I. Noms de deux fermes dépendantes de Tillietudlem. A. M
vil. 11^' livraison.
à douze ou quinze milles d'ici. Je pourrais me faire dragon sans doute, car je sais monter un cheval et me servir passablement du sabre; mais vous m'étourdiriez de vos bénédictions et de vos cheveux gris... ( Là les exclamations de Mause devinrent extrêmes.) Allons , allons , c'était pour parler seulement ; d'abord vous êtes trop vieille pour vous pavaner sur le haut d'un chariot avec Eppie Dumblane, la femme du caporal.
Qu'allons-nous devenir? je ne le sais en vérité. Je vois que nous serons peutêtre obligés de nous rendre dans les montagnes avec ces farouches whigs , comme on les appelle, et alors je finirai par être fusillé comme un lièvre sur le bord d'un fossé , ou envoyé au ciel la corde au cou avec saint Johnstone.
— O mon bon Cuddie ! » dit la zélée Mause , « quitte ce langage charnel et égoïste; parler ainsi, c'est faire injure à la Providence. Je n'ai pas vu le fils du juste demandant son pain, dit l'Écriture; et votre père était un homme doux et honnête , quoiqu'un peu mondain dans ses actions et trop occupé des choses terrestres , précisément comme vous , mon enfant.
— Eh bien , » dit Cuddie après un moment de réflexion , « nous n'avons plus qu'une seule ressource , ma mère ; c'est un charbon froid sur lequel il faut souffler. Vous vous êtes toujours doutée qu'il existait quelque amour entre miss Edith et le jeune M. Henri Morton , qu'on devrait appeler le jeune Milnwood ; vous vous rappelez que j'ai quelquefois porté de l'un à l'autre un petit bout de billet ou une lettre ; je feignais d'ignorer alors tout ce que cela signifiait, quoique je susse à quoi m'en tenir. Il y a quelquefois de l'avantage à paraître un peu bête. Je les ai souvent vus se promener le soir dans le petit sentier sur le bord du ruisseau de Dinglewood; mais Cuddie n'en a jamais parlé h qui que ce fût. Je sais bien que ma tête est épaisse ; mais je suis aussi bon que notre vieux bœuf: la pauvre bête ! je ne la ferai plus jamais travailler. J'espère que
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ceux qui me remplaceront la traiteront aussi bien que je l'ai fait moi -même.
Mais, enfin, nous irons à INIiinwood , et nous ferons part de notre détresse à IM. Jlenri. Us ont besoin d'un iionnne pour la cbarrue , et leur terre ressemble beaucoup à la notre. J'espère que M. Henri s'intéressera à notre sort, parce qu'il a un excellent cœur. Nous aurons fort peu de gages , parce que son oncle, le vieux Nippie Mihnvood , tient aussi fermement son argent que s'il était le diable lui-même. Mais nous y gagnerons toujours du pain , de la soupe et un logement ; et c'est tout ce dont nous avons besoin pour le moment. En conséquence , levez-vous , ma mère , et préparez vos bardes pour partir; car , puisque nous y sommes obligés , je ne serais pas flatté d'attendre que M. Harrison et le vieux Gudyill vinssent nous mettre à la porte. »