‹ Le vicomte de Vormeuil [pseud.]: ou, Confidences d'un lieutenant général àChapitre 12 sur 32 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Arrivée à ia Jamaïque. — Maladie et mort de Nicoiet. — Départ pour Saint-Domingue. — Premières conquêtes. — La guerre se poursuit. — Place obtenue. — Évacuation de Tiie. — iletour à la Jamaïque.

Notre traversée fut assez heureuse, et surtout favorisée par les vents. Mous rencoutrâmes quelques vaisseaux améri-cains qui se rendaient en France et en Angleterre. Cependant j'eus, comme émigré français, quelques inquiétudes. Nous étions dans les parages des Antilles, quand nous aperçûmes une frégate de la plus grande dimension à quelques lieues de nous sous le vent. Le capitaine de la corvette, muni d'une excellente lunette, la déclara française. Nous n'étions pas de force à l'approcher pour la conibailre, et nous continuâmes à voguer vent arrière. La frégate eut l'air, pendant deux ou troisheures, de nous poursuivre ; elle vira de bord, courut quelques bordées sur nous ; mais notre marche su*

pcrieure la força bientâl d'abandonner son projet de poursuite. Nous savions que nous étions suivis de près par la floue qui portait les troupes de débarquement, et le capitaine anglais s'écria avec exaltation : « Demain^ au point du jour, celle frégate sera enlevée. » J'ignore si sa prédiction s'est accomplie j je ne le crois pas, car nous n'entendîmes pas parler de cette capture. Enfin, nous débarquâmes à Kingston, après une traversée dé trente-huit jours Taitepar le plus beau temps. J'attendis dans cette ville les premières opérations delà flotte; Je voulais même y prendre part, quand mon pauvre Nicolet^ au bout de sept à huit jours, tomba trèsdangereusement malade. Bientôt son état m'inspira les plus vives inquiétudes. Les meilleurs médecins de la ville lui prodiguèrent leurs soins. Le mal, hélas! empira au point de ne plus laisser d'espoir. Mon fidèle serviteur succombait à une fièvre inflammatoire et putride à la fois. Dès les premiers jours, il sentit le danger qui le menaçait, et se prépara courageusement à la mort. Parfois un délire affreux s'emparait de lui, et alors il me croyait menacé des plus grands dangers ; il se levait tout droit sur son lit pour me défendre :

c'était un spectacle douloureux à voir Dans ses moments

de caliiie, il me parlait avec affection, me baisait les mains, me conjurait, voyant ma profonde douleur, dé me consoler, de penser à ma femme et à mes enfants. Il ne regrettait la vie, disait-il, qu'à cause de moi. Au moment d'expirer, après avoir reçu les sacrements, il me demanda ma bénédiction,

que je llii donnai en fondant en larmes Ce brave homme

rendit le dernier soupir entre mes bras Je fus long-

tenips à pouvoir surmonter la douleur que me causa sa peHe. Oui, mon cher fils, je vous le déclare, si Micoiet

fui revenu avec moi en France , ce n'est pas derrière ma chaise que vous l*auriez vu, vous l'auriez vu , à ma table, assis à mes câtés ; car cet ancien serviteur aurait été pour moi désormais un de mes amis les plus chers. Jamais on n'a poussé aussi loin que lui l'attachement et l'abnégation ' personnelle.

La première division de l'armée anglaise ne tarda pas à arriver devant Saint-DomingUe. Elle était formidable parla force de ia flotte et le noifnbre des troupes de débarquement. Le môle Saint-Nicolas, dont la sade était excellente, h'opposa pas une longue résistance. Cette ville attaquée à la fois par mer et par terre, se rendit en peu de temps, et les nègres se réfugièrent dails la montagne. De nouvelles fortifications imposantes, élevées avec beaucoup de protnp* titude , l'eurent bientdt mise à l'abri de toute attaque. Ce point devenait d'une grande importance par la sûreté de sa rade. La plus grande flotte de guerre s'y trouvait aisément à Tabri. Le Port-au-Prince ne résista pas au feu des vaisseaux qui pouvaient l'anéantir. Les noirs, effrayés, évacuaient tous les points de la côte susceptibles d'être attaqués par les navires de guerre. Ad bout de quelques mots, nous étions en possession du Môle , du Port-au-Prince et de Saint-Marc. Mais la guerre se poursuivit avec plus d'activité à mesure que nous voulions pénétrer dans Tintérieur des terres. Sans être très-aguerrîs, les soldats noirs avaient sur nous un grand avantage^ c'était celui du climat, trèsdângereux ^our les troupes européennes. Nous étions arrivés en 179^9 et déjà, à la fin de cette année , nous avions perdu beaucoup de monde par la maladie; des renforts nous étaient nécessaires pour conserve!* les pbints dont nous

nous emparions successivement. Au bout de quelques mois, les chefs noirs et mulâtres, revenus de leur surprise, nous opposaient une défense opiniâtre; leurs soldats s'accoutumaient au feu , et profitaient des grandes chaleurs, qu'ils supportaient mieux que nous, pour nous harceler san» cesse. L'année 1795 se passa dans de continuels combats qui étendirent peu nos conquêtes. ^

Effrayé, comme Tétaient beaucoup d'ofiBciers français, de nos perles, provenant plus des maladies que du fer de l'ennemi , je proposai de faire phoix de nègres qui nous paraissaient fidèles , et d'en créer des régiments commandés par des officiers français et créoles. Ce projet, essayé d'abord, fut goûté et suivi plus en grand. Nous avions, en 1796, plus de dix mille nègres enrégimentés, bons soldats, très-disciplinés, commandés par les deux intrépides frères MM. Dessources, le marquis de Contades, et plusieurs autres officiers distingués. La légion britannique , suus les ordres de mon ami le baron de Monlalembert , et du valeureux comte de Bruges, rendit d'immenses services. Elle était composée d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie ; presque tous ses officiers avaient été pris parmi les émigrés ou les créoles. Outre ces différents corps , nous comptions les hussards de Rohan. Les troupes anglaises étalent sous les ordres du général Adam Williamson, nommé gouverneur de Ttle. Nos lorces réunies semblaient suffisantes pour faire la conquête de rtle ; cependant nous ne pûmes, malgré toys nos efforts, ijous emparer que d'une partie. Les maladies, et souvent le d(ifaut d'entente, nuisirent à nos succès, quoique nous en obtînmes quelquefois d'éclatants. Du Port-au-Prince, centre du gouvernement, nous poussâmes les nègres révoltés dans

l'intérieur. Bientôt nous fûmes maîtres de l'Artibonite, de TArcahaye, des Vases, et de la plaine du Cni-de-Sac. Le général Williamson, excellent homme, animé des meilleures intentions, daignait souvent me consulter. Je Tai vu plus d'une fois adopter mes plans ou rectifier les siens. Saint- Marc se rendit ; nous fîmes une expédition sur Jérémie, qui ne résista pas longtemps. Nous parvînmes à nous emparer de ses environs, fertiles en café. Il se livra quelques brillants combats vers le Cul-de-Sac, aux Yeretles, et dans lés environs de Saint^Marc. Une masse de nègres, un corps assez bien organisé, marcha avec une grande audace des Yeretles pour enlever celte dernièjpe ville. Nous étions prévenus d'avance de leur projet ; de sages dispositions furent prises^ et, après une vive défense, les troupes nègres se sauvèrent en désordre dans les montagnes. Ce grave échec qu^elles éprouvèrent les rendit plus circonspectes. Un jeune créole, d'une taille élancée, d'une haute bravoure, fit un trait incroyable de courage. Il avait remarqué pendant le combat un chef mulâtre, richement mis, qui haranguait ses troupes, nous désignait avec dédain et une sorte de bravade ; il paraissait nous défier. M. Macé, habile cava* lier, ofiicier de dragons, ennuyé de celte fanfaronnade, pique des deux, suivi de quelques cavaliers intrépides comme lui ; il renverse tout sur son passage, arrive au chef mulâtre, engage un combat singulier avec lui, et d'un coup de sabre rabat à ses pieds. Il revient parmi nous, écartant tout ce qui s'opposait à son passage; il avait vraiment Tair du dieu Mars.

Nous eûmes un autre engagement très-vif à la Croix-des- Bouquets. Un fort d'une grande importance, occupé por les

nègres, et qui gênait tous les raouvemeats de l'armée, fut emporté d'assaut par le colonel Dessources, à la téie de sa légion, composée de nègres braves et fidèles. La légion britannique se distingua dans celte journée et éprouva des per tes sensibles. Nous étions enfin parvenus, pendant quatre années d'occupation, à garantir des excursions des nègres, qui s'aguerrissaient tous les jours, le môle Saint-Nicolas et ses environs, le Port-au-Prince, sa banlieue, TArlibonile, le Boucassin , les Vases, la plaine du Cul-de-Sac, Saint-Marc, et Tarrondissement de Jérémie. Les sucreries, les caféteries, avaient été relevées ; elles étaient en plein rapport. Jamais mêmes ces contrées n'avaient été plus florissantes. Les nègres non enrégimentés travaillaient, se montraient soumis, et prenaient les armes quand les milices étaient requises. J'eus plus d'une fois le bonheur, étant à leur tête, de repousser victorieusement plusieurs attaques des insurgés.

Le général Williamson , qui était irès-aimé de to^s les Français, nous quitta ; il fut remplacé par le général Simcoé, officier également d'un grand mérite. Je regrettai beaucoup le premier, parce que je me persuadais toujours qu'il ferait goûter mon projet à son gouvernement : celui dont j'avais entretenu M. Pitt avant mon départ d'Angle|;erre. Nous dispu? lions souvent ensemble ses avantages et ses désavantages; pljBîn de mon sujet, je le défendais avec chaleur, et il me semblait être assez goûté du général. Cependant la par^^ de Saint- Pomingue conquise l'avait été au pom de la Grande* Bretagne ; son pavillon flottait sur tous les forts, sur l'î^ôtel du gouverneur; ainsi j'aurais dû voir s'éteindre mes espérances. Il n'en était pas pourtant ainsi, et je me disais que

si Dous parvenioDs à faire l'entière conquéCe de Saiiu- DomiDgue^ le gouverneipent anglais se déciderait peuiétre à ce trait de grandeur et de générosité que j'atl^ndais de lui.

Le général Williamson m'investit d'une mission de haute confiance. Jetais membre d'un comité toujours consulit; pour les opérations militaires, et les mesure^ administratives à prendre. Le général Simcoê me conserva les mêmes fonctions, mais il ne resta pas longtemps gouverneur de Saint-Domingue. Il fut remplacé par le général Forbes, esprit moins entreprenant, qui ne put agrandir nos conquêtes. Son prédécesseur avait des vues, de Factivilé, aussi contribua-t-il à étendre notre puissance même après le départ du général Williamson. Nous regrettâmes tous M. le général Simcoë, qui m*honora aussi de son attachement. Toutefois^ je m'aperçus dans mes conversations que j'avais caressé une chimère. Il me fit clairement entendre le peu de désir qu'avait l'Angleterre de travaillera Saint-Domingue pour la maison de Bourbon.

Hélas! j'eus bientôt l'occasion d'être convaincu que la Grande-Bretagne ne travaillait même pas pour elle, je veux dire avec un désir de conservation. Après environ quatre années d'occupation telle que je l'ai décrite, après le rétablissement complet d'une quantité de su crries et de caféteries, dont les produits allaient presque tous enrip}Hr le marché de Londres (les denrées coloniales étaient alors à un très-haut prix), nous vtmes arriver le général Maitland au Port-au-Prince; il venait remplacer le général Forbes, muni, disait-on, de pouvoirs très-étendus. On lui attribuait la faculté d'étendre, de poursuivre le^ conquêtes^ ou de irai*

ter de f évacuation de la colonie; de son évacuation, quand toutes les parties occupées étaient dans Tétat le plus florissant. Ces pouvoirs si étendus répandirent Talarme chez quelques-uns de nous. D'autres, au contraire, et j'avoue que j'étais de ce nombre, étaient persuadés qu'avant une année l'Angleterre serait maîtresse de toute Ttle. Cet avis était basé sur la mollesse des attaques des chefs noirs, si souvent défaits dans les combats qu'ils livraient. On les croyait du moins disposés à nous laisser jouir en paix de ce que nous possédions ; aussi est-il vrai de dire que le nombre des alarmistes était peu considérable. Le général Maitland même, dans une proclamation, démentait les bruits répandus, par ce qu'il appelait des malveillants. La con6ance aurait donc dû renattre, et c'est ce qui n'arriva pas, quand on vit l'idée de conquête complètement abandonnée. Nous sûmes plus tard que des intelligences secrètes, des conférences avaient eu lieu entre des commissaires anglais et des envoyés des chefs noirs. On remarquait le peu d'accord existant entre les troupes commandées par des officiers français avides de conquêtes, et la stagnation de l'armée anglaise; la jalousie, la rivalité, le défaut d'entente enfin, ne pouvaient se dissimuler; tout cela commençait à frapper les yeux les moins clairvoyants.

Et pourtant on avait eu la preuve de ce que peut produire l'énergie jointe à l'audace. Il s'était agi d'une expédition dans le sud de l'île, vers les Cayes. Le colonel Dessources, à la tête de sa légion, composée de trois mille nègres bien disciplinés, avnii dit « que s'il était soutenu par quelques vaisseaux anglais , qui s'avanceraient par mer, tandis qu'il marcherait par terre, il ré-

pondait de s'ouvrir un passage au milieu des insurgés. Il voulait seulement qu'à un point indiqué par lui , les transports débarquassent un corps de troupes avec lequel il ferait sa jonction. Le plan fut approuvé ; il se mit en marche» et balaya tout devant lui ; tout fuyait épouvanté à son approche. Les vaisseaux suivaient les sinuosités de la côte ; mais tout à coup ils revinrent au Port au-Prince, on ne sait encore par quel ordre. Le colonel Dessources , arrivé au point convenu » ne vit rien paraître; il avait marché plus de vingt lieues, il attendit en vain. Ne voyant ni transports, ni troupes de débarquement, entouré d'ennemis nombreux , mais craintifs , il se décida à faire sa retraite ; il l'exécuta eu écrasant tout ce qui tentait de s'opposer à son passage. On voit ce qu'il aurait pu faire s'il avait été secondé.

Des officiers supérieurs anglais avec lesquels je conversais m'avaient souvent dit que les avantages retirés par l'Angleterre ne compensaient pas les sacrifices énormes qu'elle était obligée de faire. L'administration devenait de jour en jour plus coûteuse , les maladies décimaient l'armée, et les Français, ajoutaient-ils, affichaient une prépondérance qui déplaisait, inquiétait même. Ils se plaignaient particulièrement de l'insubordination des jeunes officiers créoles, et ils prévoyaient que cette demiconquête, comme ils l'appelaient, serait bientôt abandonnée. J'aurais dû m'effrayer de ce langage, et cependant il fit sur moi peu d'impression, étant, par ma position et la place que j'occupais, en relation presque intime avec le gouverneur anglais ; ainsi je vivais sans alarmes. Ma sécurité cependant cessa bientôt. Je fus confondu un jour

d'apprendre que le général Maitland» investi de pouvoirs étendus, libre de conserver Saint-Domingue, d'étendre SCS conquêtes , ou de tout abandonner , s'était décidé à prendre ce dernier parti sans consulter son conseil, sans qu'aucun motif plausible pût lui faire adopter cette fu-neste résolution. Il venait d'annoncer officiellement que les parties de l'ilc de Saint-Domingue occupées par les troupes britanniques seraient évacuées dans quinze jours, et remises aui chefs noirs, en vertu d'une convention qui venait d'être signée. Elle promettait à tous sûreté, protection même au nom des derniers.

Oui , je fus anéanti quand j'appris cette déplorable détermination, qui causait ma ruine et celle d'une quantité de mes inforttinés compatriotes. J'avais, dans mon entière confiance, négligé d'envoyer en Angleterre ma récolte d'une année. Mes magasins contenaient pour 600,000 francs au moins de sucre, provenant d'habitations communes avec la famille de ma femme. Je m'empressai de fréter deux grands navires aoiérîcains que je dirigeai vers mon embarcadère. Ils y étaient arrivés, ils allaient procéder à leur chargement, quand un ordre émané du général en chef les fit revenir au Portau-Prince, pour se charger de troupes destinées à retourner à la Jamaïque. Ainsi, pris tout à coup au dépourvu , j'allais éprouver une perte considérable, et abandonner ma récolte aux soldats de Toussaint-Louverture, peutêtre à ce chef même, qu'il aurait été facile de faire arriver à nous, je l'ai toujours pensé , s'ifeût vu qu'on travaillait pour le roi de France, et non pour les Anglais, qu'il détestait. Nous savions que cet homme^ après s'être

livré à des cruautés , déflorées depuis par lui , avail pris en haine la République française. Plus tard, avant la fatale expédition du générai Leclerc, il s'était dit bautement royaliste : vous savék quelle fut sa fin déplorable.

A peine Tévacuation fut-elle résolue, que nous eûmes des preuves bien touchantes de la fidélité de nos corps noirs. Ces malheureux, les larmes aux yeux, demandaient à leurs officiers, aux généraux anglais eux-mêmes, de les emmener avec eux , de les conduire où ils voudraient , jurant qu'ils serviraient partout avec zèle et fidélité. C'était un spectacle pénible à voir. Ces nègres, bien disciplinés, bien payés, et réellement très-braves , ne cessèrent de combattre contre leurs compatriotes, qu'ils appelaient des brigands. Avec eux seuls, habilement conduits, si nous avions eu de quoi les payer et les nourrir, nous aurions, j'en suis certain, fait la conquête entière de rtle. On les abandonna, on les força, malgré eux, de s'enrôler dans les troupes de Toussaint et de Dessalines. Il arriva que quand, trois ans après, Bonaparte fit sa fatale expédition, on les trouva formant les meilleures troupes qui combattirent contre la France.

Cette occupation de quelques années d'une partie de Saint-* Domingue fit ressortir avec un grand éolat les noms du baron de Montalembert, du comte de Bruges, de M. Descaffre, du comte de Lastours, du colonel si intrépide M. Dessources, de son frère le chevalier, du comte de Laubépin, du comtedé Rouvray, du brave M. Macé, du marquis de Coniades, du comte de Béranger , du chevalier de Serin et ceux de beaucoup d'autres dont le souvenir m'échappe en ce moment.

L'évacuation s'effectuait. Je me décidai alors à retourner

-Hè-

h l9 Jamaïque, abandonnant tout, el ne sachant paint encore le parti que je prendrais à Tavenir. Je quittai Saint-Domkigne rame oppressée de douleur.

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