‹ Le vieillard des tombeauxChapitre 38 sur 79 · I. Endroit où l'on trait les vaches en Ecosse · texte numérisé non relu

I. Endroit où l'on trait les vaches en Ecosse

antres : A bas les l'hilistins ! Je pressais ma mèn^ de s'en aller avant (|ue les habits rouges arrivassent; mais il m'eiU été aussi diflicilc de faire marcher notre vieux Ixeuf (h; devant sans raiguillon.

Du diable si elle voulut bouger d'un pas. Eh bien, après tout, le vallon où nous nous trouvions était étroit , le brouillard devenait épais, et sans doute nous aurions échappé aux dragons si nous eussions su retenir notre langue; mais, comme si le vieux Kettledrummle lui-même n'avait pas fait assez de sabljat pour réveiller les morts, ils se mirent à brailler un psaume que vous auriez entendu de Lanrick ! Enlin, pour abréger une longue histoire, arrive mon jeune lord Évandale, sautant aussi vite que son cheval pouvait trotter, et vingt habits rouges derrière lui. Deux ou trois hommes voulurent se battre absolument, le pistolet d'une main et la bible de l'autre, et ils furent massacrés; cependant il n'y a pas eu beaucoup de sang répandu, car Évandale criait toujours qu'on nous dispersât, mais qu'on nous laissât la vie.

— Et n'avez - vous fait aucune résistance? » dit Morton, qui sentait probablement qu'à ce moment il lui aurait fallu beaucoup moins de raisons pour lui faire attaquer Évandale.

« Non vraiment, reprit Cuddie : je restai toujours devant la vieille femme , et je criai miséricorde pour elle et pour moi ; mais deux des habits rouges arrivèrent , et l'un d'eux allait frapper ma mère avec le plat de son sabre...

alors je levai mon bâton sur eux, et je leur dis que je leur en rendrais autant. Eh bien, ils se retournèrent sur moi pour me frapper de leurs sabres . mais je défendis ma tête avec ma main aussi bien qu'il me fut possible, jusqu'à ce que lord Évandale arrivât , et alors je lui criai que j'étais un serviteur de Tillietudlem... vous savez vous-même qu'on a toujours cr-u qu'il courtisait notre jeune lady... et il me dit de jeter mon bâton, et ainsi ma mère et moi nous nous rendîmes prisonniers. Je

pense qu'on nous aurait laissés nous éciiapper, si Kettledruinmle n'avait pas été pris avec nous... Il était monté sur le cheval d'Andrews Wilson , qui avait appartenu long-temps à un dragon; plus Kettledrummle le pressait pour fuir, plus l'animal entêté se mit à courir vers les dragons dès qu'il les aperçut. Eh bien , quand ma mère et lui se réunirent, ils se mirent à apostropher les soldats à leur manière : « Bâtards de la fille de Babylone! « étaient les plus douces paroles de leur colère. Ainsi le four s'échauffa encore une fois, et ils nous emmenèrent tous trois avec eux pour nous faire servir d'exemple, ainsi qu'ils le disent.

— Quelle oppression infâme et intolérable ! « se dit Morton à lui-même:

«voici un pauvre garçon bien paisible, dont le seul motif en se rendant au conventicule était un sentiment de piété filiale, et il est enchaîné comme un voleur et un assassin, et probablement il souffrira la même mort, sans avoir le privilège d'un jugement dans les formes, que nos lois accordent au plus grand malfaiteur! Être témoin d'une pareille tyrannie , et surtout en souffrir soimême, suffirait pour faire bouillir le sang de l'esclave le plus soumis.

— Sans doute, » dit Cuddie qui avait entendu et compris en partie ce que Morton avait laissé échapper dans son ressentiment, « il n'est pas convenable de mal parler des grands... La vieille lady le disait, et elle avait bien droit de (e dire, occupant elle-même un rang élevé; et vraiment je l'écoutais bien patiemment, car elle nous donnait toujours un coup d'eau-de-vie ou une soupe, ou quelque autre chose, quand elle nous avait fait une leçon sur nos devoirs.

Mais au diable l'eau-de-vie et la soupe! ces lords d'Edimbourg , avec leurs belles proclamations , ne nous donneraient seulement pas un verre d'eau : ils envoient des cavaliers nous pendre , nous décapiter, et nous traîner à la queue de leurs chevaux; ils prennent notre bien et notre propriété comme si nous étions

des proscrits. Je ne puis dire que je trouve cela aimable.

— Il serait étrange que vous le trouvassiez tel, » reprit Morton en réprimant son émotion.

« Et ce que j'aime le moins de tout cela, continua Cuddie, ce sont .«ces enragés d'habits rouges, qui viennent parmi les filles, et nous enlèvent nos maîtresses. Mon cœur était bien malade quand je passai dans les plaines de Tillietudlem ce matin vers l'heure du déjeuner, et que je vis la fumée sortir du haut de ma cheminée ; je savais que c'était une autre que ma vieille mère qui était assise près du foyer. Mais je crois que mon cœur fut encore plus malade quand je vis cet infernal troupier, Tom Holliday, embrasser Jenny Dennison devant mes yeux. Je ne conçois pas que les femmes aient assez d'impudence pour faire des choses semblables; mais elles sont toutes pour les habits rouges. Moi-même j'ai pensé un jour à me faire soldat, afin de plaire

à Jenny Cependant je ne veux pas

trop non plus la blâmer, car peutêtre était-ce pour l'amour de moi qu'elle se laissait ainsi dire des douceurs par ïom.

— Pour l'amour de vous? » dit Morton qui ne pouvait s'empêcher de prendre quelque intérêt à une histoire qui avait une ressemblance si singulière avec la sienne.

« Assurément, Milnwood, reprit Cuddie; car la pauvre fille obtint la permission d'approcher de moi , grâce à ce qu'elle avait parlé avec ce coquin. Maudit soit-il ! Alors elle me souhaita que Dieu me fut en aide, et elle voulut me glisser de l'argent dans la main.... c'était certainement toute la moitié de ses gages et de ses profits, car elle a dépensé l'autre moitié en rubans et en perles pour aller nous voir l'autre jour au tir du perroquet.

— Et l'avez-vous pris, Cuddie? dit Morton.

— Non vraiment , Milnwood ; j'ai été assez sot pour le refuser. Mon cœur

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rtait trop chagrin pour vouloir lui devoir (pielque cliosc, (juaiid j'avais vu ce gueux la flatter et l'embrasser. Mais je m'en repens bien; car il m'aurait été utile ainsi (|u'à ma mère, et elle le déj)ensera en frivolités. »

Ici il y <'iit une longue pause. Cuddie était probablement occupé du regret d'avoir rejeté les bontés de sa maîtresse, et Henri Morton à considérer par quelfe motifs ou à quelle condition miss Bellenden avait réussi à faire intervenir lord Évandale en sa faveur.

« IVe serait-il pas possible, » se disait-il dans son nouvel espoir, « que j'eusse trop précipitannnent jugé de son influence sur lord Evandaie.^ Dois -je la censurer sévèrement, si, consentant à dissimuler pour l'amour de moi, elle a permis au jeune lord d'entretenir des espérances qu'elle n'a nulle envie de réaliser? Peutêtre a-t-elle fait un appel à cette générosité qu'on attribue à lord Évandale, et a-t-elle engagé son honneur à protéger un rival favorisé ? »

Néanmoins les paroles qu'il avait entendues lui revenaient toujours à l'esprit, et leur aiguillon était semblable à celui d'une vipère.

«Rien qu'elle puisse lui refuser!...

Était-il possible de faire une déclaration de prédilection plus étendue? le langage de l'amour, de celui qui peut s'allier à la modestie virginale, ne pouvait avoir une plus forte expression. Elle est perdue pour moi entièrement, et pour toujours ; et il ne me reste rien maintenant que la vengeance de mes propres injures et de celles qu'on prodigue sans cesse à mon pays. »

Apparemment que Cuddie avait des idées tout à fait analogues, quoique moins épurées ; car il demanda tout à coup à Morton à voix basse : « Serait-ce mal agir que de sortir des mains de ces hommes si l'on pouvait y réussir?

— Pas le moins du monde, dit Morton; et si l'occasion s'en présentait, soyez persuadé que moi tout le premier je ne la laisserais pas échapper.

. — Je suis bien aise de vous entendre

R SilOTT.

parler ainsi, dit Cluddie ; je ne suis ^u'Uii pauvre garçon sîins esprit, mais je ne puis penser qu'il y aurait du mal à s'écha|)prr par ruse ou par force si l'on trouvait moyen de le faire. Je ne craindrais [)as de me battre s'il était nécessaire ; mais notre vieille lady appellerait cela résister à l'autorité royale.

— Il n'y a pas d'autorité sur terre à laquelle je ne résistasse, dit Morton, lorsqu'elle envahit tyranniquement mes droits d'homme libre, protégés par la charte; et je suis décidé à ne pas me laisser injustement traîner en prison ou sur l'échafaud, si je puis m'échapper de leurs mains par adresse ou par force.

— Eh bien, c'est justement mon opinion, toujours en supposant que nous en trouvions la possibilité. Mais vous parlez d'une charte : ce sont de ces choses qui n'appartiennent qu'à des personnes semblables à vous , qui êtes un gentilhomme, et il est possible que je n'y aie pas de droits, moi qui ne suis qu'un mercenaire.

— La charte dont je vous parle , dit Morton, est pour le moindre Ecossais :

c'est cet affranchissement des liens et de l'esclavage que réclamait l'apôtre saint Paul, ainsi que vous pouvez le voir dans l'Écriture sainte , et que tout homme né libre doit défendre pour l'amour de lui - même et pour l'amour de ses concitoyens.

— Ah! grand Dieu ! reprit Cuddie, il se serait passé bien du temps avant que milady Marguerite ou ma mère eussent découvert dans la Bible une doctrine aussi sage! La vieille dame disait toujours qu'il faut payer le tribut à César, et ma mère m'étourdissait de son whiggisme. Je me suis perdu tout en écoutant ces deux vieilles bavardes de femmes; mais si je trouvais uii gentilhomme qui voulût me prendre pour son domestique, je suis bien sûr que je deviendrais un tout autre homme ; et j'espère que Votre Honneur penserait à ce que je lui dis , si nous étions une fois dehors de cette maison de servitude , et

que vous me prendriez pour votre valet de chambre.

— Mon valet de chambre, Cuddie? répondit Morton ; hélas ! ce serait un triste poste quand même nous serions libres.

— Je sais à quoi vous pensez... vous vous dites qu'ayant été élevé au cœur du pays , je vous causerais des disgrâces devant le monde ; mais il est bon que vous sachiez que je me connais aux belles manières; il n'est rien de ce qu'on peut faire avec les mains que je n'aie appris facilement, excepté lire, écrire, calculer ; mais il n'y en a pas comme moi pour jouer au ballon, et je puis jouer du sabre tout aussi bien que le caporal Inglis. Je lui aurais déjà cassé la tête, s'il n'y avait pas tant de gens à cheval derrière nous... Et puis, vous n'allez pas rester dans ce pays ?...» dit-il en s'arrêtant et en s'interrompant.

« Il est probable que non , reprit Morton.

— Eh bien , je ne m'en inquiète pas le moins du monde. Voyez-vous , je ferais cadeau de ma mère à sa vieille grondeuse de sœur, ma tante Meg, qui demeure dans Gallowgate de Glasgow, et alors j'espère qu'on ne la brillerait pas comme sorcière , qu'on ne la laisserait pas mourir faute de nourriture , et qu'on ne la pendrait pas comme vieille républicaine ; car on dit que le prévôt a beaucoup d'égards pour les pauvres gens. Et alors vous et moi nous irions chercher fortune , comme les gens dans les vieux contes de Jak le tueur de géants, et Valentin et Orson; et quand nous reviendrions dans la gaie Ecosse, comme dit la chanson , je me remettrais à la charrue , et je ferais de tels sillons dans les bonnes terres de Milnwood, que leur vue seule ferait autant de plaisir qu'une pinte de bon vin.

— Je crains , dit Morton , qu'il n'y ait bien peu de chance , mon bon ami Cuddie, que nous reprenions nos anciennes occupations.

— Comment, monsieur... comment !

reprit Cuddie. Il est toujours bon de se tenir le cœur ferme et joyeux... On a

vu des navires bien avariés arriver au port... Mais qu'est-ce que j'entends? Que je meure, si ma vieille mère ne s'est pas remise en train de prêclrer ! Je connais bien le son de sa voix : il est tout comme celui du vent qui souffle dans l'espace; et voilà Kettledrummie qui se remet à l'ouvrage aussi... Bon Dieu ! si les soldats se tachent , ils les tueront, et nous aussi de compagnie! »

Leur conversation fut interrompue par un bourdonnement derrière eux, dans lequel la voix du prédicateur envoyait, conjointement avec celle de la vieille femme, des sons semblables à ceux des notes d'un basson, mêlées au râclement d'un violon fêlé. D'abord, les deux vieilles victimes s'étaient contentées de s'adresser leurs condoléances, et d'exprimer à voix basse leur indignation ; mais le sentiment de leurs injures devint plus vif à mesure qu'ils se les communiquaient, et enfin il leur fut impossible de réprimer leur courroux. \

« Malheur , malheur , trois fois malheur à vous , persécuteurs violents et sanguinaires! s'écria le révérend Gabriel Kettledrummie... malheur, trois fois malheur à vous , même au jour où l'on rompra le grand sceau , où la trompette sonnera et où l'on videra les urnes !

— Oui... oui... un sombre avenir les attend , et ils ne se trouveront plus sous le vent au grand jour ! » répéta la haute-contre aiguë de Mause qui semblait faire le refrain d'une chanson.

« Je vous dis, continua l'homme de Dieu , que vos alignements , vos cavalcades... les hennissements et les courbettes de vos coursiers... vos cruautés sanguinaires, inhumaines et barbares...

vos systèmes pour engourdir, étourdir et corrompre la conscience de pauvres créatures par des serments impies et contradictoires, se sont élevés de la terre vet'S le ciel comme un cri hideux de parjure qui doit hâter la colère à venir... Oh ! oh ! oh !

— Et je dis , » s'écria Mause du même ton et presque en même temps , « qu'avec mon souffle de vieillesse, et qui est

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bien cnssé par rasthine et ce trot brusque... »

u Qiir le diable, les fasse donc galoper , dit Cuddie , quand ce ne serait que pour lui l'aire relenir sa lanij^ue! •>

« Avec ce souille de vieillesse, continua Mause, je témoignerai contre l'apostasie, les défections, les défalcations et le relàcbcinent de ce pays... contre les griefs et les causes de courroux !

— Paix, je t'en prie, paix! bonne femme , » dit le prédicateur qui venait de se remettre d'une violente quinte de toux , et qui voyait que le souffle plus solide de Mause l'emportait sur son propre anathènie; « paix ! et n'ôte pas la ])arole à un serviteur de l'autel... Je dis que j'élève ma voix et que je vous annonce qu'avant que la pièce soit jouée... oui, même avant que ce soleil soit descendu , vous apprendrez que ni un Judas, exaspéré comme votre prélat Sharpe , qui est allé oij il méritait d'être envoyé ; ni un Holopherne sacrilège , comme votre sanguinaire Claverhouse ; ni un ambitieux Diotrèphes, comme ce jeune Évandale; ni un Dénias envieux et mondain, comme celui qu'ils appellent le sergent Bothwell , qui s'approprie tout l'argent et la farine de chacun ; ni vos carabines, ni vos pistolets , ni vos sabres , ni vos chevaux , ni vos selles, ni vos brides , ni vos ceintures , ni vos muselières , ni vos martingales , ne résisteront aux flèches aiguisées pour vous , et aux arcs tendus contre vous !

— Quant à cela , je suis bien sûre que non, répéta Mause; ils sont tous des réprouvés... des balais de destruction , qui ne sont bons qu'à être jetés au feu quand ils ont balayé l'ordure du temple... des fouets de petites cordes nouées pour châtier ceux qui aiment leur bien et leur bonheur terrestre plus que la croix du covenant; mais quand ils ont fait leur besogne, ils ne servent qu'à faire des courroies pour les sabots du diable. »

« Que le diable m'emporte ! » dit Cuddie en s'adressant àMorton; « si je

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ne trouve paTque notre mère pr^'che aussi bien que le ministre!.... (]'est dommage (ju'il soit enroué, ear la toux lui arrive tout juste quand il en est au |)Ius curieux , et la longue harangue qu'il a faite ce matin lui est bien contraire... Du diable si je ne souhaiterais pas qu'il cri;U plus fort qu'elh;, afin de la faire taire, car alors il serait seul pour répondre de tout... Heureusement que la route est pierreuse et que le bruit des pieds des chevaux empêche les cavaliers d'entendre ce qu'ils disent; mais que nous arrivions sur une terre battue et nous aurons des nouvelles de toutccL'i.» Les conjectures de Cuddie n'étaient que trop vraies. Les paroles des prisonniers n'avaient guère été entendues tant qu'elles avaient été couvertes par le bruit des pieds des chevaux sur un chemin inégal et pierreux; mais alors ils entraient dans les terres marécageuses, où la prédication des deux zélés captifs n'avait plus cet accompagnement; et par conséquent, dès que leurs chevaux eurent commencé à fouler la bruyère et la verdure , Gabriel Kettledrummie éleva encore la voix en disant : « Ainsi s'élève ma voix comme celle du pélican dans le désert...

— Et moi , disait Mause , comme le moineau sur le toit de la maison...

— Holà , ho , » s'écria le caporal à l'arrière-garde , « bridez vos langues ; que le diable les brûle, ou j'y accrocherai une martingale.

— Je n'obéirai pas aux ordres des profanes, dit Gabriel.

— Ni moi non plus , dit Mause , à la requête d'un tesson de terre , quand il serait peint aussi rouge qu'une brique de la tour de Babel , et qu'il s'appellerait un caporal.

— Holliday, s'écria le caporal, tu n'aurais pas un bâillon sur toi , mon homme?. . il faut que nous arrêtions leurs langues, de peur d'en être assourdis. » Avant qu'on eût eu le temps de lui répondre, ou qu'on eût pu exécuter la menace du caporal , un dragon vint au galop au- devant du sergent

Bothwell , qui devançait de beaucoup sa petite troupe. Après avoir reçu les ordres qu'on lui apportait, Bothwell retourna vers sa troupe , lui ordonna de serrer les rangs , de doubler le pas , et d'avancer en silence et avec précaution, attendu qu'ils seraient bientôt en présence de l'ennemi.

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