‹ Le vicomte C. de Léry [microforme]Chapitre 4 sur 76 · COMMENCEMENTS DE LA NOUVELLE-FRANCE · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE LA NOUVELLE-FRANCE

Déçu dans ses espérances du côté de l’Acadie, de Monts tourne ses vues du côté du Canada. Afin d’assurer le succès de son entreprise, il en confie l’exécution à Champlain. Parti de Honfleur le 13 Avril 1608, celui-ci arrive le 3 Juin à Tadoussac,et delà se rend à Kébec, ainsi appelé à {f à cause du rétrécissement du fleuve. Le 3 Juillet il met pied à terre, et, u {|| après avoir arboré le drapeau de la France, il fait commencer une habi-

{il tation, en forme de fort.—L’année suivante, après avoir sévi contre les

mécontents qui avaient voulu attenter à ses jours, Champlain se décide k' l'd à aller attaquer les Iroquois, ennemis des Hurons et des Algonquins, 3 Li ‘ll ses alliés.—Afin d’applanir les difficultés qui s'étaient élevées au sujet V ['! de Québec depuis la révocation des priviléges accordés à de de Monts, il : Ré | fait voile pour la France au mcis de Septembre.—De retour à Québec le {l au mois de Mai 1610, il marche une seconde fois contre les Iroquois et un 11 reprend ensuite la route de la France, dans les intérêts de la Colonie.— cin |! Après avoir épousé à Paris, le {3 Décembre 1610, Hélène Boullé et être D re

parvenu à armer quelques vaisseaux, il revient à Québec au printemps

de l’année suivante, et delà se rend à la Place-Royale (Montréal), où, charmé de la beauté du site et de la fertilité du sol, il projète de bâtir une ville à l'Ile St Hélène qu'il appelle ainsi du nom de son épouse.— Afin de s'assurer l'appui de quelque grand de la Cour, il repasse en France dans l'automne de la même année, et obtient que le Comte de Soissons, et, après lui, ie prince de Condé, soit nommé protecteur de la Nouvelle-France.—De retour à Québec au mois de Mai 1613, il remonte I: rivière des Outaouais afin de prendre connaissance du pays et part de nouveau pour la France, où il travaille à former une Compagnie de marchands et à se procurer des prêtres.—Le 25 Mai 1615, Champlain arrive à Tadoussac avec quatre Récolletset le 25 Juin a lieu à Québec le St Sacrifice de la Messe ; le 16 du mois suivant, il est célébré aux Trois-Rivières. Se rendant alors sur les bords du lac Ontario, il va attaquer les Iroquois et est blessé. —Après avcir passé l'hiver chez les Hurons, il revient à Québec d'où il s’embarque pour la France afin de porter plainte contre les commis de la Compagnie qui mettaient obstacle à la conversion des Sauvages.—Il revient en Canada l’année suivante, avec plusieurs Récollets, et repart immédiatement afin d'obtenir les secours dont le pays avait besoin.—En son absence, la Colonie a à déplorer la mort du frère DuPlessis qui l’avait préservée d’une invasion d’Iroquois.—Afin de se mettre à couvert contre les insultes de ces barbares et se procurer les moyens de remplir leur sainte mission, les Récollets jettent les fondements d’un Couvent, le 3 Juin 1620, sur les bords de la rivière S* Croix dont ils changent le nom en celui de St Charles, en mémoire de l’un de leurs bienfaiteurs.—Cette même année, Champlain, après plus de trois ans d'absence, revient à Québec, accompaené de son épouse, avec le titre de Lieutenant-Général du Duc de

ontmorency, successeur du prince de Condé dans la vice-royauté de la Nouvelle-France. Pendant qu'il répare son établissemont et fait construire le fort St Louis, les Récollets, après avoir dédié leur Eglise à N. D: des Anges le 25 Mai 1621, la livrent au culte, et, sans abandonner la Chapelle de la Basse-Ville, construite en 1615, y ouvrent dés registres.—Une nouvelle Compagnie ayant été formée sur ces entrefaites par le Duc de Montinorency, le Père le Baillif passe en France afin d’y soutenir les droits de l’ancienne, et parvient à concilier les intérêts de l’une et de l’autre.—Deux ans après, afin de résister aux Iroquois qui étaient venus attaquer, l’année précédente, le Couvent des Récollets, pendant que plusieurs des Pères étaient en mission chez les Hurons, Champlain se détermine, malgré le peu d'aide qu’il reçoit de la Compagnie, à reconstruire le fort sur un plan plus vaste et plus solide.—Cette même année 1624, St Joseph est choisi solennellement pour premier Patron du pays. Quelques m'is après, en vue d'obtenir un renfort d'ouvriers apostoliques, Champla.a passe en France et y reconduit son épouse.—A la demande des Récollets, le Duc de Van.adour, nouveau Vice-Roi de la Nouvelle-France, agrée les Jésuites, et l’année 1625 voit arriver les Pères Lalemant, de Brébœuf et Massé. La joie de cette arrivée est assarabrie par la mort tragique du Père Viel, précipité dans le fleuve : l'endroit appelé depuis le Sault-au- Récollet.—Après avoir partagé quelque temps le toit hospitalier de leurs confrères, les Jésuites élèvent, sur les bords de la rivière Lairet, un Etablissement sous le nom de N. De des Anges et en font leur principale résidence.—Pendant que cette construction s'achève, Champlain revient en Canada. Trouvant le fort St Louis trop petit, il le fait abattre et leremplace par un autre plus grand.—L'année suivante, 1627, le pays

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fait une nouvelle perte dans la personne de Louis Hébert, le plus ancien et le plus persévérant de ses colonisateurs. Cette même année, en vue de soutenir l’œuvre de Champlain, le Cardinal de Richelieu forme à Paris une nouvelle Société sous le nom de Compagnie des Cent Associés—Pendant que cette Société s'organise et fait un premier envoi, Québec est menacé du plus grand danger. Après s'être emparé de Tadoussac et avoir pillé l'habitation récemment construite au Cap-

‘ Tourmente, David Kerk parait le 10 Juillet 1628 devant la place, somme

Champlain de la livrer, et, pour l'y contraindre, se rend maître de la flotte chargée de lui porter des vivres.—L'année suivante, se voyant réduit à la dernière extrémité et ayant perdu tout espoir d’être secouru, Champlain remet Québec, et, avec Pontgravé, le fidèle compagnon de ses travaux, est conduit à Tadoussac et delà en Angleterre.—La paix s'étant rétablie entre les deux Couronnes, Champlain obtient de Louis XIII que le Canada soit restitué à la France, et, après plus de deux ans de négociations, a le plaisir de voir de Caen rentrer à Québec.— Lui-même, après avoir relâché au Cap Breton, y revient le 23 Mai 1633 avec trois vaisseaux portant deux cents personnes, en qualité de Lieutenant du Cardinal de Richelieu.—L'’année suivante, après avoir réparé u ne partie des ruines, il fait élever, en exécution d’un vœu, la Chapelle de N. De de la Récouvrance qui remplace celle de la Basse-Ville, détruite. Cette même année témoin du retour de Robert Giffard, le futur fondateur de Beauport. il fait commencer l'habitation des Trois-Rivières où il envoie, le 7 Juillet, plusieurs colons sous la conduite de la Violette, en attendant que les Jésuites s’y rendent eux-mêms.—L'année 1635 est une année de deuil pour le Canada. Apres avoir dépensé la meilleure partie de sa vie à établir Québec et être parvenu, à travers mille obstacles, à consolider son œuvre, en élevant des fortifications, en encourageant l’agriculture et en faisant régner la Religion, Champlain expire le 25 Décembre, laissant un souvenir ineffaçable.—Nommé le 16 Mars 1636 pour le remplacer, Mr de Montmagny arrive le 11 Juin à Québec et reçoit les clefs de la place des mains de M' de Châteaufort, Gouverneur par intérim. Sans perdre de temps, il rebâtit le fort, trace le plan des rues et visite les Trois-Rivières dont il augmente les habitations. Sur ces entrefaites, arrivent les illustres familles de Repentigny et de la Potherie, formant quatrante-cinq personnes.— L'année suivante, la petite vérole sévit parmi les Hurons qui en rendent les Missionnaires responsables.—Afin d'assurer la persévérance des Algonquins, nouvellement convertis, Mr de Sillery charge le Père le J eune de leur bâtir à ses frais une habitation, près de Québec, à l’endroit appelé depuis de son nom. Les Jésuites jettent eux-mêmes les fondements de leur Collége, près du fort St Louis.—Deux ans après, au lendemain d'un ihémorihle tremblement de terre, a lieu une double fondation non moins importante, l’une par la Duchesse d’Aiguillon en faveur des Hospitalières, et l’autre par Mr: de la Pelterie en faveur des Ursulines. Le 1er Août 1639, les unes et les autres de ces Religieuses, accompagnées du Père Vimont, arrivent à Québec, où leur présence, avec la nouvelle de la naissance du Dauphin (Louis XIV), est l’occasion d'une joie universelle. En attendant que des logements plus spacieux soient élevés, elles vont occuper des habitations provisoires.— Les revers ne sont pas loin des joies. L'année suivante 1640, pendant que la Colonie est encore dans l’allégresse et que les Pères Jésuites vont fonder leur belle mission de St Marie, la maison de ces Religieux devient la proie des flammes, ainsi que l'Eglise et la Chapelle du Gou-

lus née, rme Dent mier ue apmme de la yant purUu, on de paix Louis deux )EC.— i 1633 Lieuréparé rapelle truite.

1r fonivières iolette, e 1635 a meilrs mille ns, en mplain mé le 16 Juin à eaufort, le fort, ente les lles de nnes.— rendent ce des Père le ,à l’enles fonprès, au double hillon en eur des igieuse® ; résence, l’'occats plus soires.— pendant Jésuites Religieux du Gou-

verneur. Pour comble d'infortune, les Iroquois lèvent la hache de guerre aux environs des Trois-Rivières et menacent de noyer la Colonie dans le sang, si elle n'est promptement secourue.

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