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et antagonistes résultant du trouble profond apporté à la fonction du tonus musculaire : c’est une anisosthénie dysmétrique. Les signes propres en ont été décrits d’une façon complète au cours de ces dernières années par Portmann, Babinski, André Thomas et Barany; ils se résument en quelques mots : asynergie, hypermétrie, adiadococinéste, hypotonie, démarche ébrieuse, etc. De plus, le trouble de l'équilibre chez le cérébelleux garde plutôt un caractère objectif et rien n’est moins prouvé qu’il provoque dans la conscience, en dehors des réactions de défense propres à en atténuer les effets, cette sensation si nette et si inquiétante de déplacement dans un sens déterminé qui est le propre du vertige.
Tout néoplasme inlra-crâänien peut d’ailleurs être responsable d’un état vertigineux habituel, soit en génant la cireulation artérielle, soit déterminant une gêne veineuse avec compression passive, soit en comprimant certains nerfs sensitifs, le chiasma ou les nerfs acoustiques, soit enfin en provoquant une hypertension endocränienne qui exalte les fonctions labyrinthiques, grâce à la situation spéciale du sac endolymphatique dans la loge postérieure du crâne et sa communication avec le vestibule par le canal endolymphatique (Portmann).
Mais ce groupe de vertiges s'associe avec tant d’autres signes si graves, si spéciaux, Comme la céphalée, les paralysies, les troubles papillaires, etc., qu’il retient facilement notre attention et l’oblige à ne pas s’égarer sur une autre piste.
2) Vertiges infectieux et toxiques. — Le diagnostic sera facile pour les vertiges des infections de toute nature, qu'ils résultent de la toxémie, des troubles de la circulation, ou même d’une complication auriculaire, comme dans la grippe, les oreillons ou la fièvre thyphoïde, parce qu'ils font partie d’un cortège fébrile qui leur donne une marque originale et ainsi nous les éliminons de notre champ.
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Il n’en est pas de même de vertiges toxiques, parce que la plupart des toxines agissent sur l'appareil circulatoire comme l’alcool, le tabac, le plomb, etc. Ces vertiges rentrent donc au point de vue pathogénique dans le cadre de ceux que nous avons ici en vue. L’étiologie toxique nous oblige cependant, à ne les signaler qu'ici. Le diagnostic sera fait par l’histoire de la maladie, la durée, le moment et les symptômes concomitants du vertige par exemple : le malade qui abuse du tabac et de l’alcool a des accès de vertige le matin à jeun. Le tabac est un facteur de vasoconstriction, l'alcool un facteur étiologique de l’artériosclérose; ils provoquent le spasme vasculaire et sévissent sur nombre de circulations locales, aussi parmi elles ne saurait être épargnée la circulation labyrinthique.
3) Vertige d'origine réflexe.
Le diagnostic sera facile s’il s’agit de :
a) Vertige oculaire au cours des diplopies et des amblyopies. Dans le vertige dû à la diplopie, les accidents cessent lorsque le malade baisse sa paupière ou lorsqu'il n'utilise que l’œil sain; ils s’exagèrent, au contraire, quand le sujet ne se sert que de l’œil paralysé.
Le diagnostic est souvent difficile s’il s’agit de :
b) Vertige stomacal. — Etant donné que le vertige se manifeste rarement dans les lésions organiques de lestomac et souvent s’observe dans les dyspepsies, on peut Pattribuer à diverses causes. Pour Bouchard, c’est l’auto-intoxication et pour Ranjard l’irritation réflexe. Pour Edward Woakes les altérations gastriques, en raison des relations nerveuses qui existent entre lestomac et le labyrinthe, produiraient des troubles dans la circulation de ce dernier. Bonnier pense que le trouble stomacal peut retentir sur la circulation encéphalique ou labyrinthique et dans ce cas il est la cause indirecte du vertige par le trouble vaseulaire qu’il provoque. Selon Lemierre, le vertige stomacal
peut être attribué aux extrasystoles causées par lœsophagie; celle-ci provoque une irritation anormale par tiraillement du vagus et du sympathique entraînant les arythmies extrasystoliques qui à leur tour provoquent le vertige par l’ischémie cérébrale. Mais nous avons déjà dit que les vertiges par extrasystoles ne sont que des sensations de défaillance ou des états lipothymiques. Laubry défend l’ancienne hypothèse de Bouveret qui proclamait qu’il n’existe jamais de vertige stomacal sans neurasthénie et sans trouble auriculaire et dit: « Qu'il y ait certains vertiges à point de départ gastrique, nul ne songe à le nier. Que chez certains sujets à sensibilité exquise ou particulière, ceux qu’on désigne sous le nom de vago-sympathicotoniques, les accidents vertigineux accidentels, analogues à ceux qui accompagnent une indigestion pénible, se montrent d’une façon habituelle et dans des circonstances souvent identiques, le fait est possible. Mais, ou bien l'oreille n’est pas saine, ou bien le labyrinthe a une vulnérabilité qui ne résiste pas à l'influence purement occasionnelle de la digestion ».
Les vertiges d’origine viscérale — la constipation, la ptose abdominale, l’helminthiase, les coliques hépatiques ou néphrétiques et les affections de l’utérus ou des annexes — doivent être interprétés de la même façon. Dans toutes ces éventualités, l'instabilité du système vago-sympathique entre en jeu, réveillant la sensibilité labyrinthique soit directement, soit par l'intermédiaire de la perturbation vaso-motrice et seront diagnostiqués par les présences des symptômes de chaque maladie et à l'exclusion des autres causes.
4) Vertige auriculaire. — Les affections cardio-vasculaires peuvent entraîner comme nous avons essayé de l’éprouver, le vertige labyrinthique le plus authentique. Par exemple, l’artério-sclérose et l'hypertension artérielle, les crises vasculaires par spasme, les artérites peuvent déterminer l'apparition d’une maladie de Ménière, II est essentiel, du
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point de vue qui nous occupe, de délimiter ces troubles sur lesquels la thérapeutique cardio-vasculaire peut avoir une action prépondérante, des vertiges auriculaires non moins authentiques de cause locale, mais relevant d’une étiologie où l’appareil circulatoire n’a rien à faire. Ce sont les affections extra-labyrinthiques; polype dans le conduit auditif externe, bouchon de cérumen, corps étranger, ramollissement du tympan, otite aigue (Bouchut) suppuration, fongosités de la caisse, surtout quand elles sont développées devant la fenêtre ronde, soudures des osselets, etc., qui augmentent la tension intralabyrinthique par compression et déterminent le vertige. Dans toutes ces conditions, le diagnostic sera fait par un examen attentif de l’oreille. D'ailleurs, les traitements locaux amèneront un soulagement à peu près assuré.
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Pronostic des vertiges cardio-vasculaires en général.
Le pronostic du vertige cardio-vasculaire varie avec chaque cas particulier, c’est-à-dire, le pronostic sera celui de cette affection avec laquelle il est lié. Ce qu’il importe de savoir, c’est que le vertige peut être le prélude d’une affection grave : hémorragie ou ramollissement cérébral et qu’il peut précéder de longue date la maladie elle-même et que si l’on ne lui a pas reconnu une cause précise, il faudra toujours être très réservé au point de vue de l’avenir.
Le vertige peut-il par lui-même donner quelques indications pronostiques? I] n’est pas possible de répondre affirmativement et sans réserve à cette question, parce qu’il est sans rapport direct avec leur intensité, comme le faisait remarquer Lasèque : « Ce ne sont pas toujours les plus bruyants qui sont les plus redoutables. Le pronostic ne doit Jamais être formulé d’après l’apparence du symptôme luimême mais doit toujours prendre pour base la notion étiologique ».
Quand il apparaît dans les congestions veineuses quasiterminales, d’autres messagers sont venus avant lui annonçant les mauvaises nouvelles; de même quand il surgit chez un hypertendu, un artério-seléreux, il participe à la gravité qui s'attache aux troubles circulatoires, mais il est
parmi les crises vasculaires encéphaliques le moins redoutable.
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Traitement des vertiges cardio-vasculaires en général
Le traitement du vertige cardio-vasculaire consiste avant tout en celui des affections dont ce symptôme fait partie, c’est-à-dire que l’on ne peut agir sur lui avec efficacité qu'en remontant & sa cause. II nous paraît, cependant, très intéressant de signaler deux faits importants : l’une est le traitement de l'hypertension spasmodique simple par le sérum de Trunecèk et l’autre, le traitement du vertige dû au déséquilibre vaso-tonique labyrinthique d’ordre sympathique par l’adrénaline (Vernet-Barbazon).
Nous envisagerons brièvement l’une après l’autre ces deux méthodes de traitement.
L'hypertension spasmodique pour Trunecèk dans bien des cas relève de l'acidose du plasma sanguin. Le traitement rationnel consiste alors dans la neutralisation de ces acides. L'administration des alcalis et sels alcalins est ordinairement mal supportée par l'estomac et provoque, si l’usage en est prolongé, des douleurs et des œdèmes ainsi que plusieurs auteurs américains l’ont récemment signalé. Ce qui est beaucoup plus important, c’est que les différents sels ne sont pas absorbés par la muqueuse stomacale et intestinale, d’une manière égale. C’est pourquoi, dans l'hypertension spasmodique due à l’hyperacidité sanguine, il est nécessaire d’administrer les alcalis par la voie souscutanée. De plus, le chlorure de sodium lui-même, employé seul, peut devenir toxique (Richet), il est nécessaire de se servir de tous les sels alcalins dans la proportion où ils sont contenus dans le plasma sanguin. À toutes ces conditions répond le sérum inorganique, solution des sels alcalins du sang, connu sous le nom de sérum de Trunecèk. Il suffit au total de 5 à 10 injections, chacune de 2 à 5 cm°