‹ Le vieillard des tombeauxChapitre 25 sur 79 · I. Cascade fameuse près de Lanark en Ecosse · texte numérisé non relu

I. Cascade fameuse près de Lanark en Ecosse

Mais si cela vous est agréable, je suis prêt à boire à sa place à la santé du roi autant de verres d'eau-de-vie que vous le croirez nécessaire.

— J'oserais jurer, dit Bothwell , que vous êtes un gaillard qui ne dédaignez pas l'eau-de-vie. Sers-toi , mon ami : on doit être libre partout oii je suis. Tom, sers un plein verre à cette fille, quoiqu'elle ne soit qu'un sale personnage.

Verse à la ronde une seconde fois. A'^oici pour boire à la santé de notre noble commandant , le colonel Graham de Claverhouse! Pourquoi diable cette vieille gémit-elle? elle paraît aussi whig qu'il en fut jamais sur ce côté de la montagne : renoncez -vous au covenant, bonne femme?

— De quel covenant voulez-vous parler? est-ce le covenant de l'œuvre, ou celui de la grâce? » dit Cuddie se mêlant de la conversation.

« De tous les covenants qui sont nés jusqu'à présent, » répondit le soldat.

« Ma mère , >' cria Cuddie , affectant de parler haut comme s'il parlait à une personne sourde , « ce monsieur veut savoir si vous renoncez au covenant des oeuvres ?

— De tout mon cœur, Cuddie, dit Mause, et je fais des vœux pour que mes pieds soient délivrés de ce serpent.

— Bon , dit Bothwell , la bonne dame a répondu avec plus de franchise que je ne l'espérais. Un autre verre à la ronde, et nous nous occuperons d'affaires. Je pense que vous avez tous entendu parler du meurtre horrible commis sur la personne de l'archevêque de Saint- André , par onze fanatiques armés ? »

Tous tressaillirent et se regardèrent ; enfin Milnwood répondit « qu'il avait entendu parler de semblables malheurs, mais qu'il espérait qu'ils n'étaient pas réels.

— Voici le rapport publié par le gouvernement; vieillard, qu'en pensezvous ?

— Ce que j'en pense, monsieur? tout ce que... tout ce qu'il plaira au conseil d'en penser , balbutia Milnwood.

56 AVALTER

— Je voudrais savoir volro opinion d'une manière plus positive, mon ami, » dit le dragon d'un air (rautorifé.

Les yeux de Milnwood |)areoururcnt à la hâte le papier pour saisir les expressions qui earaetcrisaient ee crime le plus énergiquement, en s'attachanl à ce qui était écrit en lettres italiques, ce qui J'aidait beaucoup.

« Je pense que c'est un meurtre, un parricide affreux, exécrable, inventé par une barbarie implacable et infernale, tout à fait abominable; c'est un scandale pour le pays !

— Bien dit, vieillard! répliqua l'interrogateur. Voici pour vous, et je vous souhaite toute sorte de bonheur en retour de tels principes. Vous me devez une rasade de remercîment pour vous les avoir appris... Bon, tu me feras raison avec ton propre vin des Canaries , l'aie aigre convient mal à un estomac loyal. Maintenant, à votre tour, jeune homme ; que pensez-vous de ce dont nous parlons.?

— J'aurais peu d'objections à vous faire, dit Henri, si je savais de quel droit vous me faites cette question.

— Que Dieu vous prête son aide ! »

dit la vieille femme de charge, * pour parler de la sorte à un soldat, quand chacun sait qu'ils font tout ce qu'ils veulent, dans le pays, des hommes et des femmes, des bêtes et des gens. »

Le vieux gentilhomme s'écria, avec la même horreur pour l'audace de son neveu : « Taisez-vous, monsieur, ou répondez directement à celui qui vous interroge. Avez-vous intention d'affronter l'autorité du roi dans la personne d'un sergent des gardes-du-corps.?

—Silence ! vous tous, faites silence ! » s'écria Bothwell frappant avec force la table de sa main. « Vous me demandez de quel droit je vous interroge, monsieur? » dit-il en s'adressant à Henri; « ma cocarde et mon large sabre sont ma commission , et une meilleure que jamais le vieux Nol ^ ait accordée à ses têtes rondes ; et si vous voulez en savoir

j. Abréviation d'Olivier Cromwcll. a. n.

davantage , vous n'avez qu'à regarder l'acte du conseil qui donne le pouvoir aux sohbils et aux officiers de chercher, d'examiner et d'appré(;ier toutes les personnes suspectes; c'est pourquoi, je vous demande de nouveau votre opinion sur la mort de l'archevêque Sharpe. C'est une nouvelle pierre de touche que nous avons pour essayer de quel métal sont les gens. »

Henri avait , pendant ce temps , réfléchi au risque infructueux qu'il y avait à exposer sa famille en résistant au pouvoir tyrannique qui était remis entre de semblables mains; c'est pourquoi il lut tranquillement le rapport, et répondit : « Je n'hésiterai pas à dire que ceux qui ont commis cet assassinat ont , à mon avis , fait une action téméraire et atroce; et je prévois avec douleur que cette action attirera de plus grandes rigueurs à beaucoup d'innocents qui sont ainsi que moi fort loin de l'approuver. »

Tandis qu'Henri s'exprimait de la sorte , Bothwell , qui l'observait attentivement, sembla soudain se rappeler ses traits.

« Ha , ha ! vous êtes , mon ami , le capitaine Perroquet; je crois que je vous ai déjà vu , et en compagnie très-suspecte.

— Je vous ai vu une fois , répondit Henri , dans une auberge de la ville de....

— Et avec qui avez-vous quitté cette auberge , jeune homme ?... n'était-ce pas avec John Balfour de Burley , l'un des meurtriers de l'archevêque ?

— Je suis sorti de l'auberge avec la personne que vous venez de nommer , répondit Henri , je ne veux pas le nier ; mais, loin de savoir qu'il était un des assassins du primat , je ne savais pas alors qu'un tel crime eût été commis.

— Que le Seigneur ait pitié de moi , je suis ruiné ! entièrement ruiné et perdu ! s'écria Milnwood. La langue de ce misérable lui fera perdre la tête, et me dépouillera même de l'habit gris qui me couvre le dos.

— Mais vous saviez que Burley, »

continua Bothwell s'adressant encore à Henri, et sans prendre garde à l'exclamation de son oncle , « était un rebelle et un traître, et vous connaissiez la défense faite de s'associer avec de semblables personnes. Vous n'ignoriez pas qu'il vous est défendu de secourir ce sujet déloyal, d'avoir des relations avec lui, de vous entretenir avec lui par lettre ou par message, ou de lui donner des aliifients, une maison, un abri, sous les peines les plus rigoureuses : vous saviez tout cela , et cependant vous avez été contre la loi (Henri garda le silence ). Oii l'avez-vous quitté? continua Bothwell; était-ce sur la grande route?

ou lui avez-vous donné le couvert dans cette maison?

— Dans cette maison! dit son oncle; il n'oserait pas , sous peine de la vie , introduire un traître dans une maison qui m'appartient.

— Ose-t-il nier qu'il l'ait fait? dit Bothwell.

— Puisque vous m'accusez de cela comme d'un crime , dit Henri , vous m'excuserez si je ne dis rien qui puisse m'accuser moi-même.

— O terres de Milnv^^ood ! bonnes terres de Milnwood , qui depuis deux cents ans portez le nom de Morton ! s'écria son oncle, vous êtes...

— Non, monsieur, dit Henri, vous ne soufffirez rien pour moi. J'avoue , » continua-t-il s'adressant à Bothwell, « que j'ai logé cet homme pendant une nuit comme étant un vieux militaire camarade de mon père. Mais c'était non seulement sans le consentement de mon oncle, mais aussi contre tous ses ordres les plus exprès. Je me flatte, si mon aveu n'accuse que moi seul, qu'il sera de quelque poids pour prouver l'innocence de mon oncle.

— Fort bien, jeune homme, » dit le soldat d'un ton plus radouci, « vous êtes un bon garçon : j'en suis fâché pour vous; et votre oncle que voici est un fin et vieux Troyen, meilleur pour ses hôtes, à ce que je vois , que pour luimême, car il nous donne du vin et ne

boit que sa mauvaise aie. Apprenezmoi tout ce que vous savez sur Burley, ce qu'il a dit lorsque vous l'avez quitté , où il allait, et où il serait possible de le trouver maintenant ; et le diable m'emporte si je ne ferme pas les yeux sur ce qui vous regarde, autant que mon devoir peut me le permettre. La tête de ce meurtrier whig est à prix pour mille marcs d'argent: si je pouvais seulement l'attraper! Allons, dites-moi, où l'avezvous quitté?

— Vous m'excuserez si je ne réponds pas à cette question , monsieur , dit Morton ; la même puissante raison qui me porta à lui donner l'hospitalité, sans prendre garde aux risques que moi et mes amis pourrions courir , m'ordonnerait de respecter son secret , si toutefois il m'en avait conllé un.

— Ainsi donc, vous me refusez une réponse? dit Bothwell.

— Je n'en ai aucune à vous faire , répondit Henri.

— Peut-être vous apprendrai-je à en trouver une , en attachant un morceau de mèche allumée entre vos doigts , répliqua Bothwell.

— Oh ! de grâce, monsieur, » dit tout bas la vieille Alison à son maître , « donnez-leur de l'argent... Ils ne cherchent que de l'argent... ils tueront M. Henri , et vous-même ensuite. »

L'inquiétude et le chagrin qui l'oppressaient firent soupirer Milnwood , qui, du ton d'une personne prête à rendre l'ame, s'écria : « Si vingt livres pouvaient vous faire abandonner ce malheureux sujet.

— Mon maître, » dit Alison s'adressant au sergent , « vous donnerait vingt livres sterling.

— Livres d'Ecosse, sorcière! » interrompit Milnwood; car l'excès de son avarice surmontait en ce moment sa précision puritaine et le respect habituel qu'il avait pour sa femme de charge.

« Livres sterling , reprit la femme de charge , si vous avez la bonté de ne pas faire attention à la conduite de ce jeune homme; il est tellement obstiné

WALTER SCOTT

que vous pourriez bien le mettre en pièces sans en tirer un seul mot; et je vous assure que cela ne vous fera aucun bien de lui briller ses pauvres doigts.

— En vérité, » dit Botlnvell en hésitant, « je ne sais que faire; beaucoup deceux qui portentmon habit voudraient prendre l'argent, et le feraient en outre prisonnier; mais j'ai de la conscience, et si votre maître veut effectuer votre offre et s'engager à représenter son neveu , et si tous ceux de la maison prêtent le serment du test...

— Oh, oui, oui, monsieur, s'écria mistress AVilson, tous les serments que vous voudrez ! » et se tournant du côté de son maître, «Hatez-vous donc, monsieur, d'aller chercher votre argent , ou ils brûleront la maison. »

Le vieux Milnwood lança un regard terrible à celle qui lui parlait, et se mit en mouvement comme une horloge hollandaise, pour donner la liberté à ses anges emprisonnés , dans cette terrible occasion. Pendant ce temps le sergent Bothwell commença, avec toute la solennité possible , à faire prêter le serment qui est encore en usage dans les bureaux des douanes de Sa Majesté.

« Vous , quel est votre nom , bonne femme ?

— Alison Wilson , monsieur.

— Vous, Alison Wilson, jurez, certifiez et déclarez solennellement que vous jugez déloyal pour tous sujets , sous prétexte de réforme ou autre motif que ce soit, d'entrer dans aucune ligue ou covenant. »

La cérémonie fut en cet instant interrompue par une dispute entre Cuddie et sa mère, dispute qui avait été d'abord soutenue à voix basse , et qui commençait maintenant à être entendue.

« Oh ! silence , ma mère , silence ! ils entrent en arrangement; oh! silence, et ils seront bientôt d'accord.

— Je ne veux pas me taire, Cuddie , répliqua sa mère : je parlerai haut et je n'épargnerai rien ; je confondrai le pécheur, même l'homme rouge, et à ma

voix M. Henri sera délivré des filets du chasseur.

— Elle a les jambes sur la herse maintenant, dit (Cuddie, l'arrête qui j)eut; je la vois derrière un dragon, s'acheminant vers la Tolbooth '; je me vois les jambes liées sous le ventre d'un cheval; oui, elle vient de préparer son sermon, et voilà qu'elle va nous le débiter, et nous serons perdus , hommes et bêtes !

— Et vous croyez en venir là, » dit Mause tordant ses mains desséchées, tandis que , malgré sa prudence et les prières de Cuddie, son visage plein de finesse exprimait par le feu dont il était animé toute la colère qu'excitait en elle la seule mention du serment ; « croyez-vous en venir là avec cette perdition des âmes , cette séduction des saints , cette confusion des consciences, je veux dire les serments , les épreuves et ces liens, vos embûches, vos trappes et vos pièges ? Vainement on tend un filet en présence d'un oiseau.

— Ah! quoi, bonne dame? dit le soldat; voici un miracle de whig, sur ma foi ! la vieille épouse a retrouvé et ses oreilles et sa langue , et nous allons devenir sourds à notre tour. Allons, silence, vieille imbécile ! et rappelez-vous à qui vous parlez.

— A qui je parle! Eh, messieurs ! la terre de douleur ne sait que trop bien à qui je parle. Vous êtes de méchants adhérents prélatistes, de stupides soutiens d'une cause sans force et indigne, de sanguinaires oiseaux de proie, et des fardeaux de la terre.

— Sur mon ame , » dit Bothwell , aussi étonné que l'eût été un gros chien sur lequel sauterait une perdrix pour défendre ses petits, « voici le plus beau discours que j'aie jamais entendu ! Pouvez-vous nous en dire davantage ?

— Vous en dire davantage ! » s'écria Mause éclaircissant sa voix en toussant d'abord. « J'élèverai encore contre vous

I. Forte prison à Edimbourg, aussi appelée the Heart of Mid Lothian, nom d'un roman de Walter Scott, a. m.

mon témoignage. Vous êtes des Philistins, des Édomites, des léopards, des renards, des loups de nuit qui rongent les os jusqu'au lendemain, de méchants chiens qui entourent les élus , de repoussantes bétes à cornes , d'audacieux taureaux de Basan , de subtils serpents alliés par le nom et par la nature avec le grand dragon rouge : Apocalypse^ chapitre xii, versets 3 et 4. »

En cet endroit la vieille s'arrêta, probablement faute d'haleine , non de matière.

« Maudite vieille femme ! dit un des dragons; baillonnez-la , et conduisez-la au quartier-général.

— Fi donc, Andrews, dit Bothwell ; rappelez-vous à quel sexe la bonne dame appartient , et laissez-la se servir du privilège de sa langue. Mais , écoutez , bonne femme, tous les taureaux de Basan et les dragons rouges ne seront pas aussi civils que moi , ou ne se contenteront pas de vous laisser à la charge du constable et de la cage à plonger.

Cependant il faut que je mène absolument ce jeune homme au quartier-général. Je serais blâmé par mon commandant si je le laissais dans une maison où je sais qu'il y a tant de fanatisme et de trahison.

— Regardez à présent , ma mère , ce que vous avez fait, murmura Cuddie; voici les Philistins, comme vous les nommez, qui emmènent M. Henri, et peste soit de votre bavardage !

— Taisez-vous, poltron, dit la mère , et laissez-moi le soin de répondre; si vous et tous les autres gloutons qui se tiennent là comjne des vaches ruminant leur luzerne , vous aviez dans vos bras autant de force qu'en a ma langue , on n'emmènerait jamais en captivité ce brave jeune homme. »

Pendant ce dialogue, les soldats s'étaient saisis de leur prisonnier et l'avaient lié. Milnwood revint en cet instant , et, effrayé des préparatifs qu'il voyait , se hâta d'offrir à Bothwell , quoique avec plus d'un profond soupir , la bourse d'or qu'il avait été obligé d'exhumer

pour la rançon de son neveu. Le soldat prit la bourse avec un air d'indifférence, la mit dans sa main , la fit sauter en l'air , et la rattrapa lorsqu'elle retombait; ensuite il secoua la tête et dit: « Il y a beaucoup de joyeuses nuits dans ce nid d'enfants jaunes, mais que le diable m'emporte si j'oserais m'exposer pour eux ! Cette vieille femme a parlé trop haut , et devant beaucoup trop de monde. Écoutez, mon vieux gentilhomme, dit-il à Milnwood, il faut que j'emmène votre neveu au quartiergénéral ; ainsi je ne puis , en conscience, garder plus que ce qui m'est drt comme argent de civilité. » Alors ouvrant la bourse, il donna une pièce d'or à chacun de ses soldats, et en prit trois pour lui. « Maintenant, dit-il, vous aurez la consolation de savoir que votre parent , le jeune capitaine Perroquet, sera regardé avec bonté et traité avec respect; quant au reste de l'argent, je vous le rends. »

Milnwood s'empressa de tendre la main.

« Seulement vous savez , » dit Bothwell jouant encore avec la bourse, « que chaque propriétaire est responsable de l'obéissance et de la loyauté de ses gens, et que les miens ne sont pas obligés de se taire sur le sujet du beau sermon que nous a fait cette vieille puritaine couverte de son plaid de tartan ; et je pense que vous présumez que les conséquences de ce récit vous attireront de la part du conseil une forte amende.

— Bon sergent, ô digne capitaine ! »

s'écria l'avare glacé de terreur, « je suis certain qu'il n'y a personne dans ma maison qui , à ma connaissance , voudrait vous offenser.

— Bon ! répondit Bothwell , vous l'entendrez donner elle-même son témoignage, comme elle le nomme. Vous, mon ami , dit-il à Cuddie, éloignez-vous et laissez votre mère exprimer sa pensée. Je vois qu'elle a amorcé et rechargé depuis son premier feu.

— Seigneur ! noble monsieur , dit Cuddie, la langue d'une vieille femme est trop peu de chose pour faire tant de

bruit; ni moi ni mon père n'avons jamais pris garde à ce que disuit ma mère.

— Silence, mon enfant, tandis que vous n'avez rien contre vous, dit Bothwell; vous me paraissez plus fin que vous ne voulez nous le faire croire. Allons, bonne dame, vous voyez que votre maître ne pense pas que vous puissiez nous donner un si brillant témoignage. )>

Le zèle de Mause n'avait pas besoin de cet aiguillon pour la remettre sur la voie.

« Malheur aux complaisants et aux égoïstes charnels qui souillent et perdent leur conscience en se prêtant aux méchantes extorsions de l'ennemi, et livrent le Mammon de l'injustice aux fils de Béiial , pour être en paix avec eux! C'est une criminelle complaisance, une basse alliance avec l'ennemi. C'est le mal que fit IMenaham en présence du Seigneur, lorsqu'il donna mille talents à Pul, roi d'Assyrie, pour que sa main le protégeât, comme le rapporte le second livre des Rois , chapitre xv , verset 19. C'est la coupable action d'Achab, lorsqu'il envoya de l'argent à ïéglat-Phalazar ; voyez le même livre second des Rois^ chapitre xvi ,. verset 8.

Et si cela fut regardé comme une apostasie , même chez le religieux Ézéchias qui s'arrangea avec Sennachérib en lui donnant de l'argent et en offrant de se charger de la peine qui pouvait lui être infligée, comme le porte le même livre des Rois, chapitre viii, versets 14 et 15, quel nom méritent ces hommes contumaces et apostats, qui paient les impôts et honoraires, les taxes et amendes à d'avides et méchants publicains , et se laissent frapper d'extorsions et de salaires par de vils et mercenaires curés, chiens muets qui n'aboient pas, dormant ou se couchant le jour comme la nuit, et aimant à sommeiller comme de gros paresseux , et qui font des présents à nos oppresseurs , afin de les aider à nous détruire! Ils sont comme ceux qui jettent un sort avec eux, qui

SCOTT

préparent une table pour les troupes, et qui fournissent de quoi boire à l'armée.

— Voilà une belle doctrine pour vous, monsieur INIorton; connnent la trouvezvous? dit Bolhwcil , ou comment croyezvous que le conseil la trouvera ? Je pense que nous pouvons en conserver la plus grande partie dans notre esprit sans crayons ni tablettes, comme vous en portez dans les conventicules. Elle refuse de payer l'impôt, je pense, n'estce pas? dit-il a Andrews.

— Oui, pardieu! répondit Andrews, l et elle a juré que c'était un péché de donner un pot d'ale à un troupier , ou de l'inviter à s'asseoir à table.

— Vous l'entendez, » dit Bothwell s'adressant à Milnwood, « mais c'est votre propre affaire; » et il lui présenta la bourse avec son contenu diminué, et cela de l'air de la plus grande indifférence.

Milnwood , dont la tête semblait étourdie par l'accumulation de ses infortunes , tendit machinalement la main comme pour prendre la bourse.

« Êtes-vous fou? » dit la ménagère à voix basse; « engagez-les à la prendre, car ils voudront la conserver bon gré mal gré, et c'est notre seul espoir pour les rendre tranquilles.

— Je ne saurais le faire, Ailie', je ne le saurais , » répondit Milnwood dans l'amertume de son cœur; « je ne puis me résoudre à livrer à ces vauriens ce que j'ai compté si souvent.

— En ce cas , il faut que je la donne moi-même, dit la ménagère, ou bien que je voie aller tout au diable. Mon maître , « dit-elle en s'adressant à Bothwell , « ne peut songer à reprendre une chose qu'a tenue la main d'un gentilhomme aussi honorable que vous; il vous prie de mettre cet argent dans votre poche , et de traiter son neveu aussi bien que vous le pourrez , et de faire un rapport favorable sur nos dispositions envers le gouvernement, afin que nous n'éprouvions aucun mal pour les

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