TORCHE LL
Espérez, bonne Sophie; votre sœur vous sera bientôt rendue.
Ne pensez-vous pas, comme moi, monsieur, qu’elle ne peut être aussi coupable qu'on le suppose ?
BCRCHELL.
One n'a-t-elle eu cette modestie et celte sage retenue qu'on admire en vous, Sophie! elle eût évité tous les pièges qu'on a pu lui tendre.
$OMUE.
Oh ! monsieur, ne soyez pas si sévère pour Olivia; songez à ce quelle doit souffrir.
■UlCULLL.
U est juste que nous souffrions de nos fautes, pour mériter, plus tard, que justice nous soit rendue... Mais panons de vous, Sophie.
SOPHIE, c i.'miw.
De moi !...
BiRcnrxL.
J’ai pensé bien souvent à vous depuis quelque temps; vous méfiiez d’ètrc heureuse, et j'ai cherché le moyen d'assurer votre bonheur.
SOPHIE, timml.
Eli bien! mor/ieur Burchell, avez-vous trouvé ce moyen?
BURCHELL
Peut-être!...
SOPHIE
Voyons?
HCHC1IKLL.
Vous êtes en Age de vous marier, et vous devez y avoir pensé déjà?...
SOPHIE, «mijlrmont.
Quelquefois, je l’avoue.
BURCHELL
Si un honnête homme, pourvu d’une fortune suffisante pour de modestes besoins, votL* proposait de partager sa destinée ?
SOPHIE,. le mimr.
Je l’engagerais à s'adresser à mon père ; j’ai phis de confiance dans son jugement que dans ma propre raison.
•tmCKELL.
Et si votre père l'agréait ?
SOPHIE
Et que sa personne me convint, car il y a encore cette condition, je lui dirais : a Soyez un fils pour mou perc et pour ma mère, un frère pour mes frères et pour ma sœur. » El s il uie le promettait, je mettrai* avec confiance ma main dans la sienne...
BURtHILL.
Et vous le suivriez suns regret?
SOPHIE
Le suivre... où cela?...
MIKMU.
Mais... dans sa maison... dans son pays... N'est-il pas écrit : a La femme suivra son époux?... »
SOPHIE
Avant toute chose, monsieur Burchell, Dieu a écrit dans les cœurs : « Vous ne quitterez pas vos parents dans l'affliction... Vous n'abandonnerez pas ceux que vous devez consoler...» Monsieur Burchell, en ce moment, moins que jamais, je ne pourrais consentir à épouser un homme qui me séparerait de ma famille.
BURCHELL
Mais vous ne songez pas...
SOPHIE
Je songe que ma mère souffre et pleure; que mon père se relèvera difficilement du coup qui l'a frappé; que ina pauvre sœur va nous revenir bien houleuse, bien désolée, et que je dois rester au milieu d’eux pour aider le temps à adoucir toutes ces peines.
BlIRCHMJ-, la rentrât i'ooimh jvwf b r. •!»•«*. mi In».
Prenez garde, Sophie, ce sciait sacrifier tout votre avenir peut-être?
SOPHIE
Noire avenir est dan* les mains de Dieu ; mais »i ce que vous dites eut vrai, je n’hésiterais pas à accomplir ce sacrifice, et l'homme dont je repousserais la demande, s’Ü était tel que je me le figure, au lieu de m’en vouloir, mu saurait gré de mon refus.
BUHCHKLL.
Ainsi, c’est votre dernier nx»t?
SOPHIE
C'est mon dernier mot, monsieur Burchell.
niftClIELI., a*rc bd tour ire.
Allons, n’en parions plus... C'est dommage., le mari... que je voulais vous proposer vous eût rendue heureuse... je le crois...
Je le crois, comme vous, monsieur Burchell; mais quand le bonheur et le devoir se combattent, c'est le devoir qu’il faut écouter.
WRCHELL.
Adieu donc!
Sophie
Vous partez!
BURCHELL
Me garderez-vous une part dans votre amitié, Sophie?..,
SOPHIE
Oh! toujours, monsieur Burchell... toujours; mais nous vous revenions.
BUBCHBLit.
Je l'espi re. Adieu, Sophie...
SOPHIE
Adieu, monsieur Burchell. {bukM wi. o» I* wit jatwr »• fond, à
droite. Ex devant la L-adlre, Il loi fait an liera icr «igun <V la OMin.)