‹ Le vicaire de Wakefield drame en cinq actes et en proseChapitre 15 sur 85 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

BURCHELL, SOPHIE.* btucheu..

Eh bien, miss Sophie! « ce que je vote, tout marche on ne peut mieux dans la ferme... les fourrages sont superbes, les Mes s'annoncent bien... Le propriétaire doit être content de «es nouveaux fermiers.

SOPHIE

Mai s les fermiers sont aussi très-contents du propriétaire... il a consenti à toutes les réparations que nous avons demandées, et nous a même fait des avances pour l'ai liai du bétail qui nous manquait.

BURCHELL

Votre père est allé voirie baronnet, sans doute... car il vient rarement dans ce pays... Il habite, je crois, le château de kingslown, à tante milles dlci.

SOPHIE

Voua vous trompez... il aime beaucoup ce village.

ic seaux.

Ah!

SOPHIE

Il a fait venir de Londres des meubles pour le vieux château, et depuis deux mois il y demeure.

BURCHELL -

En vérité... Et vous le voyez souvent?

sopkir.

Très-souvent. 11 passe peu de jours sans entrer à la ferme... Je crois qu’il trouve du plaisir à causer avec mon père... Ma mêle r a fiole de lui.

EURCHELL, t uni.

Cette giande passion est-elle partagée par tout le monde?

SOPHIE

Mais... quant à moi, je le trouve fort aimable.

BLHCHEU..

Et miss Olivia?

SOPHIE

Olivia, c'est différent... il lui déplaît... elle le trouve moqueur, hautain, présomptueux ... Bref, elle en dit beaucoup de mal.

BURCHIXL, » pari.

Ce qui signifie qu'elle en pense beaucoup de bien.

SOPHIE, aiUnt pendre l armolr» droata.

Le connaissez-vous?

BURCHELL

Très-pcn... pas assez pour me permettre un jugement sur lui.

SOPHIE

C’est modeste de votre part... vous qui jugez tout le monde.

(Xfla va h U pompa. )

BURCHELL

N'est-ce pas? (il b r*f»rd«.)

SOPHIE, mntol cl k relmirnaut.

Est-ce que je suis changée depuis trois mois?

• BurctaU, Sophie.

M7RCHKU..

Changée, pas précisément; mais votre figure respire un contentement, une bonne humeur, une sérénité calme et gaie qui fuit plaisir à voir... Votre âme se peint dans vue traits, miss Sophie... et votre âme, voulez-vous que je vous le dise ?c est, h mes yeux, le fidèle reflet de la belle âme du docteur Primerose, votre digne père.

SOPHIE

Oh! monsieur Burcheli, prenez j^irde, vous allez me rendre vaine... Ressembler à mon pire, c est trop beau, (silo »» Nymin

Cariomir qu'elle a rempli, et arreté b» fc*ttr* qui xml devant b povillon.)

BURCHELL

Ah çà! vous vous trouvez donc heureuse ici?

SOPHIE

Mais, sans doute.

BTRCKELL.

Et vous ne regrettez ni votre aisance passée ni vos plaisirs d'autrefois?

SOPHIE

Mais je n'ai jamais eu autant d'aisance qu 'aujourd’hui...

(Quitlaat l'arroaotr rl rr>e«atil ver» Pur. Ml.) Qll.Uld IIOUS éÜOnS ricIlCS, je

manquais toujours d'une foule de choses. . J'aurais eu beau économiser, même sur mes pauvres, ma pension n’eût jamais suffi pour uk* procurer les objets de première nécessité pour une demoiselle comme il faut... Ici, au contraire, je suis souvent toute Mirprise de me trouver du superflu.

BURCHELL

Vraiment I

«me.

Et quant à mes plaisirs, vous allez rire de moi, monsieur Bu rchell , mais jeu ai beaucoup plus aujourd’hui que j’en avais autrefois.

BURCHELL

Bah!

SOPHIE

Je dois vous avouer que j’ai toujours eûtes goûts un peu vulgaires... J'aime ce» animaux que je soigne et qui répondent à ma \oix... je m'attache sérieusement h ces arbres que je cultive, à ces petites graines que je sème et qui croissent sous mes veux, grâce à l'eau que je leur verse et à la chaleur que le soleil leur donne... Il me semble que tout cela fait partie de ma vie... Et quelquefois, le croiriez-vous, en voyant mes bourgeons s'ouvrir, mes semences germer, mes fleurs s’épanouir, je me sens toute fiére, et je suis assez toile pour dire au bon Dieu : C'est pourtant vous et moi, mon Dieu, qui produisons toutes ces bonnes

choses ! . . . (Elle iRreb l'arreaoir «i b pmir prfe «e U pompe.)

BCRCRELL, «ooriaat.

Vous êtes arrivée, sans le savoir, à la philosophie des vieux sages... fiardez-la toujours, miss Sophie... c’est la bonne... Et tenez, en voilà encore MB phitoaopbe... (U m»**.)

MOÏSE, rnlrwt.

Je vas lui mettre sa veste au philosophe.

BURCHELL

Ah! pourquoi miss Olivia n’a-t-elle pas aussi sa petite dose de philosophie!.., c'est à peine si j'ai pu la reconnaître la dernière fois que je vins à la ferme, tant elle semblait sombre et mélancolique... on eût dit une élégie qui marche!

SOPHIE

Pauvre sœur! elle commençait à s'habituer nu peu au changement de notre fortune... mais depuis quelque temps elle est encore plus triste que dan» les premiers jours, (noix- wi *»

nttto, prend «on chapeau cl m fouet tout en pariant.)

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