‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son harmonieChapitre 37 sur 115 · V. Hugo, Châtiments, La reculade · texte numérisé non relu

V. Hugo, Châtiments, La reculade

Ce qui fait la vigueur, rimpression puissante de l'iambe, n'est pas ce fait qu'il y a continuellement chang-ement de mètre,' mais que les deux mètres qui alternent sont d une part le plus lent et d'autre part le plus rapide de la versification française. Si les vers qui alternent sont d'autres vers, par exemple le vers de 10 etcelui de 8, le contraste est beaucoup moins grand. Tous les éléments sont bien encore mis en relief, mais la vig-ueur a disparu. Voici un exemple emprunté à la Nuit de décembre qui fera bien sentir dans quelle mesure l'impression est moins puissante :

Qui donc es-tu ? — Tu n'es pas mon bon ange ;

Jamais tu ne viens m'avertir.

Tu vois mes maux (c'est une chose étrange !)

Et tu me regardes souffrir.

Depuis vingt ans tu marches dans ma voie.

Et je ne saurais l'appeler...

et plus loin :

Partez ! Partez ! la Nature immortelle,

N'a pas tout voulu vous donner.

.4h ! pauvre enfant, qui voulez être belle.

Et ne savez pas pardonner !

Allez, allez, suivez la destinée ;

Qui vous perd n'a pas tout perdu

Enfin, pour compléter ces renseignements qui caractérisent les iambes, nous ajouterons que l'on peut avoir exactement le même mouvement rythmique et les mêmes rapports de vitesse si l'on fait alterner le vers de six syllabes avec le vers de

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