et régaler mes yeux. Avait ouvert sa robe, et sous la toile fine On voyait les trésors de sa blanche poitrine ; Comme les seins d'/sis aux contours ronds et pwrs, Ses beaux seins se dressaient, e'tincelants et dwrs, Et, comme swr des fleurs des abeilles posées, Swr leurs pointes tremblaiew^ des lumières rosées

(Th. Gautier, Le premier rayon de mai).

220 LE VEHS FRANÇAIS

Nous signalerons dans cet ordre d'idées trois pièces de Leconte de Lisle qui sont tout entières en rimes claires : Kléarista dans les Poèmes antiques^ et les deux Chansons écossaises intitulées Annie et La fille aux cheveux de lin. Enfin voici quelques exemples défectueux ;

Voilà six mille ans que les roses Conseillent, en se prodiguant, L'amour aux cœurs les plus moroses.

Avril est un vieil intrigant

(Hugo, Chansons des rues et des bois);

ces voyelles éclatantes et sombres détonent dans cette idille.

Celui qui, respirant son haleine adorée, Sentirait ses cheveux, soulevés par les vents, Caresser en passant sa paupière effleurée, Ou rouler sur son front leurs anneaux ondoyants

(Lamartine, Nouvelles Méditations, Ischia);

« ce dernier vers compact et à gros fracas, exprime tout plutôt que la chose qu'il veut exprimer » (E. Faguet, XIX® sièc'e, Lamartine).

Page 1