‹ Le vicomte de Vormeuil [pseud.]: ou, Confidences d'un lieutenant général àChapitre 31 sur 32 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Départ pour TAngleterre. — Entrée dans Tétat-major. — - Conspirations. — Changement de système. — Ordonnance du maréchal Gouvion Saint-Cyr. — Réformes. — Le duc de Berri. — Sa mort affreuse.

Me trouvant libre, par la démission que je venais de donner, je laissai à des amis dévoués le soin de me faire obtenir, dans une autre compagnie des gardes du corps, la place si ambitionnée par moi. Je résolus d'aller 'en Angleterre, pour ramener en France ma femme et mes enfants. Je revis avec plaisir plusieurs Anglais distingués de ma connaissance. Tous crurent, connaissant mon dévouement à la famille royale, qu'enfin j'avais été placé d'une manière convenable. Un d'eux me pressait beaucoup de demander le consulat général de France à Londres, vacant alors. Je dois vous dire, mon cher ami, que, tout en désirant être nommé officier dans les gardes, la même idée exprimée par mon ami m'était venue avant de retourner en Angleterre pour vous ramener en France. Je me disais qu'avoir deux cordes à son arc était souvent nécessaire; en conséquence, j'avais vu M. le duc de Richelieu, pour tâcher de'le disposer en ma faveur. J'en fus accueilli k merveille, et le trouvai très-porté à me faire obtenir cette place, surtout quand il sut que je parlais anglais, que j'avais habité l'Angleterre, et y avais beau-

coup d'amis. «Je prends note de votre demande y me dit-ily parteas pour Londres ; je \ous ferai savoir si cet emploii comme je le désire^ peut vous être accordé. » Deux jours après, son secrétaire intime me dit d'espérer; ainsi^ je quittai la France, assuré qu'on travaillait pour moi de deux côtés.

Arrivé en Angleterre^ je convins avec votre mère que nous retournerions en France dans trois semaines, si Je n'avais pas de nouvelles de M. le duc de Richelieu, Nous passâmes ce temps à Londres. Le comte de la Châtre y était encore au commeneement de 1816» comme ambassadeur de France. D'après la conversation que j'avais eue à Paris avec M. le duc de Richelieu, et dont je lui fis part, il espérait, comme moi^ apprendre ma nomination, qu'il désirait beaucoupé Jugez de mon étonnemont et du sien, quand il vit arriver un matin^, chea lui^ M» Séguier» investi du poste de consul général de France 1 Pendant mon absence, son frère, premier président de la Cour Royale de Paris, secondé d'une quantité de pairs et d« courtisans, avait tant sollicité, tant importuné le duo de Richelieu, qu'il céda à leurs instances» M. Seguier» homme honorable sans doute^ ne connaissait pas l'Angle* terre, n'y avait aucun ami, ne parlait pas l'anglais» et pourtant il me fut préféré. Je crois qu'il garda cette place jusqu'à la révolution de Février.

Déçu dans mes espérances de ce côté» je ne parvins pas à obtenir l'emploi d'officier dans les gardes. Mes amis» cependant, travaillaient toujours pour moi : afin de mq maintenir en activité» ils m'avaient fait nommer dans Tétat-major de la première division militaire* Après avaii*

ramené ma famille à Paris, je commençai mon serTice; il était très-actif dans ce moment, car il fallait veiller avec soin à la tranquillité de la capitale pendant qu'on reconstituait Tarmée sur de nouvelles bases. Enfin, j'avais accepté cette position, d'après même les conseils de monseigneur le duc de Berri. Il m'avait dit plusieurs fois qu'il fallait des hommes dévoués et de cœur, dans la situation où nous nous trouvions encore; il me promet* tait mieux plus tard, et je pouvais compter sur sa bienveillance.

Cependant, au bout de quelques mois, voyantquerienne m'arrivait dans la carrière militaire, le prince m'engagea à me tourner vers la diplomatie ou la carrière administra-tive. Il me croyait, sans doute, plus de connaissances spéciales que je n'en avais réellement. «La diplomatie, me disait-il, me parait plus favorable pour vous, car vous parlez plusieurs langues et connaissez beaucoup d'étrangers.» Il s'adressa à M. le duc de Richelieu, ministre des affaires étrangères, et obtint de lui des promesses comme il m'en avait fait quelques mois auparavant. Bercé d'espérances, mon zèle s'accroissait de jour en jour. Cet emploi dans l'état-major, regardé par moi comme provisoire, je le remplissais en conscience, et j'étais classé parmi les officiers dévoués. J'eus le bonheur d'apaiser bien des querelles fâcheuses, des conflits qui prenaient leur source dans des opinions divergentes, car les partis étaient sans cesse en présence. Je fus témoin de la conspiration de Plaignier et de Garbonneau, deux sous-officiers dans le second régiment de la garde, commandé par mon digne ami le baron de Druaiilt. Je ne saurais vous

dire la douleur éprouvée par ce brave militaire , quand il apprit ce triste événemenl. Dans les premiers jours, rien ne put lui faire croire que la trahison avait pu se glisser dans la garde royale, dans un régiment qu'il commandait. J'assistai, comme officier d'é(at-major, à ce procès ; je puis ceriifier que Plaîgnier et Carbonneau moururent très-repenianis. On les avait entraînés dans un infâme complot contre les princes de la famille royale. C'est le seul exemple de conspiration isolée qu'il y ait dans la garde. Le 2* régiment, si loyal, demanda à grands cris Texécution de ces deux malheureux. Louis XVIIl ne put faire usage de son droit de grâce dans cette circonstance; il fallait qu'il se rendît au vœu de la garde entière. ^

Les élections générales avaient forcé le duc d'Otrante à quitter le ministère. La nouvelle Chambre des députés se montrait animée d'un zèle extrême pour la consolidation du trône. Le Roi lui-même, touché'de sou zèle, de son désir du bien, l'avait appelée Chambre introuvable. Tout marchait vers le rétablissement de Tordre : des essais de conspirations avaient avorté j les ennemis du Roi semblaient découragés, ils s^éiaient retirés à peu près convaincus que leur règne était terminé. Si pourtant les hommes sages et prudents blâmèrent, avec raison, quelques réactions trop violentes, il est vrai de dire que la Chambre des députés (je parle de la majorité) chercha toujours à étendre les droits politiques des Français, et à constituer les libertés publiques sur des bases larges. Hormis l'expulsion des régicides qui s'étaient montrés violents pendant les Cent- Jours, il sera toujours prouvé que les mesures exceptionnelles, les catégories, la

liste des proscrits, et tant d'autres aclos arrivés depuis,

furent l'œuvre de ces députés, de ces ministres aiq[»elés depuis doctrinairei, MM. Lalné, Decazes, Pasquier, Foucbé, Koyer-Goiiard| le duc de Richelieu lui-mémei faute d'avoir connu la France, et beaucoup d*autreS| firent, suivant moi, fausse route, et préparèrent, sans le vouloir, les désastreuses journées de Juillet 1830, en encourageant les mauvaises passions, et créant, par leurs fautes, ou du moins leur im* prévoyance, une génération hostile à la. dynastie régnante, qui avait, en i81& et 1815, préservé la France des plus grands malheurs. La liste des proscrits, comme je viens de vous le dire, passera toujours pour Tœuvre de Fouché. La condamnation du malheureux maréchal Ney, juste en apparence, mais qu'il aurait été si facile de commuer, ou plutôt de rendre nulle, par le droit de grâce exercé, restera comme Tcduvre de la Chambre des pairs. L'histoire répétera les noms de ceux qui l'appelaient à haute voix. Enfin, les événements de Grenoble, les persécutions continuelles qu'eut à subir le brave général Donnadieu, quand il avait demandé la grâce d'une partie des coupables, ont fait connaître de quel côté venait la réaction dont on accusait les royalistes (1).

Cq[)endant, tandis que la Chambre des députés tentait d'afifermir le trône, de donner à la France de vraies libertés, d'étendre ses droits électoraux, de misérables intrigues, des querelles personnelles, des amours-propres froissés, des alarmes non fondées, des jalousies nées et sorties de la Chambre des pairs, ne tardèrent pas à faire regarder la Chambre des députés (je parle de la msgorité ) comme trop

(i) Toyez Pouvrage publié en 1844 par M« Auguste Ducoin , iatitulé ; Con^iraihn de GrenobU en 1836. Chez Dentu,

ofABîpotefite. On effrayai le. Roi ; on fut jusqu'à luipersoâder que ce zèle outré nuisail à la tranquillité de son royauine; enfin, la (^mbre empiétant sur ses droits, il fallait cbsoiger de système, pour contenter les masses, et éviterpeut-étre de grsmds nalheurs. Le Roi et M* le duc de Rfciielieu, abusés, donnèrent dans le piège : on conyint secrètement^ pour éviter des éclaircissements capables de tout concilier, de la dissolulion |»*ocbsiine de cette Chambre, appelée introuvahle^ et lotttà coup parut l'ordonnance du 6 septembre 1816, qui la dissolvait.

La réaction, alors, devint complète d*«n bout du royaume à l'autre. On vit reparaître à la fois et des républicains et des bonapartistes, qui avaient crn leur règne terminé. Des changements prodigieux se firent dans l'administration, et le mot d'ultra-royaliste, inventé, jeta une déconsidération profonde sur les véritables amis du Roi. Le nouveau ministère marcha d'un pas ferme dans cette ligne de persécii* tioB contre les royalistes^ au point qu'on pouvait se deman-der, en 1^17 et 1818, si le pavillon blanc flotterait encore le lendemain sur les Tuileries. On fut jusqu'à faire dire au Roi, quand il ouvrit la session de la nouvelle Chambre : « Qu'il saurait réprimer la malveillance et les écarts (fiin zèle trop ardent. » Ces paroles produisirent une joie générale parmi les ennemis de la maison de Bourbon ; elles relevèrent leurs coupables espérances, et Louis XVIII crut les avoir ramenés à lui en les prononçant ! Une nouvelle création de pairs venait d'avoir lieu; on se demandait ce que beaucoup de ces nouveaux élus avaient fait pour mériter cette hante favetfr. Il faut le dire franchement, la pairie, déclarée héréditaire, venait d'être avilie. Les nouveaux dépu- 25,

tëS| grâce à la nouvelle loi d'élection offraient unemajoriié

considérable au ministère dit libéral^ et cette loi devait amener sous peu, comme représentant de la France, le régicide Grégoire !

Les plus funestes doctrines politiques se professèrent hautement sous Tadministration de M. Decazes, devenu favori et conseiller intime du Roi. La Minerve^ le Nain jaune^ et d*autres écrits périodiques, achevèrent de per* vertir l'opinion, et circulèrent librement pendant plusieurs années. Enfin, les serviteurs fidèles qui avaient accompagné le Roi en Belgique, nous qui Tavions ramené dans sa capitale, nous fumes nommés les déserteurs de Gand: déserteurs qui pouvaient payer de leur tête leur dévouement! Et on appelait cela voyage sentimental, quand ces déserteurs épargnèrent au petit-fils de saint Louis la douleur d'être escorté par

des étrangers! Quand, grâce à mes fonctions^ j'entrais

dans les bureaux de la guerre, des commis insolents me disaient : a Ah ! vous avez fait aussi ce voyage sentimental ; eh bien! attendez patiemment, votre tour d'avancement viendra plus tard. » Mon tour arriva, en effet, au commencement de 1817. Je reçus une lettre du ministre de la guerre, qui me remerciait de mes services. Une nouvelle ordonnance sur l'avancenicnt, celle du maréchal Gouvion Saint-Cyr, vint achever de détruire mes espérances. Il me fut impossible, faute d'un grade qu'on me refusait, d'entrer comme officier dans les gardes du corps ; quand une place vacante m'était enfin offerte, M. le duc de Richelieu, si bien disposé pour moi une année auparavant, ne me montrait plus le même intérêt, et je dus abandonner aussi Tespérance de me voir employé, par lui, dans la diplomatie. Plus tard, au moment

de quitter son titre de grand-veneur, il ût nommer voire frère page du Roi ; voilà la seule faveur que j'aie obtenue de lui. J'allais oublier de vous dire qu'une ordonnance royale m'avait rétabli dans mes droits de Français.

Ainsi, tout me manquait à la fois. Je me consolai, néanu)oîns, voyant be ucoup de royalistes, plus méritants que moi, n'obtenir ni emploi ni même un regard bienveillant des puissants du jour. Il suffisait d'être royaliste bien prononcé, pour subir la plus complète disgrâce. On fut jusqu'à inventer des conspirations d'ulira-royalistes ; jusqu'à proclamer qu'un pouvoir occulte agissait dans l'ombre pour rétablir la glèbe et les droits féodaux. Des noms augustes, ceux de Monsieur, frère du Roi, et de M. le duc de Berri, étaient proférés hautement; on représentait partout, sans honte, ces deux princes comme travaillant à amoindrir l'autorité du Roi. La calomnie fut telle, que Louis XYIII eut l'air, un moinent, de se défier de son frère et de son neveu. Le premier se vil enlever le commandement général des gardes nationales du royaume. On iavenia la conspiration si ridicule du Bord de l'Eau. Enfin, il est avéré que Monsieur et M. le duc de Berri furent, pendant quelque temps, en disgrâce. Ainsi, dés conseillers ambitieux, et incapables de railleries esprits, déconsidérèrent la royauté, en la montrant tantôt comme faible, indécise dans ses plans et tantôt comme ingrate. Elle n'en faisait jamais assez pour les libéraux, avides défaveurs, et mécontentait les vrais royalistes : des destitutions nombreuses frappèrent ces derniers. On voulait des épurations ; et elles. furent telles, qu'une quantité de places se trouvèrent occupées par des ennemis de la royauté.

Depuis ce changement de système, j allais beaucoup plus

rarenienl au château. J'avais eu le malheur de perdre mon père quaud il était au moment d'être appelé à la pairie. Le duc de la Cb&tre m'avait chargé de lui dire qu'il serait compris dans la prochaloe promoiicMi ; et cependant il n'avait pas sollicité cette faveur, elle devait venir directement du Roi. La mort de mon digne père m'ôtait une chance de plus d*étre convenablement placé, car il avait des amis très-disposés à le servir. Depuis, je n'allais plus que chez M. le duc de Berri, qui toujours m'accueillait avec la plus grande bienveillance. J'eus l'honneur de lui faire ma cour ce fatal 13 février 18â0. Dès que ce prince me vlt^ il me fit signe de le suivre dans l'embrasure d'une fenélre. Cette marque d'amitié étonna beaucoup des pairs de France et des généraux présent& Aussitôt, il me dit :

— Bonjour, mon cher de V ; vous verraî-je donc toujours avec «es insignes d'un grade qui ne vous va pas à votre âge ! (J'avais alors quarante- et-un ans.)

— ^ Monseigneur, je passe par là-dessus pour avoir l'honneur de vous faire ma cour ; vous savez qu^outre l'honneur c'est un grand plaisir pour moi.

— Oui, oui, je le sais depuis longtemps ; mais, enfin, vous ne pouvez donc rien obtenir? 11 est vrai que le duc de Richelieu n'est pas au pouvoir ; il vous reste peu de chance.

— Je crois, monseigneur, qu'on ne fera rien pour moi; mais on ferait, à coup sûr, si Votre Alte&Be Royale daignait dire un mot en ma faveur. Malgré l'absence du duc de Richelieu, qui oserait vous refuser?

— Moi, moi, leur demander quelque chose! Mais vous n'y songez pas, mon cher de Y..... ! j'ai dix fois moins de crédit encore que vous Mais, patience^ cela ne durera

pas toujours, el nous pourrons réparer pour vous le temps perdu.

— £h bien ! monseigneur, j'attendrai l'effet des bontés de Vorre Altesse Royale.

Je saluai le prince ; je le revis le soir à TOpéra, dans sa loge ; et je le voyais, hélas ! pour la dernière fois.... Je restai anéanti, quand j'appris le forfait horrible de Louvel, qu*il aurait été si facile d'empêcher, avec un peu de prévoyance. Infortuné prince que j'aimais sincèrement, car je connaissais les précieuses qualités de son noble cœur ! La France, par sa cruelle mort, fit une perte immense, irréparable-, et moi, je perdis un noble protecteur.

Il m'est impossible, pourtant, de ne pas vous parler de la joie qu'excita par toute la France la naissance de monseigneur le duc de Bordeaux, regardée, avec raison, comme miraculeuse (1). Elle vint tempérer les regrets profonds causés par la mon de son malheureux père, et ranimer l'espérance des amis du trône. L'Europe entière s'émut de cet heureux événement, qui semblait annoncer la consolidation du trône dans l'illustre branche de Louis XIV.

Dans l'ouvrage dont je vous ai parlé, mon cher Alfred, et qui peut-être ne verra jamais le jour, je mentionne un fait intéressant, peu connu, et qui m'a été certifié par une personne haut placée que Louis XVIII affectionnait beaucoup ; il concerne le fameux prince de Talleyrand, et se rattache au meurtre de l'infortuné duc d'Enghien, attribué avec injustice au prince : je crois devoir le consigner ici, pour qu'il soit connu plus tôt de la génération présente.

(1] Voyez à la fin du \olume quelques couplets sur la naissance de Mgr. le duc d6 Bordeaux.

M. le prince de Talleyraod éiaii accusé, comme minislre des affaires extérieures sous Napoléon, en I8O/1, d'avoir contribué à Tarrestaiion de monseigneur le duc d'Eoghien, et même de Tavoir conseillée. Pendant longtemps, l'ex-ministre n'eut pas Tair de beaucoup s'occuper de ces accusations, qui au fond l'attristaient. Enfin, en 1822 ou 1823, un personnage marquant, sous l'Empire, et qui de sou côté était vivement inculpé dans ce drame fatal, cherchant à se justifier, fit peser davantage, et assez publiquement, le blâme sur le prince de Talleyrand qui se trouvait aloi's dans sa terre de Yâlençay . Il en est informé par un ami intime, arrive à Paris, et sollicite sur le champ une audience du roi ; elle lui est accordée ; il se présente, et parle des calomnies répandues sur son compte. Après ce préambule, il dit à Louis XYIII : « Vo- « tre Majesté a sans doute conservé le billet qui fut remis à ce monseigneur le duc d'Enghien peu d'heures avant son ar- « restation, et connaît ainsi l'avis qu'il n'a malheureusement tt pas écouté ; M. le baron Jacques, je le sais, put faire par- « venir ce billet au roi. — Oui, dit Louis XVIII, je l'ai, et <c le voici (il venait de le tirer de son secrétaire). — Eh bien î « répliqua le prince, en fouillant dans sa poche, eh voilà le ce double, que Votre Majesté compare, l'écriture, le papier, « les termes employés, et elle connaîtra enfin celui qui donna (c au prince, l'avis de sa prochaine arrestation. Sire, c'était « moi, et j'ai conservé avec soin ce duplicata; il me justifiera, « je Tespère, à vos yeux. » La preuve était évidente, Louis XVIII fut convaincu de l'innocence de M. de Talleyrand, et monseigneur le duc de Bourbon, qui jusqu'à ce jour avait toujours refusé de se rencontrer avec l'ancien ministre de Napoléon regardé par lui, comme l'auteur principal de la mort

de soD malheureux filSf convaincu alors du désir qu'il avait eu de le sauver, ie reçut chez lui, ei Tadmit à sa table.

Vous voyez combien ce diplomate était habile, et savait se ménager des chances pour Tavenir.... L'idée d'un meurtre, môme utile, ne lui serait jamais venue à Tesprit.

•aoH

Page 1