TON SENTENCIEUX
Tout d'abord les sentences générales, les réflexions morales, les préceptes ou les maximes :
L'absence est le plus grand des maux
(La Fontaine, IX, 2).
Que le bon soit toujours camarade du henu
Si tu veux qu'on t'épargne, épargne aussi les autres
La raison du plus fort est toujours la meilleure
Nous ne trouvons que trop de mangeurs ici-bas : Ceux-ci sont courtisans, ceux-là sont magistrats
(1d., XII, 13).
Patimce et longueur de temps Font plus que force ni que rage
(Id.,II, II).
Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements dà couv vous rendront blanc ou noir
(Id.,VII, 1).
Ne noas associons qu'avecque nos égaux
(lD.,V,2).
Chacun se trompe ici-bas.
On voit courir après l'ombre Tant de fous qu'on n'en sait pas, La plupart du temps, le nombre
(lD.,VI, 17),
Soyons bien buvants, bien mangeants, Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans
(1d., VI, 19).
L'avare rarement finit ses jours sans pleurs
(Id., IX, 16).
Mal prend aux volereaux de faire les volewrs
(lD„ II, 16),
être bon aux méchants,
C'est être &ot
Rien ne nous rend si grands qu'une grande doukwr
(Musset, Nuit de mai).
II faut, bien entendu, mettre à part les préceptes qui sont dits d'un ton badin, comme le contexte l'indique en général ; dans ceux-ci les voyelles claires dominent :
Rien ne sert de courir, il faut partir à point
(La Fontaine, VI, 10).
Deux sûretés valent mieux qu'une Et le trop en cela ne fut jamais perdu
Dieu prodigue ses biens
A ceux qui font vœu d'être siens
Après les sentences générales nous pouvons prendre en bloc les autres catégories d'idées graves; une division compliquée serait sans profit et risquerait d'égarer l'attention. Voici d'abord un exemple où l'idée riante en voyelles claires (deuxième vers, seconde moitié du quatrième, cinquième) s'oppose à l'idée grave en voyelles graves (premier et troisième vers, première moitié du quatrième) :
Aux champs, la nuit est vénérable Le jour rit d'un rire enfantin ; Le soir berce l'orme et l'érable, Le soir est beau ; mais le matin, Le matin, c'est la grande fête
(Hugo, Chansons des rues et des bois).
Dans les exemples suivants l'idée grave ne s'oppose pas à une idée gaie :