‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son armonieChapitre 65 sur 135 · IDEES RIANTES SI · texte numérisé non relu

IDEES RIANTES SI

aérien auquel aboutit cette strophe nous laisse en présence d'une vision lumineuse au plus haut des espaces » (G-uyau, L'Art au point de vue sociologique, p. 318).

Riez, chantez, cueillez des grappes dans les treilles Pour les pendre, ô Lyde, derrière vos oreilles

(Hugo, Année terrible).

Ce matm, quand le jour a frappe ta paupière, Quel séraphin pensif, courbe sur ton cheveu, Secouai"/ des hlas dans sa robe légère, Et te conta// tout bas les amours qu'il rêvait?

(Musset, Nuit de mai).

Cette nuit y ai dormi, mais sans fièvre;

Ton nom, si j'ai parle, seul entrouvrai/ ma lèvre. Quel doux sommeil ! vraiment, non, je n'ai pas souffert. Quand le soleil levant m'a re'veillee, Otbert, Otbert ! il m'a semble que je me sentais naître, Les passereaux joyeux chantaien/ sous ma fenêtre, Lesfleurss'ouvraien/, laissant leurs parfums fwir auxciewa;. Moi, j'avais l'âme en joie, et je cherchais des yeux Tout ce qui m'envoyait une haleine sipwre, Et tout ce qui chantai/ dans l'immense natwre

(Hugo, Bur graves).

Vous partis, j'ai perdu le soleil, la gaite'. Le hvuit joyeux qui fait qu'on rêve, le délire De voir le tout peti/ s'aider du doigt pour lire. Les fronts pleins de candeur qui disent toujours oui, L'éclat de rire franc, sincère, épanoui. Qui me/ subitement des perles sur les lèvres, Les beaux grands yeux naifs admirant mon vieux Sèvres

( Id . , Voix intérieures) .

Eve laissait err^r ses yEUn sur la nat6^re Et sous les v£'rts palmi£'rs à la haute stat^^re, Autour d'^ve, au-dessf/s de sa t^te, l'œillet Semblait song^'r, le bleu \oiUs se recueillA/t, Le frA/s myosot/s se souvenA7t; les roses

Cherchaient ses ^lEds avec leurs livres demi-closes. Un souffle fraternel sortA/t dul?/s verm£'/l, Comme si ce doux ^tre eût éiÉ leur par^É'/l, Comme s/ de ces fleurs ayant toutes wne âme, La plws bEUe s'etAytepanou/e en femme

(Hugo, Le Sacre de la femme).

Vair sonore était îvah et plem d'odeurs divznes.

Les bengalis au bec de pourpre, aux ailes fines,

Et les verts colibris et les perroque/s blews,

Et l'oiseau diamant, flèche au vol merveillcMo;,

Dans les buissons dores, sur les figu?ers superbes,

Passaîe??^, siffla2*en^ chantaient Au sein des grandes Aerbes

Un murmwre joyeux s'exhalait des halliers ;

Autour du miel des fleurs, les essaims familiers,

Délaissant les vieux troncs aux rwches pacife'ques,

S'empressaien/; et partout, sous les ciewo; magnifiques,

Avec l'arôme vif et pénétrant des bois,

Montait un chant immense et paisible à la fois.

Sur son cœur enivré pressant sa bien-aime'e,

Réchauff'ant de baisers sa lèvre parfumée,

Çunacépa sentait, en un rêve enchanté,

Déborder le torrent de sa félicité !

Et Ganta l'enchaînais d'une invincible étreinte !

Et rien n'interrompai/, durant cette heure sainte

Où le temps n'a plus d'aile, où la vie est un jour.

Le silence divin et les pleurs de l'amour

(Leconte de Lisle, Çunacépa).

Les moissons mûrissaient, les granges étaient pleines. Et les riches cités, orgueil de nos aïeux, Florissaient dans la i^aix sous la beauté des deux ; Et nous coulions, heureux^ nos jours et nos années, Et nos âmes vers Dieu montaient illuminées

(1d., La mort du moine).

Je \is de ma fenêtre ouverte sur le Rêve, Au cadre fabulent d'un vieux site écarté Un verger merveillew;r de rosée et de sève

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