‹ Le vicomte C. de Léry [microforme]Chapitre 12 sur 76 · PRÉCIS HISTORIQUE SUR LE CANADA · texte numérisé non relu

PRÉCIS HISTORIQUE SUR LE CANADA

Belœil, où cinq cents émigrants perdent la vie, et le sac des Banques de St A‘bans. Pendant que le pays est encore dans la surexcitation

ue font naitre ces évènements, Mr Gérin-Lajoie publie Jean-Rivard et

onne la mesure de ce que doit être le roman canadien pour être agréé de la bonne société.—En l'absence du Gouverneur, Sir ÿ . Michel, Commandant des forces, prend les rênes de l'administration, comme l'avait fait en 1860 Sir W. Williams, le vainqueur de Kar. Le gouvernement étant alors devenu impossible parsuitedes prétentions du Haut-Canada, qui, après avoir exploité le Bas-Canada, voulait encore l’asservir, le Ministère de coalition, formé l’année précédente, est continué ; la Convention intercoloniale avise aux moyens de mettre fin aux difficultés. Pendant que ces graves discussions fixent l'attention publique et que les Canadiens, par leur modération, autant que par leur énergie et leur esprit d'entreprise, prouvent à leurs adversaires qu’ils r : at pas de race inférieure, les Catholiques s’empressent de gagner les : ‘ces du Jubilé. Cette même année, les codificateurs mettent la dernière main à leur important ouvrage. Alors aussi est publiée l'Histoire de la Colonie française par le savant auteur des Vies de la Sœur Bourgeois, de Melle Mance, de Mme d'Youville et de Melle LeBer, ouvrage particulièrement destiné à montrer les fins que s'étaient Abe les fondateurs du pays et ce que doit être le Canada pour répondre à sa noble mission.—L'année suivante voit expirer le traité de Réciprotité, conclu quelques années auparavant avec les Etats-Unis. Afin d'y suppléer, des Commissaires sont envoyés aux Antilles avec pleins pouvoirs de nouer des relations

commerciales. Vers le même temps, les Délégués des provinces, après

avoir jeté à Québec les bases de la Confédératicn, font agréer leur projet des Chambres impériales. Pendant que les Fénians viennent s’abattre sur le Canada, les Ursulines de Québec publient le troisième volume de leur précieux ouvrage. La fin de cette même année est attristée par une nouvelle conflagration qui dévore une partie de la ville de Québec.— L'année 1867 est appelée à faire époque. La Confédération est proclamée et excite une vive joie dans les principales villes. Après avoir été transféré dé Québec à Toronto, le Siége du gouvernement est définitivement fixé à Ottawa, où de magnifiques édifices avaient été élevés à grands frais les années précédentes. Chaque province garde son autonomie, et, avec ses Chambres, a son Gouverneur spécial. Après un siècle, Québec, choisi pour être la Capitale politique du Bas-Canada, comme Montréal en est la Capitale commerciale, voit de nouveau à sa tête un Canadien: Son Excellence l’Honorable Sir N. F. Belleau. Son Conseil est formé des Honorables Chauveau, Ouimet, Dunkin, Beaubien, Archambault, Irvine et de Boucherville. Le Gouverneur d’Ontario est Son Excellence le Major-Général H. W. Stisded ; ceux de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick sont : Sir W. F. Williams et le Major-Générul C. H. Doyle. Au-dessus de tous, est Son Excellence le Très-Honorable C. Stanley, Vicomte Monk, précédemment Gouverneur du Bas-Canada. Parmi ses Conseillers sont les Honorables Cartier, Chapais et Langevin. La Présidence du Sénat est déférée à l’'Honorable J. Cauchon, et celle des Communes à l'Honorable J. Cockburn. Cette même année, pendant que Rimouski est érigé en Diocèse, Mgr. Baillargeon succède à a Turgeon sur le Siége archiépiscopal de Québec. A l'Exposition Universelle, le Canada remporte plusieurs

prix.

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de LÉRY, INR à G. CHAUS: de LÉRY LE VTE de LÉRY Meur L'ANDRIEFF| L'HPLE LR CHAUS. de LEMY C1.

Imp. P Frick à Paris —

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Avec cette famille s'ouvre un nouvel horizon Les autres nous ont permis d'assister pour ainsi dire aux commencements de ce pays, d'en suivre le progrès et de nous remettre sous les yeux, avec les heureux fruits du régime féodal, ces luttes variées, grandioses, où nos pères, par leur courage, leur constance et leurs vertus, s'acquirent une gloire impérissable. Celle-ci nous initie au système de défense qui fut inauguré au moment de la conquête, et, après nous avoir laissé entrevoir les épreuves cruelles par lesquelles passèrent, en 1760, la plupart des grandes familles, elle nous montre les illustres rejetons de ces familles abordant des rivages étrangers et remplissant l’Europe du bruit de leur nom. Nous ne pouvons donc nous défendre de donner ici une large place à cette remarquable famille.

Îo GASPARD CHAUSSEGROS DE LERY.

Mr Gaspard Chaussegros de Lery, chef de cette famille en Canada, était originaire de Toulon et appartenait à une maison aussi ancienne que bien posée. Son père, Ingénieur de cette ville, venait d'élever des fortifications que, quelques années plus tard, l’un de ses petits fils devait raser, lorsqu'il reçut le jour, le 13 Octobre 1682. Après avoir grandi sous les yeux de ses parents, il entra

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LERY, ING : dans le service.

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. Mr de Lery n'était pas encore passé dans la Nouvelle- France, que déjà, à l'exemple du célèbre de Contrecœur, il s'était signalé à la tête des troupes. Il avait pris part au siège de Turin, en 1706, et s’y était couvert de gloire : & Mr Chaussegros de Lery, Ingénieur à la suite de l’armée ‘ d'ftalie, écrit le Marquis de Vibray, Lieutenant-Général des armées du Roi dans la Valdôde, m'a servi d'Aide- ‘ de-Camp et s’est particulièrement distingué au siège de Turin, où il a été blessé, ce qui ne l'a pas empêché “ de remplir son devoir avec autant d'intelligence que “ de valeur.” Après cette brillante campagne, il suivit, sur les côtes d’Ecosse, l’escadre du Marquis de Forbin, et entra ensuite, avec le grade de Capitaine, dans le régiment d'Infanterie de Sault.

Il servait depuis quelque temps dans ce régiment, lorsque le Conseil de marine, en prévision des événements futurs, s'étant décidé à faire fortifier le Canada, jeta les yeux sur lui pour lui confier cette grande entreprise. C'était en 1716. Voici le mémoire, en forme d'instruction, que lui remit, au moment de son départ, le Maréchal d’Estrées : “ Le Roi voulant prendre une résolution décisive au sujetdes fortifications deQuébec, “le Conseil de marine a choisi le Sieur Chaussegros « pour faire les plans des ouvrages déjà faits et de ceux « qui restent à faire.

“ Le projet @e fortifications, récemment soumis au Roi, ‘ renferme plusieurs défauts qu'il convient d'éviter :— & jl semble trop resserrer la ville;—la face gauche de & la redoute du Capaux Diamants n’est pas assez défendue, “ non plus que le terrain qui est entre cette redoute et « la côte ; —il en estde même de la partie entre la pointe « du Bastion numéro vingt, et la côte, numéro trente. “ Ainsi, ce plan a deux défauts essentiels aux extrémités, ‘ défauts qui rendraient inutiles les fortifications qu’on “ pourrait élever dans cet espace. Etant sur les lieux, & le Sieur Chaussegros verra mieux ce qui en est, et fera & un rapport au Conseil sur ce qu'il aura remarqué.

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LA FAMILLE DE LERY. à)

«“ Comme la ville de Québec est fort escarpée du côté “ du fleuve, on a jugé que les fortifications projetées du « côté du Palais, seraient inutiles. Le Sieur Chaussegros ‘t fera savoir néanmoins ce qu’il en pense.

& Sur le plan proposé, on a marqué en jaune les forti & fications qu'il faudrait élever, et ila paru qu'on ne “ pourrait rien faire de plus parfait, et que, si on ajoutait & par la suite des demi-lunes devant toutes les courtines, “il n’y aurait point de place en France qui fût plus “ forte que celle-là, d'autant qu'on ne pourrait établir “ aucune batterie pour l’attaquer en flanc, ce qui la “ rendrait plus difficile à prendre que si on accumulait & piusieurs ouvrages les uns sur les autres. Par sa & situation, Québec est des plus faciles à fortifier; mais & cette ville ne le sera jamais bien, si l'on ne fait un & fossé devant les ouvrages, puisqu'autrement les ennemis “ pourraient élever des batteries à deux ou trois cents “ toises de la place, battre les murailles en brèche et “ monter à l'assaut, sans être obligés de faire des tran- “ chées, de sorte qu’elle perdrait tout l'avantage qu’elle ‘a d’être bâtie sur un roc où l’on ne peut ouvrir de ‘ tranchées.

‘ Comme ce projet de fortifications a été fait sans les ‘ profils du terrain, il pourrait arriver qu’il y eût quel- “ques modifications à apporter. Le Sieur Chaussegros % examinera donc s’il y a quelques changements à faire, “et enverra un plan de la ville de Québec, avec des “ profils de tout le terrain et de la côte, ainsi que des ‘profils et des plans des ouvrages déjà faits et de ceux “ qui sont projetés, afin que l'on sache exactement ce “qu'il y a à faire et ce qu'il en coûtera, ayant soin de ‘ sonder le terrain où il convient de faire le fossé et de ‘ marquer, dans son plan, les lignes sur lesquelles il ‘aura pris ses profils. Afin d'éviter à Sa Majesté des “ dépenses inutiles, on pourrait prendre dans le fossé la ‘ pierre nécessaire pour les fortifications et obliger les par- ‘ ticuliers à y en aller chercher pour bâtir la Haute-Ville.

â LA FAMILLE DE LERY.

Le magasin à poudre de Québec étant très mal placé, ‘le Conseil souhaite que l’on choisisse, dans l'enceinte ‘ de la ville, deux endroits éloignés du commerce, mais ‘“ rapprochés des fortifications, où l’on puisse en bâtir ‘* deux. Le Sieur Chaussegros les marquera sur son plan.

‘ Deux projets d'enceinte en pierre, pour la ville de « Montréal, ont été également soumis au Conseil. L'un ‘ a le grave inconvénient de couper la ville en deux, ‘ sans aucun avantage ; l’autre ne détruit rien de la ville, ‘ mais n’appuie ses défenses que sur de petites tours ‘ carrées, éloignées pour la plupart les unes des autres ; ‘ c’est peu de chose. On y a substitué une autre en- ‘ ceinte, marquée en jaune, qu’il semble préférable de suivre. Cependant comme ce plan a été fait sans ‘ profils du terrain, ni même d'échelle, le Sieur Chausse- ‘ gros jugera de sa valeur. En attendant celui qu’il ‘ nous enverra de cette ville et de l’enceinte projetée, “il fera commencer incessamment les travaux, suivant ‘ce plan qui pourra, au besoin, être rectifié sur les “lieux. Fait et arrêté au Conseil de marine, réuni au “ Louvre, le 22 Juiu 1716. (Signé) L. A. DE BoURBON, LE MarÉcHAL D'ESTRÉES.”

Ce mémoire était accompagné de la note suivante : ‘ Le Conseil vous remet ci-jointe l'instruction au sujet ‘“ des services que vous uvez à rendre pendant votre ‘“ séjour au Canada, où il est nécessaire que vous passiez “ par le vaisseau Le François ; et comme ce navire est prêt à mettre à la voile, vous vous rendrez le plus tôt ‘ que vous pourrez à la Rochelle, et vous vous embar- ‘* querez aussitôt. MM. de Vaudreuil et Bégon vous ‘ feront donner, quand vous serez arrivé dans la Colonie, & tous les éclaircissements dont vous pourrez avoir besoin, ‘et les secours nécessaires pour exécuter les ordres que “ vous avez reçus. Outre ce qui vous est prescrit par ‘ rapport aux travaux de fortifications, vous aurez encore ‘à réparer le fort St Louis qui sert de logement au ** Marquis de Vaudreuil. (Signé) LE MARÉCHAL D'EsTRÉES.”

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M: de Lery ne fut pas plutôt arrivé en Canada, que, sans perdre de temps, il se mit à l'œuvre. Il leva des plans; il fit des profils, et, dès le mois d'Octobre, il pouvait envoyer son rapport à la Cour. Devant joindre l'économie à la solidité, il n'avait pas jugé à propos d'étendre les travaux, sans y être autorisé. Il écrivit donc à ce sujet aû Conseil qui lui fit cette réponse : “ Le Conseil a pris connaissance des lettres du Sieur & Chaussegros, du 15 Octobre et du 6 Novembre de « l'onnée dernière, ainsi que des mémoires, plans et ‘ profils qui y étaient joints.

“ Ces plans et profils consistent en un plan de la ville & de Québec, avec un projet de fortifications que le Sieur & Chaussegros estime nécessaires d'entreprendre, en dé- “ veloppant les Bastions de S*' Louis, de la Glacière et de & Joubert ;—un autre de la Batterie du Moulin et redoute “ du Cap aux Diamants ;—quatre profils, marqués par & des lignes sur le plan ;—et un autre, depuis le Cap aux & Diamants jusqu’au côteau de la Potasse,—et trois autres # sur la face droite du Bastion proposé sur la hauteur du # Cap aux Diamants et sur le milieu des faces des & Bastions, des courtines et la capitale des places d'armes.

Le Conseil a rendu compte du tout au Roi. Avant “ de rien décider, Sa Majesté juge à propos que le Sieur & Chaussegros prolonge ses profils, non-seulement vers “ la campagne, mais encore à travers la ville, en ligne ‘ droite, jusqu’à l’escarpement du fleuve St Laurent. En “ conséquence, le Sieur Chaussegros les continuera, sui- ‘ vant les lignes jaunes tracées sur le plan qu'il a envoyé ‘et qu'il trouvera ci-joint. Il ajoutera quatre profils sur ‘ le terrain parallèle aux lignes vingt-sept.et vingt-huit, “et deux autres, des lignes trente-neuf à trente-cinq, ‘afin que l’on puisse juger de l'étendue de cette hauteur, “jusqu'à celui marqué quatre-vingt-dix, au-dessus du ‘ Cap aux Diamants, en distinguant la qualité du terrain ‘et du roc, où doit passer le fossé de la place.

‘“ Avec ces nouveaux profils et développements qu'il

‘“ pourra exécuter en relief, en y comprenant six cents ‘ toises au-delà des ouvrages proposés, Sa Majesté sera ‘ plus en état de déterminer ce qu’il y a à faire pour for- ‘“ tifier Québec. Son intention est de faire commencer “ les travaux aussitôt que le plan aura été reçu et ap- “ prouvé. Le Conseil a fait accorder au Sieur Chausse- “ gros une gratification de quinze cents livres qu’il pourra ‘ toucher à Québec.

‘ Le Conseil aime à croire que le mur d’enceinte de la “ ville de Montréal est commencé, suivant qu'il a été ‘ ordonné l’année dernière. Le défaui d'ouvriers peut retarder ces ouvrages en Canada ; mais celui de cette ‘ enceinte n’est pas du nombre, attendu qu’on se propose “de n’y employer que des fonds médiocres, chaque “ année. Lorsque le plan des fortifications de Québec sera arrèté, on fera passer le nombre d'ouvriers néces- “ saires, et le Conseil souhaite que le Sieur Chaussegros “Jui en donne un état. Fait et arrêté au Conseil de ‘“ marine, tenu au Louvre, le 26 Juin 1717. (Signé) L. A. ‘ pE BoURBON, LE MARÉCHAL D'ESTRÉES. ”

Muni de ces nouveaux ordres, M' de Lery se remit au travail avec ardeur. En peu de temps il eut complété tout son système de fortifications. C'est alers, que, pour se conformer aux désirs de la Cour, il passa en France. Arrivé à Paris, il soumit ses projets au Roi qui les approuva, ainsi que l’atteste le document qu'on va lire : ‘“ Le Conseil a été satisfait dun compte que le Sieur Chaussegros lui a rendu des fortifications qu'il estime “ nécessaire de faire à la ville de Québec, et il lui fera “ savoir, l’année prochaine, les résolutions qui ont été ‘ adoptées à cet égard.

Sa Majesté a également approuvé l'enceinte qu'il

‘ proposée pour la ville de Montréal et a goûté son pl: ‘ Elle souhaite que les murs de cette enceinte, form: “ par des Bastions, aient treize pieds et demi, à prendre ‘“ du pied du fossé jusqu'au cordon, et sept pieds jusqu’au “ dessus du parapet, et trois pieds d'épaisseur, avec un

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& fossé en avant, de trente pieds de large sur dix de “ profondeur, et un rempart derrière les murs, le tout & suivant l'ouvrage déjà commencé, et conformément à “ son devis. Comme il est urgent de poursuivre ces tra- “ vaux, le Conseil désire que le Sieur Chaussegros repasse “ cette année en Canada et qu'il les fasse continuer à “ proportion des fonds.

“ Sa Majesté a fait cette année, sur l’état des charges “ de la Nouvelle-France, un fonds de quinze mille livres “ pour être employé à la construction des prisons‘et salles “ d'audience dans les villes de Montréal et des Trois- « Rivières. Le Sieur Chaussegros y fera travailler sui- “ vant ce fonds, et aura attention que ces ouvrages soient * bons et solides.

‘ Par le compte que le Sieur Chaussegros a rendu du “fort Chambly, il a paru qu'il était à propos d'élever la “ courtine du côté de la rivière, d'y faire une batterie ‘ couverte, avec un corridor au-dessus, percé de crénaux, “ de refaire tous les crénaux du fort, ceux qui y sent ne ‘ plongeant point et n'étant point assez évasés ; de faire “ dégorger les embrasures des faces des Bastions versles “ capitales, et de mettre des guérites aux angles flanqués ‘et un machiareli sur la porte. En conséquence, le ‘“ Conseil souhaite que le Sieur Chaussegros fasse tra. ‘“ vailler à tous ces ouvrages. pour lesquels M' Bégon ‘est chargé de faire fournir la somme de cinq mille “ livres sur le fonds des fortifications, mis en réserve. ‘“ Fait et arrêté au Conseil de marine, le 6 Juillet 1718. “ (Signé) L. A. DE Boun8on, le MARÉCHAL D'ESTRÉES.”

Comme on le voit par cette deruière instruction, Mr de Lery n'avait pas seulement à fortifier Québec et Montréal ; il avait encore à construire ou à réparer d’impor-

nts édifices. Mais, avec des ressources limitées, quel moyen de faire avancer des travaux aussi considérables, et dont l'exécution était en partie suspendue? Néan. moins, de retour en Canada, l'Ingénieur se mit en devoir de remplir es vues de la Cour, et il n’en tint pas à lui si

son œuvre ne marcha pas plus rapidement. C'est ce que donne à entendre une nouvelle dépêche du Conseil, propre à ranimer le courage de Mr de Lery. Elle est ainsi conçue : ‘ Le Conseil a expliqué au Sieur Chausse- ‘ gros, par sa Gépèche du 6 Juillet 1718, ses intentions au sujet de l'enceinte de Montréai. Il se bornera à lui ‘ diré par celle-ci que Mr de Vaudreuil, pour des raisons “que le Conseil a approuvées, n'a pas donné suite, & l’année dernière, aux travaux de cette enceinte et que cependant on a continué à prélever une taxe sur les & habitants et sur les Communautés de cette ville. Comme “il y a lieu de croire qu’il en a été de même, cette année, il se trouvera qu’en 1720 on aura en main trois “ années de fonds, avec lesquels on pourra avancer l’ou- “ vrage, auquel Sa Majesté destine aussi les revenus nets des fonds de vingt mille livres, provenant des charges de l’année dernière pour la construction des prisons et salles d'audience à Montréal et aux Trois-Rivières, Des ordres sont envoyés à ce sujet à MM. de Vaudreuil et Bégon, afin qu’ils fassent rendre compte, au Trésorier de Montréal, des sommes qui ont été payées par les ‘ habitants pour l’enceiute de cette ville.

‘ Quant aux fortifications et à l'enceinte de Québec, “ dont le plan a été arrêté et remis au Sieur Chaussegros, “ voici ce qui a été résolu. Comme il est resté en caisse, sur les fonds remis en 1717,une somme de vingt-quatre ‘“ mille quatre cents quarante-une livres, sur laquelle, suivant l’état envoyé par MM. de Vaudreuil et Bégon, il y aura à débourser quatre mille quatre cents livres “ pour l'entretien et les réparations à Québec, Mont- “ réal, Trois-Rivières et le fort de Chambly, il restera vingt mille quarante-une livres, qui, jointes aux trente “ mille livres qui sont envoyées cette année, pour les “ travaux de fortifications de l’année prochaine, forme- ‘* ront la somme de cinquante mille quarante-une livres “ que le Roi destine aux ouvrages d'enceinte de Québec ; “le Sieur Chaussegros fera commencer les travaux

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“ l’année prochaine, en observant de finir sue la “ partie qui pourra être faite pour cette somme, sans « entreprendre d'étendre plus loin les ouvrages qu’il ne “ pourrait ainsi terminer et qui seraient exposés à se « détériorer. Sa Majesté donne en conséquence des « ordres à MM. de Vaudreuil et Bégon, leur enjoignant & de fournir au Sienr Chaussegros les détachements de “ troupes et les ouvriers et tous les autres secours dont “jl pourra avoir besoin pour l'avancement et le perfec- & tionnement de cette entreprise. Le Sieur Chaussegros & aura soin de signer, chaque année, le bordereau des « dépenses, envoyé par MM. de Vaudreuil et Bégon. Fait ‘et arrêté au Conseil de marine, le 23 Mai 1719. (Signé) L. À. DE BOURBON, LE MARÉCHAL D'ESTRÉES.”

Mr de Lery était à Québec, occupé à surveiller les travaux de cette ville, lorsque le 9 Juin 1720, lui parvint de la Cour une communication, demandant un état des dépenses et annonçant de nouvelles allocations. La voici : “ Le Conseil a reçu vos lettres du 28 et 29 Octobre et du “2 Décembre, de l’année dernière, avec les papiers qui

‘ y étaient joints.

‘ IL espère que vous emploierez utilement, cette année, « les fonds destinés aux travaux et à l'enceinte de Québec. ‘“ À cause de la diminution sur les espèces, il n’en remet ‘point pour les travaux de 1721; mais il donne ordre à ‘“ MM. de Vaudreuil et Bégon, s'ils trouvent de l'argent ‘€ dans les mois d'Octobre et de Novembre, de faire tirer ‘“ des lettres de change jusqu’à concurrence de soixante ‘ mille livres sur les fonds de 1721.

‘ Il leur marque aussi d'envoyer le plus tôt qu'ils pour- ‘* ront un état, signé de vous, qui fasse connaître toutes ‘les dépenses qu’il y aura à faire en Canada pour achever ‘‘les ouvrages, dont les plans et projets ont été arrêtés, ‘et qui explique quels fonds on pourra employer chaque ‘“ année.

* Il a été fait un fonds de cinq mille livres pour l’enî

‘“ ceinte de Montréal, sur l’état des charges de’ cette ‘“ année. (Signé) L A. DE BourBON, LE MARÉCHAL D'ESTRÉES."”

Avec des sommes aussi restreintes, Mr de Lery ne pouvait procéder que lentement. IL poussa, toutefois, les travaux des Trois-Rivières avec tant de vigueur, qu'il mérita les compliments de la Cour. Le Conseil lui exprime ainsi sa satisfaction, par la bouche du prince Régent : “ Paris 24 Juin 1721. Le Conseil a appris avec plaisir “ que les prisons et la salle d'audience des Trois-Rivières ‘‘ étaient commencées et que vous comptiez les voir “ achevées dans le mois de Mai. IL a écrit à MM. de ‘ Vaudreuil et Bégon de faire terminer aussi la salle “ d'audience, les prisons et le logement du concierge de ‘ Montréal.

‘ Au moyen des fonds qui sont remis pour les dépenses ‘ de la Colonie, Mr Bégon pourra remplacer, à la caisse « des fortifications, seize mille neuf cents cinquante-une ‘ livres qu’il a avancées aux soldats. Avec cette somme “et les cinq mille livres, portées sur l’état des charges “ pour ces bâtiments, et que Mr Bégon a ordre de faire rentrer, il sera possible, non-seulement d'achever ces “ bâtiments, mais encore de travailler à l'enceinte de « Montréal. Le Conseil écrit à M' Bégon de ne point ‘employer ces fonds à d’autres ouvrages, sous quelque ‘ prétexte que ce soit.

“ On ne peut, cette année, remettre les quatre vingt “ treize mille trois cents soixante-dix livres demandées “ pour les ouvrages de cette même année; peut-être le “ pourra-t-on l’année prochaine. En attendant, le Conseil & fait remettre huit mille livres pour les réparations. Si “ cette somme n’est pas suffisante pour toutes celles qui “ sont à faire, il donne ordre à MM. de Vaudreuil et “ Bégon de ne l’employer qu'à celles que vous jugerez “ les plus urgentes.

“ Le Conseil n’a point encore reçu le plan en relief de “ la ville et des fortifications de Québec; les caisses qui ‘ les renferment étant trop grosses et trop pesantes pour

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& les voitures ordinaires, il a fallu les envoyer par mer, “ de Rochefort au Hâvre, d'où elles arriveront inces- “ samment à Paris. Le Conseil espère que vous enverrez, “ cette année, celui de l’enceinte de la ville de Montréal. “ (Signé) A. ne BourBon.” Par cette lettre, on voit que si les fortifications de Québec et le mur d’enceinie de Montréal n'avaient pas fait plus de progrès, c’est parce que les fonds qui y avaient été destinés, si peu considérables qu'ils fûüssent, avaient été employés à avtre chose. On voit aussi quelle tâche s'était imposée Mr de Lery, en entreprenant tous ces reliefs qui enrichissent aujourd'hui le Ministère de la marine, à Paris.

L'année suivante, le gouvernement français envoya, en partie, par la flûte Le Chameau, les cer:t milliers d’ardoises destinées à couvrir les bâtiments et les magasins du Roi. En même temps, pour pouvair continuer les fortifications et réparations, il fit faire un fonds de vingt mille livres, en espèces, dont sept mille devaient être employées à achever le pavillon du Château de Québec, et cinq mille, à prendre sur l’état du domaine, devaient être affectées à l'enceinte de Montréal. A l’aide de ces nouveaux secours, Mr de Lery pressa les travaux. Il s'en occupait activement depuis trois ans, lorsque le Baron de Longueuil, Gouverneur par intérim, jugeant à propos de fortifier Niagara, ou au moins d'y élever d’autres bâtiments, le pria de s’y transporter: ‘Je prie Mr Chaus- ‘ segros de Lery, Ingénieur, jui écr'vaitil le 28 Mars 1726, de faire travailler incessammen: la construction “de la maison de Niagara qu’il placera dans l’endroit “qu'il jugera le plus convenable. C'est un ouvrage ‘“ d’une nécessité indispensable, l'ancienne maison étant ‘en bois et n'offrant aucun moyen de s’y conserver, à % moins qu'on ne s'y fortifie. Ilest d’ailleurs de la der- ‘“nière conséquence de profiter des dispositions favo- “rables dans lesquelles sont les Iroquois à notre égard. “Je me charge de faire approuver cette dépense par la , ‘# Cour. (Signé) LoncueuIL.”

N'ayant pas reçu ordre de la Cour d'entreprendre ces travaux, Mr de Lery avait tout lieu de craindre qu’il ne fût désapprouvé. Il était sous cette impression, lorsque, l’année suivante, il reçut cette lettre de Mr Maurepas, le nouveau Ministre de la Marine: ‘ Brest, 13 Mai 1727. “ Mr le Marquis de Beauharnois et M° Dupuy m'ont en- ‘ voyé, Monsieur, les cartes et plans que vous leur avez “ remis, avec le mémoire qui explique les raisons qui ‘“ vous ont porté à faire construire la maison de Niagara “ dans l'endroit, où feu le Marquis de Denonville avait # fait élever un fort en bois que le temps a détruit, au ‘ lieu de le placer au portage, où était l’ancienne maison Sa Majesté a bien voulu l’approuver. Elle a été satis- ‘ faite de vos soins et de la diligence que vous avez mise ‘ à conduire cêt ouvrage. M de Beauharnois vous dira “les intentions de Sa Majesté par rapport aux autres “ travaux et à leur continuation. Veillez à ce que les ‘ ouvrages soient bien solides. M le Marquis a demandé “ pour vous la Croix de St Louis, lorsque Sa Majesté fera ‘ une nouvelle promotion. (Signé) Maurepas.”

Avec un Gouverneur aussi entreprenant que l'était M° de Beauharnoiïs, les ouvrages ne pouvaient plus languir. Mais comme le gouvernement français qui fournissait en grande partie les dépenses, s'était réservé le droit de les contrôler, il n’était pas entièrement libre de ses mouvements. Asa suggestion, M de Lery avait fait un plan de citadelle pour Québec, et l'avait envoyé au Ministre. Voici la réponse qu’il en reçut: “ Versailles, 24 Mai 1728. ‘ J'ai été bien aise d'apprendre, Monsieur, que la maison “de Niagara et la clôture de palissade qui l'entoure, “ soient finies. On ne fera rien à l’ancienne maison de ‘Etraite qui est au portage, son rétablissement étant ‘6 inutile.

‘“ Les plans que vous avez faits pour la construction “ d’une citadelle à Québec et pour l’enceinte de Montréal; “ m'ont été envoyés. MM. de Beauharnois et Dupuy “ vous expliqueront les intentions du Roi à cet égard.

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‘ Sa Majesté ne veut point faire construire de hangar à « Québec, cette dépense lui paraissant inutile. Quant au “ changement de la poudrière que vous vous proposez “ de placer dans les deux poternes de l’ancienne forti- & fication, située sur le Cap aux Diamants, j'ai hésité à “ l'approuver, craignant que cet endroit ne fût trop humide, et dès lors préjudiciable à la conservation des “ poudres. J'écris à MM. de Beauharnois et Dupuy de & l’examiner avec vous. (Signé) MauREPASs.”

Croyant avoir suffisamment fait connaître les intentions de la Cour, qui étaient de viser à la fois à la solidité et à l'économie, et ne voulant pas, d’un autre côté, mettre obstacle à l’achevement d'ouvrages qui devenaient de plus en plus urgents, le Ministre, sur les représentations de M: de Beauharnois, obtint un crédit supplémentaire, et en donna ainsi avis à Mr de Lery : ‘* Versailles, 11 Avril 1730. “ Monsieur, les fonds que MM. de Beauharnois et Hocquart “ ont demandés pour les réparations à faire aux Batteries “ royale et de Vaudreuil, ont été commandés. Je vous “ recommande d'y faire travailler avec le plus de solidité “et d'économie qu’il vous sera possible.

* Ges Messieurs m'ont informé de tout ce qui concerne “ la découverte de l’ardoiserie sur la terre de MM. Sarazin ! “et Hazeur, et des mesures que ces propriétaires ont “ prises pour l’exploiter. Si elle est aussi abondante “qu'on le croit, il y a lieu d'espérer qu'on s’en servira “utilement pour couvrir les maisons de la Colonie, ce “ qui contribuera beaucoup à prévenir les incendies.

‘ Outre les fonds ordinaires de dix-sept mille deux cents “ cinquante livres, annuellement destinés aux travaux

{ Par la découverte de la plante à laquelle il a donné son nom, M: Sarrasin a acquis une grande célébrité dans le pays. C'était un savant du premier ordre. ‘ M° Sarrasin, correspondant de l’Académie, “ Médecin du Roi, habile dans la médecine, l'anatomie, la chirurgie et “ Ja botanique, écrit Charlevoix, a l'esprit fort orné, et ne se distingue ‘pas moins dans le Conseil Supérieur, dont il est membre, que par ‘“ sa science en tout ce qui touche à sa profession” Mr l'abbé Bois l'estimable auteur des Vies du Chevalier de Sillery, de Mgr. de Laval, etc., a donné une Notice biographique assez étendue du Dr Sarrasin.

‘ d'enceinte de Montréal, Sa Majesté en a ordonné un ‘extraordinaire de vingt mille livres qui est employé sur ‘t l’état de la présente année, ce qui contribuera beaucoup # à l'avancement de cet ouvrage, auquel je vous prie de ‘* donner une grande application. (Signé) Maurepas.”

M: de Lery consacra cinq années à poursuivre ces travaux. Il venait de recevoir une lettre du Ministre, en date du 23 Avril 1735, accusant réception de son plan de la ville de Montréal, lorsqu'il fut appelé par M de Beauharnois à élever le fort de la Pointe à la Chevelure. Il employa à la construction de ce fort le peu de temps que lui laissaient ses occupations à Montréal. Dans cet intervalle, il reçut trois nouvelles lettres du Ministre. Par la première, du 2 Avril 1736, M" de Maurepas lui mandait que, sur les rapports qui lui avaient été faits par MM. de Beauharnoïs et Hocquart, tant sur l'enceinte de Montréal que sur le fort de la Pointe à la Chevelure, il ne doutait pas que ces travaux ne fûssent entièrement achevés dans le cours de l’année suivante, et qu'il serait heureux de le présenter à son tour au Roi pour la Croix de St Louis. Par la seconde, du 6 Mai 1737, également datée de Versailles, il lui marquait qu'il avait appris avec plaisir que les ouvrages progressaient et qu’il espérait toujours qu’ils seraient terminés dans la présente année. ‘“ Monsieur, ‘* ajoutait-il dans la troisième du 13 Mai 1739 et envoyée “ de Marly, j'ai reçu le compte des travaux qui ont été “exécutés l’année dernière dans la Colonie. J'ai été ‘ satisfait de ces opérations, et j'ai voulu vous en donner ‘une preuve en procurant à votre fils la place de Sous- * Ingénieur qui était remplie par le Sieur Dugué.”

D'après cette dernière lettre du Ministre, on voit que M: de Lery était marié, et se trouvait à la tête d’une

famille. En effet, il avait épousé à Québer, le 13 Octobre.

1717, Melle Marie René le Gardeur de Beauvais. Cette Demoiselle appartenait à l'illustre famille, dont il a été parlé plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage. M'René le Gardeur de Beauvais, père de Melle Marie René, était

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fils de Mr Charles le Gardeur, Sieur de Tilly, ! et de Dame Geneviève Juchereau. En 1794, et non en 1793, comme il a été dit par erreur, le 19 Septembre, alors qu'il était dans sa trente-quatrième année, il avait épousé Melle Barbe de St Ours, ainsi qu’il a été rapporté. De ce mariage, auquel avaient assisté Mr de Repentigny, Mr Juchereau, Lieutenant-Général Civil et Criminel, Mr de la Vallière, Capitaine, Mr le Chevalier des Grais, etc., étaient nés plusieurs enfants, entr'autres : — Louis-Hector qui eut pour parrain M' de Callières, Gouverneur de Montréal ; — René lequel, étant devenu Capitaine de frégate et de port à Québec, comme il a été dit, mourut à St Domingue, après avoir été décoré de la Croix de St Louis ; — Marie-René qui fut tenue sur les fonts sacrés par Mr Jean-Baptiste de St Ours et par Dame Geneviève Marganne de la Valterie, épouse de Mr Delisle, Lieutenant. C’est celle-là même dont Mr de Lery demanda et obtint la main. Elle avait reçu le jour à Villemarie, le 5 Octobre

Le mariage eut lieu à Québec, où Melle Louise, une de ses sœurs, avait pris le voile à l'Hôpital-Général, sous le nom de St Vallier. Nous avons encore l'acte de mariage.

| De son mariage avec Melle Juchereau, Mr de Tilly avait eu douze enfants, six fils et six filles : Catherine, Marie, Louise-Marie, Françoise- Charlotte, Marguerite, la Mère Ste Catherine, Louis, René, St Michel, Delisle marié à Melle de la Valterie, et deux autres, dont l’un devint Capitaine d’Infanterie.—Catherine épousa, en 1668, Mr Pierre Souillé ; — Marie fit alliance, en 1672, avec Mr Alexandre Berthier ; — Louise- Marie contracta mariage, en 1689, avec Mr Auguste-Rouer, Sieur de la Cardonnière, fils de Mr de Villeray, Conseiller ; — Françoise-Charlotte entra, en 1689, dans la famille d'Amours de Clignancourt ; — enfin, Marguerite devint l'épouse, en 1684, de Mr Louis-Joseph des Grais, que nous avons eu tort d'appeler précédemment de Grey.— Parmi les garçons, Louis, ou Noël suivant d’autres, épousa Melle Madeleine Boucher, fille de M: P. Boucher, dont nous avons fait connaître la famille, et fut père de Melle Angélique le Gardeur, épouse de Mr Pierre Aubert de Gaspé qui, par ce mariage, fut mis en possession d’une partie de la Seigneurie de St Antoine de Tilly ; —René fit alliance, comme on vient de le dire, avec Mette Barbe de St Ours, et eut les enfants mentionnés plus haut; —St Michel mourut à Rochefort, où il était Lieutenant de vaisseaux ; — Delisle périt dans un combat contre les Sauvages, ainsi que son plus jeune frère.

“ L'an 1717, le 3 Octobre, nous avons reçu le mutuel “ consentement de mariage entre M' Gaspard Chausse- “ gros, Ingénieur de la marine, fils de feu Gaspard ‘ Chaussegros, Ingénieur du Roi, et de Dame Anne de « Vidal, ses père et mère, de la Paroisse de Notre-Dame, ‘“ Diocèse et ville de Toulon, d’une part; et de l’autre, Melle Marie René le Gardeur de Beauvais, fille de Mr ‘“ René le Gardeur de Beauvais, Capitaine d'une Com- “ pagnie du détachement de la marine, et de Dame Marie-

# Barbe de S' Ours, ses père et mère, de la Paroisse de

Villemarie, de notre Diocèse ; lesquels nous avons dis- ‘ pensés de la publication des trois bans et leur avons ‘ donné la bénédiction nuptiale, selon les cérémonies ‘* prescrites par la sainte Eglise, en présence de Mr le ‘ Gardeur de Beauvais, père de la dite épouse, de M- ‘ Pierre le Gardeur, son oncle, Capitaine, de Mr le Chevalier de St Ours, de Mr de Contrecœur, de Mr Aubert, ‘“ tous proches parents de la mariée ; et, du côté de M" Chaussegros, de Mr de la Corne, Major des troupes, de Mr Amariton, ! de Mr DuPlessis Faber ; en présence ‘“ encore de M* Bégon, Intendante du pays, de M* de : Beauvais, de M le Gardeur, de M* de Repentigny, de + Mé d’Eschaillons et autres Dames et Demoiselles qui “ ont signé avec les époux et les parents des conjoints. (Signé) + JEAN, EVÊQUE DE QuÉsEc.”

A l’époque où nous en sommes de sa carrière, Mr de Lery avait déjà exécuté d'immenses travaux. Comprenant que les meilleures entreprises éprouveraient toujours des difficultés, tant que le Canada ne pourrait tirer de son sein les matières premières, et qu’il serait obligé de tout

1 M: Amariton fut un des plus intrépides officiers de son temps. Enseigne en 1696, il fut fait Lieutenant en 1702. C'est en cette qualité qu'il se couvrit de gloire à Terre Neuve. ‘ Avec 4 soldats et 8 “ volontaires, rapporte Charlevoix, il attaqua en plein midile Forillon, “et, à la barbe de 300 Anglais qui étaient dans le hâvre, emporta le « fort, sans perdre aucun des siens, se rendit maitre de cinq habita- “ tions et de trois bâtiments.” Mr Amariton laissa un fils, également distingué, qui fit honneur à sa profession.

utuel lussespard ne de ame, rutre, le Mr Comfariese de s disivons onies Mr le le M- Che- 1bert, le M° es, de sence do de y, de s qui oints.

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attendre de la mère-patrie, il s'appliqua à encourager les usines et les chantiers de construction. C’est là un service non moins important qu’il rendit au pays. À l'occasion des forges de St Maurice, dont il avait activé les

travaux, après lui avoir parlé de son fils, le Ministre lui

écrivait de Versailles, le 2 Mai 1740 : ‘ Je suis bien aise, “ Monsieur, que votre fils ait marché, dans le détachement ‘“ qu Baron de Longueuil, contre les Chicachas, et je “ souhaite que les témoignages qui me reviendront de sa “ conduite, me mettent à même de lui procurer de l’a- ‘‘ vancement.

“ MM. de Beauharnois et Hocquart ne m'ont pas laissé “ jgnorer ce que vous avez fait pour l'établissement des “ forges de St Maurice. Ils m'ont aussi rendu compte de “ ce qui a été fait, l’année dernière, aux fortifications, et & je leur ai expliqué les intentions du Roi sur cette ma- “tière.

“ Tls m'ont envoyé la carte que vous avez dressée de la “ Baie St Paul et je leur fais connaître égalenient la vo- “ lonté du Roi au sujet de cet endroit.

“ Adressez moi les plans et les cartes que vous avez à “ envoyer pour le dépôt de la marine. (Signé) MauREPASs.”

Tant d’utiles services ne pouvaient rester sans récompense. Le 17 Mai 1741, Mr de Maurepas annonçait à Mr de Lery que, se rendant aux vœux de Mr de Beauharnois et aux siens, le Roi l'avait enfin fait Chevalier. ‘ Le Roi ‘a bien voulu, Monsieur, approuver la proposition que “je lui ai faite de vous accorder la Croix de St Louis ‘et j'envoie à Mr le Marquis de Beauharnois la Croix et ‘ les ordres nécessaires pour votre réception. Je me suis ‘ volontiers porté à vous procurer cette marque d’hon- ‘ neur, persuadé qu'elle excitera votre zèle et votre ‘ attention pour les fonctions de votre erxploi.

‘ J'ai aussi procuré à votre fils une Expectative d'En- ‘ seigne en second sur les bons témoignages qui m'ont ‘été rendus de la conduite qu’il a tenue dans la cam- ‘“ pagne contre les Chicachas. (Signé) Maurepas.”

Déjà en 1720, voulant lui donner une preuve de son estime, le Monarque, de l'avis du Duc d'Orléans, son oncle, l'avait confirmé dans son grade de Capitaine et avait enjoint au Gouverneur Général de le faire reconnaître comme tel.

Ne voyant dans cette nouvelle faveur qu’un motif de plus, de mieux servir le Roi et son pays d'adoption, le Chevalier de Lery donna plus que jamais ses soins à l’érection des chantiers qu'il projetait depuis longtemps. Dans ce but, il avait fait dans l'automne de 1740, de concert avec Mr Hocquart, une excursion dans le voisinage du lac Champlain, afin de s'assurer de la qualité des bois propres à la construction. En ayant rendu compte au prince, L. J. de Bourbon, il en reçut la réponse suivante :

Paris, 8 Mars 1741. J'ai reçu, Monsieur, votre lettre ‘ du 20 Octobre dernier. J'ai lu avec plaisir le récit que “ vous me faites de votre voyage, avec Mr Hocquart, dans “ le lac Champlain, pour la découverte des bois de construction et le nouvel établissement d’une forge aux “ Trois-Rivières. Je vous prie d’être persuadé que, lors- “ que l’occasion se présentera, je serai fort aise de vous “ marquer, Monsieur, l'estime que j'ai pour vous. (Signé) & L, J. M. ne BourBoN”

Etant demeuré convaincu que le Canada possédait la plus riche variété de bois qu’il fut possible de désirer, M: de Lery donna ses plans. C’est alors que le Ministre, craignant sans doute que son projet n’entrainât le gouvernement dans de trop grandes dépenses, lui écrivit la lettre suivante : ‘ Fontainebleau 27 Avril 1742. Il est “ nécessaire, Monsieur, que vous communiquiez à Mr Hocquart le projet que vous avez entrepris pour l’établissement d’un nouveau chantier de construction et “ que vous lui donniez sur cet objet tous les éclaircisse- “ ments dont il pourra avoir besoin pour prendre un parti “et m'en rendre compte.

“ Par ce qui m'a été mandé sur ce qui a été entrepris

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“ pour mettre les Bastions de Québec en état de défense, j'ai lieu de croire que tout a été terminé avant le com- “ mencement de l'hiver, et que ces réparations ont été & faites avec la solidité convenable.

& J'ai fait donner à votre fils une place d’'Enseigne “ dont l’Expectative lui avait été accordée l’année der- &nière. Vous avez également appris que la place de “ Capitaine de port à Québec a été accordée au Sieur de “ Beauvais, votre beau-frère, et que le commandement de “ Ja flûte Le Canada lui a pareillement été confié. Je me & suis porté avec plaisir à leur procurer ces grâces, per- “ suadé qu’ils s’en rendront dignes par leur zèle et leur application au service.

& Il a été rendu un arrêt qui règle la manière dont il “ doit être pourvu aux réparations du palais épiscopal, et “ comme c’est vous qui devez les suivre, je vous recom- ‘“ mande d’y apporter vos soins, afin que l'ouvrage soit ‘ fait avec autant d'économie que de solidité. (Signé) MAUREPAS. ”

Nonobstant cette lettre du Ministre, Mr de Lery, après avoir terminé le bassin de Québec, eût bieñ désiré construire un autre chantier à l'Ile d'Orléans, tant à cause de’ la position de cette Ile, que de la proximité des riches forêts qui la couvraient en tout sens ; mais, ne voulant rien entreprendre sans l’agrément de la Cour, il en écrivit au Ministre qui lui fit la réponse qu’on va lire : “ Ver- “ sailles, 6 Avril 1744. La cale qui a été faite vis-à-vis le ‘“ chantier, devant produire de bons résultats, tant pour ‘la facilité des constructions que pour la sûreté des “ vaisseaux, qui, après avoir été mis à l’eau, viendraient ‘* à échouer, le Roi en a approuvé l'établissement.

** Quant au projet de faire un nouveau chantier à la “ pointe de l'Ile d'Orléans, il ne faut pas y songer à pré- ‘“ sent. Cependant communiquez vos projets à MM. de “ Beauharnois et Hocquart. Ils m'ont rendu compte des ‘ouvrages faits aux bâtiments de l'Evêché, et j'ai pourvu ‘aux fonds nécessaires pour le paiement. Pour ce qui est

“ de la Chapelle et du rétablissement de la porte cochére “et du mur qui y est attenant, j'explique à MM. de “ Beauharnoïs et Hocquart les instructions de Sa Majesté.

& J'ai procuré à votre second fils l’Expectative d’Ensei- “ gne que Mr le Marquis de Beauharnois avait demandée “ pour lui. (Signé) Maurepas.”

Le projet d’un chantier à l'Ile d'Orléans souriait toujours à M" de Lery ; mais survinrent des affaires plus pressantes qui l'en détournèrent. Il fallut fortifier les postes de Niagara et de Frontenac ; le Ministre luimême l'y avait engagé par sa dépêche du 5 Mai 1745. Par celle du 23 Février 1748, il rappelait l'attention de l'Ingénieur sur les fortifications de Québec : ‘Le Roi “ ayant approuvé que les fortifications de Québec soient “ continuées, lui disait-il, il ne reste plus qu’à souhaiter “ qu’elles produisent les avantages qu’on y a fait envi- “ sager et que ces travaux aient été faits avec toute la “ solidité possible. Le projet de faire vouter les deux “ corps de casernes a été approuvé par le Roi ; vous “ pouvez en conséquence l’exécuter. A la place du Sieur ‘“ Boucher qui a reçu une autre destination, un autre “ Ingénieur sera envoyé. En attendant, le Sieur de ‘“ Couagne, Sous-Ingénieur, se rendra dans la Colonie. “ (Signé) MauREPAS.”

Cette lettre est la dernière communication que Mr de Lery ait reçue du Ministre. Cinquante ans d’utiles services lui donnaient droit à une honorable retraite; il avait d’ailleurs des enfants qui le remplaçaient admirablement et sur l’habileté desquels il pouvait se reposer. En 1733, il avait obtenu, sur la rivière Chambly, une concession de deux lieues de front sur trois de profondeur. C'est à faire des travaux d'exploitation sur cette terre, qu’il consacra les dernières années de sa vie. Il y était occupé, lorsqu’en 1749 il reçut de l’un de ses frères la lettre qu'on va lire. On voit que c’est un officier qui écrit à un autre officier : “ Toulon, 24 Avril 1749. Mon cher frère, “j'ai reçu votre lettre que vous m'avez fait le plaisir de

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“ m'écrire, et je suis ravi que vous soyez tous en honne “ santé. J'ai reçu aussi les deux procurations pour vendre & votre maison à M" de Mine, mais je n’ai pas cru devoir & Jaisser sortir cette maison de la famille.

On se loue fort ici de la frégate Le Canada. Les « officiers de Mr de Court qui sont venus ici de Rochefort “ pour armer son Escadre, en ont parlé en bien, ainsi “ que de M' de Beauvais qui la commande. Je serais heu- “ reux s’il se rendait jusqu'ici, où est arrivé Le Caribou. “ Sur le pied où l’on construit ici les vaisseaux du Roi, & on ferait beaucoup mieux de les faire en Canada, où le & bois est trois fois moins cher, surtout si on doit y & établir, comme on le dit, une fonderie de canons, la qualité du fer étant beaucoup supérieure à celle d'Es- ‘ pagne.

“ La guerre vient d'être déclarée à la Grande-Bretagne. “Le commerce en souffrira ; mais le Roi ne pouvait & faire autrement : nos vaisseaux marchands étaient sans “ cesse insultés et ne pouvaient plus entrer dans la rade ‘ des Iles d’Yères, ni en sortir. C’est à ce point qu'il a & fallu attaquer l'ennemi avec la flotte espagnole qui était détenue ici depuis depuis deux ans. Le combat a ‘“ eu lieu le 22 Février. 11 a commencé à une heure ‘ après midi presque sous 108 yeux, à cinq ou six lieues ‘ au Sud-Ouest du Cap Sepet, et a duré jusqu'à six heures “ du soir. Les Anglais avaient trente-cinq vaisseaux, “ dont dix à trois ponts : nous n’en avions que vingt, dont ‘“ neuf petites frégates ; les Espagnols en avaient dix. ‘ Mr de Court avait donné le signal à la flotte espagnole “ de se tenir près de la nôtre ; mais, soit qu’elle ne se soit ‘ pas aperçue des signaux, soit qu’elle n’ait pas eu le ‘* temps d'exécuter ce mouvement, elle fut brusquement ‘attaquée par celle de l’Amiral Mathews qui, la voyant ‘isolée, l'enveloppa de toutes parts. Déjà un de ses ‘! vaisseaux, Le Poder, s'était rendu, et Le Réal de dix-neuf ‘‘ canons, portant le Commandant, était presque com- ‘“ plètement démâté. Il luttait seul contre dix-huit vais-

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