COURSES DE NUIT
Monsieur avait quitté la princesse de la plus belle humeur du monde, et, comme il avait beaucoup fatigué dans la journée, il était rentré chez lui, laissant chacun achever la nuit oommeil lui plairait
En rentrant. Monsieur s'était mis à sa toilette de nuit avec un soin qui redoublait encore dans ses paroxysmes de satisfaction
Aussi chanta-t-il, pendant tout le travail de ses valets de ihambre, les principaux airs du ballet que les violons avaient joaé et que le roi avait dansé.
Pois il appela ses tailleurs, se fit montrer ses habits du lendemain, et, comme il était très-satisfait d'eux, il leur diî^ (hbua, quelques gratifications.
Enfin^ comme le chevalier de Lorraine, Fayant vu rentrer, rentrait à son tour. Monsieur combla d'amitiés le chevalier de Lorrsâne.
Celui-ci, après avoir salué le prince, garda un instant le silence, comme un chef de tirailleurs qui étudie pour savoir sur quel point il commencera le feu; puis, paraissant se décider :
— Avez-vous remarqué une chose singulière. Monseigneur? dit-il.
— Non, laquelle?
— C'est la mauvaise réception que Sa Majesté a faite en apparence au comte de Guiche.
— En apparence?
— Oui, sans doute, puisque, en réalité, il lui a rendu sa ûveur.
— Mais je n'ai pas vu cela, moi, dit le prince.
— Comment ! vous n'avez pas vu qu'au lieu de le renvoyer dans son exil, comme cela était naturel, il Ta autorisé dans son étrange résistance en lui permettani de reprendre sa Dlace au ballet.