III. — Edouard de Riquetti de Mirabeau
ly. — Marie de Riquetti de Mirabeau, mariée au comte de Kersaint.
Un journal du temps nous représente le vicomte de Mirabeau « avec ses immenses cuisses serrées dans d'étroits pantalons couleur de cuir, ses jambes ultra-courtes dans des bottes à la housarde, une veste de chamois recouvrant son ventre, formé en façon de sac et, sur ses larges épaules, un dolman de couleur noire ; puis, sur la tête, un bonnet pointu comme un pain de sucre ».
Une caricature ^ le montre mieux encore, en costume de colonel de hussards de la mort : le bonnet d'astrakan orné d'ossements croisés et d'une tête de mort, avec une moustache de pandour et des éperons gigantesques, armé et botté prétentieusement ; toujours énorme et ridicule-.
Ces portraits, qui ne sont pas destinés à charmer les amateurs d'esthétisme, se complètent, grâce à un compagnon d'armes de Mirabeau-Tonneau. Il le dépeint surchargé de galons, de fleurs de lys, de plumets, cerné par un large baudrier et muni d'un sabre à lame de cinq doigts.
Le moral de Boniface répondait assez bien à l'allure physique du personnage. Ce chevalier des temps héroïques, quelque peu mâtiné de pitre forain, ne fut assurément ni un grand homme de guerre, ni un législateur de premier ordre ; malgré cela, l'étude de sa vie et de son caractère est particulièrement attachante, parce qu'il incarna le type