‹ Le vicomte C. de Léry [microforme]Chapitre 19 sur 76 · COMTE IS POP IEEE EST DR · texte numérisé non relu

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‘ où il a continué son service jusqu’au jour qu’il a donné ‘“ sa démission, qu'il s’est trouvé à toutes les affaires qui ‘“ ont eu lieu pendant toutes ces campagnes, et qu'il s’est ‘ conduit avec honneur, se distinguant par son zèle, son *“ courage et son intelligence. En conséquence, d’après “ l'autorisation que Sa Majesté Impériale nous a donnée “ de permettre aux bons sujets, sortant du Corps, de & s'établir dans ses Etats, nous lui avons. permis de se “ fixer chez Madame la princesse Czetwertinska, à ‘ Dubno, ou dans tout autre lieu qui lui plaira. Fait à ‘“ notre Quartier Général, à Dubno en Wolhynie, le 31 * Mars 1799. (Signé) Louis-Josepx DE BourBon” Ayant appris sur ces entrefaites la mort de son père, arrivée deux ans auparavant, Mr de Lery envoya à sa famille cet acte de renonciation : ‘ Je renonce à la jouissance de ‘ la part qui me revient de la succession de mon père, ‘“ en faveur de Catherine Chaussegros de Lery et d’Alex- ‘“ andre-André-Victor Chaussegros de Lery, tant qu’elle ‘ leur sera nécessaire et que les circonstances ne m'obli- ‘“ geront pas d'y recourir moi-même. A Dubno, en “ Wolhynie, Pologne Russe le 29 Mars 1799. (Signé) GE0. DE LERY.”

Mr de Lery avait quitté Dubno pour Grodno, lorsqu'il reçut du prince de Conti la lettre suivante, en date du 14 Juin 1807: ‘“ Monsieur, j'ai reçu dans son temps la ‘ lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire et je & suis fâché que vous n'ayez pas reçu ma réponse. Vous ‘“ êtes à portée de voir de bien grands événements. Il faut espérer que les résultats seront favorables à “ notre Roi et que nous le verrons bientôt sortir de “ Vinaction où on l’a mis malgré lui. La -prise de “ Dantzick a fait grande sensation ici; mais je ne doute “ pas que les braves Russes ne réparent comme il faut “ cet échec. Ils se battent bien; le courage héroïque “ qu’ils ont montré pendant la campagne d'hiver qu’ils « viennent de faire, est au dessus de tout éloge. Je suis “ enchanté d’avoir l’occasion de vous renouveier les

“ assurances du sincère attachement avec lequel je suis, « Monsieur, votre etc. (Signé) ne ConTI.”

Que faisait Mr de Lery dans cette ville de Grodno? C'est ce que nous apprennent les lettres qu'il écrivit alors à sa famille. Il avait accepté la place de Gouverneur des enfants de la princesse Czetwertinska, place qui lui donnait ses entrées libres à la Cour et lui attirait la plus grande considération. Il y était encore en 1815, lorsque la bataille de Waterloo amena l’abdication de Napoléon ‘eret permit aux Bourbons de rentrer en France. Ses anciens maîtres n’eùrent garde d'oublier le brave Lieutenant du Corps du Génie. Le 7 Mars 1815, M: de Lery reçut du Ministre, le Baron Louis, la lettre que voici : “ Le Roi, Monsieur, à qui j'ai eu l'honneur de faire con- “ naître votre dévouement à sa personne et votre zèle “ pour son service, a permis que je vous autorisâsse, en “son nom, à porter la décoration du lys. Il m'est “ agréable de vous compter au nombre des bons Français ‘“ dont les sentiments méritent d’être attestés par cet “ ancien symbole de notre monarchie. Je vous salue “bien sincèrement. Le Ministre Secrétaire d'Etat des Finances. (Signé) Le Baron Louis.”

Ce n'était pas la dernière faveur que devait recevoir Mr de Lery du Monarque français. Un an après, il était fait Chevalier de St Louis. Cette nouvelle distinction lui était ainsi annoncée par le Comte de Noaïlles, Ambassadeur de France à St Petersbourg : St Petersbourg, “24 Janvier 1817. Monsieur, j'ai l'honneur de vous ‘ annoncer que Sa Majesté, par Ordonnance du 16 Octobre “1816, vous a nommé Chevalier de l'Ordre royal et “ militaire de St Louis. J’ai reçu, pour vous être remise, “ la lettre par laquelle le Ministre de la guerre vous ‘ annonce cette faveur, et je vous remettrai cette lettre ‘ aussitôt après votre retour à St Petersbourg. de crain- ‘ drais qu’elle ne s’égarât, en vous l’envoyant par la poste ‘ J'ai reçu aussi l'autorisation nécessaire pour procéder ‘““à votre réception comme Chevalier. Je suis enchanté

‘ d’avoir toutes ces assurances à vous donner. Je suis ‘avec la considération la plus distinguée, Monsieur, “votre etc. (Signé) J. DE NoaiLzes, Ambassadeur de ‘ France.”

Cette lettre était adressée à Grodno, où M' de Lery était toujours, faisant l'éducation des enfants de la princesse Czwertinska. Il ne devait plus y rester bien longtemps. Un honneur, le plus grand qui ait jamais été fait à un Canadien, et peut-être à un Français, l’attendait à S' Petersbourg. Charmé des rares qualités qu’il avait remarquées dans le Chevalier de Lery, le Monarque russe le fit demander pour être Précepteur de ses enfants. Une proposition semblable avait de quoi surprendre Mr de Lery. Néanmoins, après y avoir bien réfléchi, il crut devoir accepter. Il se rendit donc à St Petersbourg et commença l'éducation des deux princes impériaux, avec lesquels il parcourut presque toutes les Cours de l’Europe, où il reçut des Souverains des marques de la plus haute estime, ainsi que l’attestent les nombreuses lettres qu’il écrivit à cette époque. C’est ce que rapporte Mr de Gaspé.

M: de Lery était dans sa soixautième année, lorsqu’il fut enlevé en 1831, étant à Grodno. Sa mort fut ainsi annoncée, quelque temps après, à Messire Quiblier, ! Supérieur du Séminaire St Sulpice, qui a laissé à Montréal de si doux souvenirs: ‘‘ Révérend Monsieur, je suis chargé “ de vous faire part de la mort du Chevalier de Lery, “avec prière de faire transmettre cette nouvelle à sa “ famille et de lui communiquer les pièces ci-jointes

1 Parmi les éminents services que Mr Quiblier a rendus à la population de Montréal, on peut mt ‘re au premier rang celui d’avoir appelé dans cette cité les Frères de la Doctrine Chrétienne et d’avoir doté les faubourgs d'écoles pour les enfants des deux sexes. On lui doit encore, en grande partie, l'érection de l'Eglise St Patrice et l’achèvement des tours de Notre-Dame, monuments qui font l’admiration des étrangers. Né au Diocèse de Lyon, le Révérend Mr Quiblier était passé en Canada en 1825. Après avoir succédé à M" Roque, dans la direction du Collége de Montréal, il succéda encore à Mr Roux dans la supériorité du Séminaire, qu'il remit en 1846 entre les mains du Révérend Mr Billaudèle. Mr Quiblier est mort à Paris en 1852, emportant les regrets de tous.ceux qui avaient su l’apprécier.

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